Archives de catégorie : La recherche

Prix Crédit Agricole d’histoire des entreprises – Édition 2020

Le Prix Crédit Agricole d’histoire des entreprises, porté par la Fondation d’entreprise Maison de Salins, a pour objectif de mettre en valeur les travaux de recherche inédits en histoire des entreprises et, par-delà, d’éclairer le monde des entreprises ; il concerne les thèses et mémoires d’habilitation à diriger des recherches (HDR) traitant d’une problématique propre à l’histoire des entreprises du XIXe au XXIe siècle.

Tous les champs et types de recherche en histoire des entreprises sont couverts, qu’il s’agisse de monographies, d’histoires de branches, de produits ou de services, de biographies d’entrepreneurs ou d’histoires de groupes sociaux liés à l’entreprise. Le Prix s’attache à distinguer un travail remarquable par la pertinence et l’originalité de sa problématique, la solidité des sources et de la méthode ainsi que la qualité de l’écriture. Le jury est composé de personnalités du Crédit Agricole, de la presse, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le montant du Prix est de 6 000 euros qui seront partagés de la manière suivante : 3 000 euros pour le lauréat et 3 000 euros d’aide à l’édition du manuscrit primé. Comme pour les années précédentes, le travail primé par le jury sera proposé pour publication dans la série « Entreprises » s’inscrivant dans la collection « Perspectives historiques » des Presses Universitaires François Rabelais qui offrent un cadre éditorial aux manuscrits lauréats du Prix. Si le lauréat est déjà engagé auprès d’un autre éditeur lors de sa participation au Prix Crédit Agricole d’histoire des entreprises, la subvention de 3 000 euros pour l’édition devient caduque. Par ailleurs, le lauréat sera accompagné par un tuteur éditorial afin d’assurer le passage du travail primé à un ouvrage publiable.

L’édition 2020 du Prix concerne les thèses et les mémoires inédits d’habilitation à diriger des recherches, soutenus entre le 16 juin 2019 et le 30 juin 2020.

Doté d’une forte culture entrepreneuriale, le Groupe Crédit Agricole est un partenaire de longue date des entreprises, par le biais des Caisses régionales, de Crédit Agricole SA ou de ses filiales, notamment Crédit Agricole CIB et LCL. Le Crédit Agricole souhaite donc promouvoir la recherche de haut niveau en histoire des entreprises grâce au Prix Crédit Agricole d’histoire des entreprises, porté par la Fondation d’entreprise Maison de Salins et son partenaire, la revue Entreprises et histoire.

Les dossiers de candidatures sont à adresser à Pascal Pénot (pascal.penot@credit-agricole-sa.fr), sous forme numérique de préférence, jusqu’au 15 juillet 2020.

Le dossier de candidature devra comporter les éléments suivants :

  • La thèse de doctorat ou le mémoire d’habilitation à diriger des recherches rédigé en français. Les thèses en cotutelle internationale sont admises. Dans le cas où la langue n’en serait pas le français, il est nécessaire d’y joindre le résumé long en français qu’exige la cotutelle.
  • Le rapport de soutenance (qui peut être transmis dans un second temps s’il n’est pas encore parvenu au candidat).
  • Une présentation d’une page maximum dans laquelle le candidat expliquera l’intérêt de publier son travail.

Au cas où ce travail serait également présenté à un autre prix, ou si un projet de publication est déjà en cours, il est nécessaire de l’indiquer.

Colloque : Financement et gouvernance des jeunes entreprises innovantes : Nouveaux outils, nouvelles perspectives

Université Mohammed Premier d’Oujda
Faculté pluridisciplinaire
Nador
L’Equipe de recherche en Gouvernance territoriale, entrepreneuriat et durabilité du laboratoire d’Études et de Recherches Interdisciplinaire en Territoire, Entrepreneuriat et Droit des Affaires (LERITEDA)

organise

en collaboration avec le LARIGO[1], la FNEGE[2], La RSG[3] et l’AAIG[4]

la 1re édition du colloque international « entrepreneuriat et gouvernance des entreprises »

Nador, les 26 et 27 Novembre 2020

Financement et gouvernance des jeunes entreprises innovantes : Nouveaux outils, nouvelles perspectives

ARGUMENTAIRE

Le financement des jeunes entreprises et principalement les startups a connu, ces dernières années, une évolution significative, en séduisent un public d’investisseurs aussi large que divers (particuliers, financeurs privés, financeurs publics…) (Mason, Botelho et Harrison, 2016). Des nouvelles modalités de transaction émergent. Il s’agit d’architectures originales d’offre de financement qui passent par des mécanismes de coordination spécifiques qui intéressent une clientèle d’entrepreneurs. La finance devient participative, partenariale, alternative, utile et connectée. Les métiers du financement se métamorphosent. Des participants hétérodoxes s’ajoutent à la communauté financière, des quasi marchés privés s’installent, des investisseurs d’un genre nouveau, les particuliers, apparaissent, des intermédiaires financiers organisent la désintermédiation. La disruption est dans l’air et elle serait porteuse de solutions originales qui intéressent la finance entrepreneuriale (C. Cadiou et K. Kadiou, 2016).

La prise de conscience de cette évolution oblige le chercheur à intégrer ces considérations dans la formulation des problématiques financières. Les questions méritant la réflexion des chercheurs en finance entrepreneuriale devraient tenir compte de l’hétérogénéité des acteurs de l’économie financière, dans une perspective plus holistique, plus transversale, « dé-segmentée » (Cumming et Vismara, 2017). Elles doivent mettre l’accent tout particulièrement sur l’entrepreneur qui, en raison d’une offre pléthorique de financement, peut développer une véritable stratégie de financement (Bellavitis et al., 2017) et construire une véritable trajectoire de financement (Bessière, Stéphany et Wirtz, 2020). Ces différentes pistes de réflexion qui peuvent demander des efforts importants aux chercheurs sont essentielles pour l’avancement des connaissances à ce sujet et surtout utiles aux jeunes pousses et au tissu économique qu’elles constituent.

En complément de cette dynamique, se pose la question de la gouvernance des jeunes entreprises innovantes qui reste aujourd’hui un thème de recherche encore émergent. En effet, d’une manière générale, la plupart des travaux réalisés jusqu’à présent n’accordent que peu d’importance, d’une part à l’analyse de l’impact des dynamiques économiques, technologiques et institutionnelles contemporaines sur les modes de gouvernance de ces entreprises, et d’autre part aux problèmes de leurs financement, d’organisation et de croissance qui deviennent souvent davantage multilatéraux que strictement bilatéraux, et appellent donc des mécanismes de gouvernance spécifiques. En effet, la diversification des apporteurs de fonds et, parallèlement, la nécessité pour ces entreprises de déployer des relations contractuelles et partenariales de plus en plus denses et diversifiées, élargissent, par la force des choses, l’éventail des parties prenantes à la vie de l’entreprise et, partant, complexifient le contenu de la problématique de leur gouvernance (Cumming et al., 2019). Cela nécessite ainsi de considérer la rentabilité des activités d’innovation comme étant inscrite dans un cadre collectif et dynamique de partage de « gains de coalition » et de gestion de rapports de forces (« vertueux ») entre partenaires-concurrents (Depret et Hamdouch, 2004).

La recherche d’une prise en compte des problèmes spécifiques de financement et de gouvernance auxquels sont pourtant confrontées ces jeunes entreprises innovantes semble ainsi incontournable. D’où le nécessaire élargissement du champ d’application des approches traditionnelles de la corporate governance en prenant véritablement en compte la diversité (cognitive) et l’interdépendance de l’ensemble des stakeholders, à commencer par les partenaires stratégiques de la firme (Depret et Hamdouch, 2004). La gouvernance de ces entreprises doit donc s’inscrire dans un cadre partenarial et dynamique par nature (Burkhardt, 2019) au sein duquel les mécanismes de gouvernance sont progressivement co-produits, à chaque étape de leur processus de développement et de croissance. Cette nouvelle approche effectuale (Cohen, 2017) de la gouvernance ouvre de nouvelles perspectives adaptées aux contextes du capital d’amorçage.

Les travaux attendus des chercheurs et professionnels de finance entrepreneuriale devront porter sur les problématiques actuelles de financement et de gouvernance des startups et les perspectives qui s’ouvrent pour demain. Nous suggérons, mais sans exclusive, à aborder l’un ou l’autre des thèmes encore émergents suivants :

  • Genèse de la gouvernance des jeunes entreprises innovantes aux premiers stades de leur existence ;
  • Financement des trajectoires entrepreneuriales ;
  • Acteurs du financement de l’innovation et gouvernance des startups ;
  • Processus d’innovation et création de la valeur ;
  • Gouvernance entrepreneuriale et co-construction du projet d’entreprise ;
  • Fonctions de management des jeunes startups (GRH, Marketing, etc.) ;
  • La gestion financière des startups en temps de crise.
  • Les startups et la RSE ;
  • Les enjeux du financement des startups marocaines à la lumière des lectures d’expériences étrangères ;
  • L’internationalisation des startups ;
  • La transformation digitale : opportunités et risques pour les startups ;
  • Système d’information et gouvernance des startups ;
  • La fiscalité et la gouvernance des startups ;
  • Les Mesures institutionnelles et réglementaires pour l’Accompagnement des startups au Maroc : bilan et perspectives ;
  • Regards juridiques sur la gouvernance des startups ;
  • Les jeunes entreprises innovantes et la régionalisation avancée ;
  • Approche comparative internationale.

Seront les bienvenus tous les travaux de recherche portant sur la gouvernance des startups à l’heure de la Covid-19, traitant d’autres axes et relevant d’autres disciplines.

PROCÉDURES POUR LA SOUMISSION DES COMMUNICATIONS

Deux types de contributions sont attendus :

  • Des articles de 20 pages au maximum dont les meilleurs seront publiés dans une revue spécialisée ou un ouvrage collectif ;
  • Des résumés de 4 pages pour les communications qui seront présentées oralement uniquement.

Les textes de communication et les travaux de recherche doctorale doivent être envoyés sous format électronique à l’adresse émail suivante :  coll.egentreprise@gmail.com

CALENDRIER A RETENIR

  • 25 septembre 2020 : Date limite de soumission des résumés des communications orales et des articles complets
  • 25 octobre 2020 : Notifications aux auteurs des communications acceptées
  • 5 novembre 2020 : Date limite de réception des communications modifiées
  • 12 novembre 2020 : Envoi du programme aux participants
  • 26 et 27 novembre 2020 : Tenue du colloque

MODALITES DE PARTICIPATION :

  • En présentiel, le 26 novembre 2020 : séance plénière et ateliers ;
  • En présentiel et/ou visioconférence, le 27 novembre 2020.

NORMES DE REDACTION

Les contributions devront être envoyées sous format Word. Elles peuvent être rédigées en langue arabe, française ou anglaise.

Les contributions qui seront présentées oralement uniquement devront se décliner en quatre pages conformément aux recommandations suivantes :
• Première page : titre de la communication + statut et coordonnées de l’auteur ;
• Deuxième, troisième et quatrième pages : Une synthèse de la contribution (plan détaillé, problématique soulevée, construction théorique et outils conceptuels exploités, thèse soutenue, méthodologie retenue, résultats, etc.) ; en 10 références maximum, une bibliographie déclinant les principales références à exploiter par l’auteur.

Pour les articles, le texte complet doit être conforme aux instructions suivantes :

– La première page contiendra les noms, qualités, l’université, le laboratoire d’affiliation, l’adresse, le courriel et le téléphone des auteurs, et le titre de la communication (times new roman, 12).

– La deuxième page ne contiendra que le titre de la communication (times new roman, gras, 16), un résumé dans la langue de l’article et dans une autre langue parmi des langues retenues pour les communications et 3 à 5 mots clés (times new roman, 12, interligne simple, justifié). Le résumé doit reprendre la teneur exacte de la contribution et permettre aux évaluateurs de connaître les points essentiels de son contenu : problématique, méthodologie, résultats et discussion.

– Le texte sera présenté sous format Word, caractères Times new roman 12, Marges de 2,5 cm, Simple interligne, paginé (en bas centré).

– Les parties suivent une numérotation simple : 1., 1.1., 1.1.1., etc. elles doivent être écrites sur une ligne séparée et justifiées à gauche.

– Titre 1. : 14 en gras ;

– Titre 1.1. et autres sous-titres : 12 en gras.

– Les supports méthodologiques de la recherche sont à présenter en annexes dans la limite de 3 pages maximum (grille d’entretien, questionnaire d’enquête, tableaux complets des résultats, etc.).

– Les tableaux et les figures doivent être en nombre limité. Ils sont numérotés et placés dans le corps du texte avec un titre au-dessus et la source au-dessous du tableau ou de la figure.

– Les références bibliographiques sont à signaler dans le texte (Mintzberg, 1982, p. 51), pour la pagination en cas de citation uniquement.

– Les références du texte doivent être rappelées en fin de document dans l’ordre alphabétique du nom du premier auteur, et présentées selon les normes suivantes :

  • Pour un ouvrage : Mintzberg, H. (1982), Structures et dynamique des organisations, Editions d’Organisation, Paris.
  • Pour un article de revue : Martinet A.C. (1990), « La logique paradoxale du management stratégique », Cahiers Lyonnais de recherche en gestion, vol. 5, n°11, pp. 197-209.
  • Pour un chapitre dans un ouvrage collectif : Pasquero J. (2005), « La RSE comme objet de sciences de gestion : le concept et sa portée », In Turcotte M.F. & Salmon A. (dir.), Responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, Presse de l’Université du Québec.
  • Pour un article présenté lors d’un colloque : Valiorgue & al. (2009), « La RSE, comme enjeux organisationnel et managérial : l’héritage oublié du courant Corporate Social Responsiveness », AIMS, Grenoble, 3-5 Juin.

COMITE SCIENTIFIQUE

Abdalkabir AKRIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Oujda – Maroc
Abdelhamid SKOURIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Fès – Maroc
Abdelkader DERBALFaculté des sciences économiques et de gestion – Oran – Algérie
Abdelkader MAAROUFIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Oujda – Maroc
Abdelouahid ASSAIDIUniversité Laurentienne – Ontario – Canada
Abdelwahed OMRIInstitut Supérieur de Gestion – Université de Tunis -Tunisie
Abderrazak EL HIRIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Fès – Maroc
Ahmed SAFSAFIFaculté pluridisciplinaire – Nador – Maroc
Alain BURLAUDConservatoire national des arts et métiers -Paris – France
Alexandru MINEAEcole d’économie de l’université Clermont Auvergne – Clermont-Ferrand – France
Amina BENRAISSFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Marrakech -Maroc
Aziz BOUZEGGOUFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Aziz HMIOUI Ecole Nationale de Commerce et de Gestion – Fès – Maroc
Abdelhamid ADNANEFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Salé – Maroc
Aurèlie SANNAJUSTUniversité de Saint-Etienne – France
Baghdad CHAIBFaculté des sciences économiques, commerciales et sciences de gestion -Tlemcen – Algérie
Boualem ALIOUATUniversité Côte d’Azur – Nice – France
Chérif LAHLOUFaculté des sciences économiques et de gestion – Oran – Algérie
Christophe SCHMITTMetz School of Management – Metz – France
Claude BEKOLOFaculté des sciences économiques et de gestion – Yaoundé – Cameroun
Didier BENSADONUniversité Paris Dauphine – Paris – France
Driss EL KADIRI BOUTCHICHEcole supérieure de technologie – Oujda – Maroc
Eric BIDETFaculté de droit, économie et gestion – Mans – France
François CASSIEREIAE Clermont Auvergne – Clermont-Ferrand – France
Gérard DUTHILCREAM-Université de Rouen- France
Ghizlane CHOUAYFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Hatem MHENNIEcole Supérieure de Commerce – La Manouba – Tunisie
Hubert DE LA BRUSLERIEUniversité Paris Dauphine – Paris – France
Imen LATROUSUniversité du Québec à Chicoutimi – Québec – Canada
Inès BOULIFA TANBOURAInstitut des Hautes Études Commerciales – Carthage- Tunisie 
Isabelle RICHELLETax Institute, HEC – Management School – Université de Liège – Belgique
Jamal TAHIRIFaculté pluridisciplinaire – Nador – Maroc
Jamil CHAABOUNIFaculté des sciences économiques et de Gestion – Sfax – Tunisie
Jean-Claude CASALEGNOClermont Business School – Clermont-Ferrand – France
Jerome MAATIInstitut d’administration des entreprises – Valenciennes – France
Louise CADIEUXÉcole de Gestion de l’université du Québec – Trois-Rivières – Canada
Malika AMGHARFaculté des sciences économiques, de Gestion et Commerciales – Béjaïa – Algérie
Michel ALBOUYGrenoble École de management – Grenoble – France  
Mohamed AL MAACHEFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Oujda – Maroc
Mohamed AROURIUniversité de Nice Sophia Antipolis – Nice – France
Mohamed BAYADConservatoire national des arts et métiers -Paris – France
Mohammed BENSEDDIKEcole Nationale de Commerce et de Gestion – Oujda – Maroc
Morad ASSERAJFaculté pluridisciplinaire – Nador – Maroc
Nadine RICHEZ-BATTESTIUniversité d’Aix-Marseille – Marseille – France
Nicolas MOUMNIUniversité de Picardie-Jules-Verne – Amiens – France
Patricia DAVIDESDES School of Management – Lyon – France
Philippe LORINOESSEC Business School – Cergy – France
Roger TSAFACK NANFOSSOFaculté des sciences économiques et de gestion – Yaoundé – Cameroun
Said CHAHIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Casablanca -Maroc
Salah KOUBAAFaculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales – Casablanca – Maroc
 Salmata OUEDRAOGOUniversité du Québec à Chicoutimi – Québec – Canada
Sanae SOLHIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales – Rabat – Maroc
Serigne DIOPDépartement Economie et Gestion de l’université Assane Seck de Ziguinchor – Sénégal
Tahar SAADIFaculté pluridisciplinaire – Nador – Maroc
Yassine HILMIEcole Nationale de Commerce et de Gestion – El Jadida – Maroc
Yvon PESQUEUXConservatoire national des arts et métiers -Paris – France

COMITE D’ORGANISATION

Coordonnateurs :
Aziz BOUZEGGOUFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Zouhir AJAIRFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Membres du comité :
Abdalkabir AKRIFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Oujda-Maroc
Abdelali ADNANEFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Salé-Maroc
Abdelhamid ADNANEFaculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Salé-Maroc
Abdennasser TOURICadre administratif et docteur en sciences de gestion
Ahmed SAFSAFIFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Aicha ALLALIFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Bouzid EL AMINEFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Ghizlane CHOUAYFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Ilyass MEHDATICadre administratif et membre du Réseau Académique International Francophone (CEDIMES)
Imen LATROUSUniversité du Québec à Chicoutimi – Québec – Canada
Jamal TAHIRIFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Mohamed KABOURIFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Morad ASSERAJFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Mounir EL MACHKOURFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc
Tahar SAADIFaculté pluridisciplinaire -Nador – Maroc

CONTACT

Pour tout renseignement concernant ce colloque, veuillez contacter :

  • Le professeur Aziz BOUZEGGOU, Coordonnateur et responsable du colloque, Tél : +212 661  900873, Courriel : a.bouzeggou@ump.ac.ma
  • Le professeur Zouhir AJAIR, coordonnateur du colloque, Tél : +212 662 211 004, Courriel : z.ajair@ump.ac.ma

Adresse : Faculté Pluridisciplinaire de Nador, B.P 300, Selouane, 62700 Nador
Tél : 05 36.35.89.41
Site web : http://fpn.ump.ma/
Email fpnador07@gmail.com


[1] Laboratoire de recherche et d’intervention en gouvernance des organisations, université du Québec à Chicoutimi

[2] Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises (www.fnege.org)

[3] La Revue des Sciences de Gestion (www.larsg.fr)

[4] L’association Académique Internationale de Gouvernance (www.aaig.fr)

Classement FNEGE des revues scientifiques en sciences de gestion – Edition 2019

Depuis 2010, la FNEGE réunit les Associations Académiques en Sciences de gestion en un Collège Scientifique dans le but de classer les publications scientifiques. Cette liste des revues scientifiques est retenue de façon unanime par le groupe de ces Associations, avec la volonté partagée d’obtenir une catégorisation qui soit le reflet le plus exact possible de la spécificité des sciences de gestion. Ce classement est revue tous les trois ans. En voici la dernière version.

La Revue des Sciences de Gestion renouvelée dans le classement

LaRSG perpétue sa position au sein du classement des revues de Sciences de Gestion avec cette édition FNEGE 2019.

Pour connaître les autres indexations de LaRSG, une page est spécialement destinée aux chercheurs de la communauté scientifique.

FEMIB : 3e Conférence internationale sur la finance, l’économie, la gestion et les affaires informatiques

Nous vivons dans un monde en évolution rapide et interconnecté, dans lequel différents domaines d’activité sont liés et dépendants les uns des autres. Quatre domaines d’activité émergents : la finance, l’économie, la gestion et les affaires informatiques (FEMIB) sont essentiels pour chaque pays, organisation, société et individu comme suit. La finance est importante pour la richesse, les bénéfices et l’avenir à long terme des individus, des entreprises et du pays. L’économie peut nous aider à comprendre comment l’état passé et actuel de la performance financière régionale, nationale et mondiale. La gestion permet aux organisations, aux gouvernements, aux décideurs de rendre leurs projets et services plus structurés, efficaces, productifs et compétitifs. L’activité informatique est synonyme de nouvelles tendances de développement, d’opportunités et d’innovation. Nous pensons que ne réussissant que dans ces quatre domaines, cela peut garantir à chaque organisation, décideur, investisseur, gouvernement et pays pour réussir à long terme et collaborer. Notre but et notre objectif sont de rassembler les scientifiques, les praticiens et les décideurs de ces quatre domaines afin de favoriser une communauté forte et bien connectée. Nous accueillons les idées, concepts, services, techniques, résultats de recherche et pratiques commerciales innovants.

FEMIB

Thèmes de la conférence du 25 – 26 avril 2021, en ligne

Dates limites de soumission

  • Prolongation de la soumission d’articles réguliers : 21 décembre 2020
  • Prolongation de la présentation de l’exposé de position : 26 janvier 2021
  • Soumission d’un article au Consortium doctoral : 2 mars 2021

La soumission au plus tard qui était prévue au 30 novembre 2020 a donc été repoussée au 26 janvier 2021.

PRÉSIDENT DE CONFÉRENCE

Victor Chang, Teesside University, Royaume-Uni

COPRÉSIDENTS DU PROGRAMME

Patricia Baudier, EM Normandie Business School, France

Mitra Arami, EM Normandie Business School, France

CHAISE LOCALE

Marek Hudik, University of Economics, Prague, République tchèque

CHAISES PUBLICITAIRES

Chantal Ammi, Institut Mines-Télécom Business School, France
Samuel Fosso Wamba, TBS Business School, France
Alexander Brem, Université de Stuttgart, Allemagne

Les actes seront soumis pour indexation par :

  • SCOPUS
  • Google Scholar
  • La bibliographie informatique DBLP
  • Érudit sémantique
  • Indice d’ingénierie (EI)
  • Index des citations des actes de conférence

Tous les articles présentés sur le lieu de la conférence seront également disponibles à la bibliothèque numérique SCITEPRESS.

En outre, une courte liste d’articles présentés sur le lieu de la conférence sera sélectionnée pour publication de versions étendues et révisées dans un numéro spécial de International Journal of Organizational and Collective Intelligence et Journal of Global Information Management.

Contact

Vitor Pedrosa – femib.secretariat@insticc.org
Secrétariat FEMIB
Av. S. Francisco Xavier Lote 7 Cv. C, Setubal 2900-616, Portugal
+351 265 520 185

http://www.femib.scitevents.org

Journée du RESSOR GRAND EST 2020 les 19 et 20 novembre 2020 en webinaire

RESSOR, le Réseau de recherche et de formation en ESS du Grand Est, organise ses nouvelles rencontres en visio-conférence. Le RESSOR vous invite ainsi à deux journées scientifiques gratuites sur inscription le jeudi 19 et le vendredi 20 novembre 2020 pour échanger avec les enseignants-chercheurs du réseau, sur la thématique « ESS et transitions : vers des territoires soutenables et inclusifs ? »

Visitez l’exposition virtuelle des travaux étudiants pendant les rencontres !

Programme des journées du RESSOR Grand Est 2020

Vous pouvez vous inscrire en ligne en cliquant sur les dates.

Jeudi 19 novembre (9h-16h)

  • 9h15 : Accueil des participant-e-s
  • 9h30-11h45 : Atelier I
    Monique Combes-Joret (URCA, Chaire ESS)
    ESAT de demain : vers des organisations responsables et capacitantes
    Elise Marcandella (Université de Lorraine)
    Vers un territoire capacitant et inclusif : quelle place pour l’ESS ?
    Melaine Cervera, Vincent Lhuillier (Université de Lorraine) et Josiane Stoessel-Ritz (Université de Haute-Alsace)
    ESS et transition : regards croisés sur deux territoires, Ungersheim (France) et Esch sur Alzette (Luxembourg)
  • 11h45-14h : Pause déjeuner
  • 14h-16h : Assemblée Générale de RESSOR
    (réservée aux membres et aux personnes souhaitant adhérer. ODJ communiqué par mail)

Vendredi 20 novembre (9h15-12h)

  • 9h15 : Accueil des participant-e-s
  • 9h30-11h45 : Atelier II
    Anne Carbonnel et Raphaël Didier (Université de Lorraine)
    La gouvernance partagée pour des organisations plus résilientes en période de COVID 19 ? Les cas d’une monnaie locale et d’un magasin bio & tiers lieu en Grand-Est
    Tatiana Stoica, Bérangère Szostak et Paul Muller (Université de Lorraine)
    Projet Ecomédiance (lutte contre la fracture numérique des jeunes défavorisés)
    Sophie Bollinger (Université de Strasbourg) et Quoclac Tran Thanh (directeur d’un Foyer d’action éducative, Groupe SOS)
    Projet ECO : la transition du foyer Oberholz (Groupe SOS) témoignage de Quoclac Tran Thanh 
  • 12h : Clôture des rencontres et annonce de l’édition 2021

Appel à candidature pour un contrat doctoral 2020-2023

Appel à candidature pour un contrat doctoral 2020-2023 proposé par la Chaire ESS UHA – Laboratoire SAGE (UMR 7363 CNRS)
Ces territoires urbains de l’Est, « clusters » du Covid-19 : Lien social et santé des habitants de quartiers populaires

Contexte

En ce printemps 2020, la crise pandémique du Covid-19 a incisé une rupture d’une rare violence qui a mis au grand jour les défaillances de notre système économique, sanitaire et social. L’expérience globale et collective de l’épidémie sanitaire a révélé des réalités sociales extrêmement contrastées, ouvrant sur une prise de conscience encore inégale par l’arrêt sur image sur « le monde d’avant » et ses artifices. Un changement de regard s’est focalisé sur le quotidien et des activités soudain reconnues comme « essentielles » (soins, alimentation) avec l’exigence implicite de ramener chaque habitant à pied d’égalité dans l’accès aux soins et à l’alimentation. Mais cette centration sur le biologique et le médical a occulté d’autres exigences tout aussi essentielles qui se sont exprimées spontanément dans les quartiers : comme le besoin collectif d’exprimer la solidarité des habitants vis-à-vis des métiers invisibles (aides et soins aux personnes) et des bénévoles et volontaires (collecte alimentaire), ainsi que le besoin de restaurer et maintenir des liens sociaux pour vivre. Répondre à nos besoins essentiels (s’alimenter, se soigner) repose sur des liens sociaux renforcés, avec des personnes vigilantes quant à l’attention aux autres.

Face à un État qui tente d’endiguer la flambée de l’épidémie, les territoires et leurs habitants sont des acteurs et des témoins en première ligne (Aubenas, 2020) faisant face à l’épreuve d’une crise sanitaire devenue une crise sociale, écologique et économique. Selon une enquête récente menée par des chercheurs, la pandémie a davantage frappé les habitants des territoires urbains les plus pauvres issus des milieux populaires. Ces catégories sociales ne sont pas seulement les victimes de la pandémie, elles sont aussi les victimes d’injustices et d’inégalités sociales par les effets différenciés et l’impact socialement inégal de cette pandémie sur l’insécurité alimentaire et l’isolement social. La mise en confinement des personnes et des familles a davantage creusé les distances sociales alimentées par la méfiance et la peur, source de défiance transposée vis-à-vis des quartiers populaires. L’épidémie fait subir la double peine à des habitants face à la maladie et en situation d’exclusion sociale sur des territoires inégalement pourvus de services et d’équipements. Un sentiment d’injustice traverse les territoires urbains en marge, dont les habitants se sentent délaissés.

Parmi les premiers foyers de l’épidémie en France, annoncés début mars 2020, les villes de l’Est, au premier rang desquelles Mulhouse et Strasbourg, ont payé un lourd tribut à cette crise. L’attribution du qualificatif de « cluster[1] », notamment à Mulhouse, semble « coller à la peau » de ces territoires de l’Est considérés « à risques[2] » et contribue à l’occultation d’autres territoires urbains très proches, tels que le Territoire de Belfort, autant impactés. Avec son urbanisation très dense, Belfort présente, avec sa forte tradition industrielle, un territoire où les solidarités ouvrières, solidement ancrées, ont fortement été mises à l’épreuve. Ces territoires urbains, espaces de concentration et de diversité, ont diversement été identifiés comme des foyers de pandémie (quartier, immeubles, périphérie, centre-ville). A priori, on pourrait croire au hasard de la diffusion du virus mais, au-delà des apparences, apparaissent des données qui sont fondamentalement présentes dans les observations (INSEE, 2020) : outre l’âge et le sexe, les catégories de population en situation de fragilité dans les quartiers urbains les plus pauvres et les plus densément peuplés (Gascard, et al.).

Territoires urbains de l’Est : inégalités sociales et inégalités territoriales

Mulhouse, premier « Cluster » du Covid-19 en France[3], présente des caractéristiques significatives, comme le faible niveau de revenus de ses habitants (INSEE, 2020) et un faible taux d’activité. Mulhouse est une ville ouvrière dont la composition sociale est multiculturelle et métissée (plus de 130 nationalités), avec une part importante de jeunes (plus de 40% de la population de moins de 30 ans, INSEE, 2017) et des catégories socioprofessionnelles composées d’employés, cadres intermédiaires et ouvriers (47% des actifs en 2016). La ville se distingue par une population au profil plus populaire que son agglomération (dite « Mulhouse Alsace Agglomération » – m2A) où résident les classes moyennes. À ces clivages sociaux, s’ajoutent des clivages territoriaux (ville et m2A). La crise sanitaire a amplifié une fragilité sociale et économique aggravée pour des catégories sociales précaires (taux de pauvreté de 33% à Mulhouse en 2016), qu’en est-il de la dimension territoriale de cette précarité ? Les données disponibles (âge, sexe, population vulnérable, catégorie sociale) constituent des variables qui se combinent différemment d’un territoire à l’autre à Mulhouse, comme à Strasbourg et à Belfort.

Strasbourg présente également une population jeune (étudiants), mais les cadres supérieurs représentent plus de 18%. C’est une ville aux quartiers contrastés, parfois avec des logements sociaux sur-occupés, un taux de pauvreté de 22,1% de sa population, une moyenne qui cache des disparités territoriales importantes (Observatoire des Inégalités, 2011).

Belfort est une ville contrastée qui concentre un tiers de la population du département dans lequel un renforcement des inégalités de revenus reste élevé (Observatoire social départemental, 2019). Ces inégalités se traduisent par des quartiers périphériques paupérisés, un centre-ville resté attractif pour les ménages aisés et les étudiants. Mais des « plus riches » usent de leur liberté de choix résidentiel plus importante pour accéder à la propriété individuelle dans les communes périurbaines (INSEE, 2011). Le taux de pauvreté atteint 25% à Belfort, contre 14,2% pour le département (INSEE, 2017).

Objectifs

Ce projet de thèse s’intéresse aux enjeux sociaux de la crise sanitaire révélés par la lecture d’une expérience sociale et collective d’un laboratoire in vivo (Beaud, 2020) par le confinement des habitants. Elle adopte une démarche de recherche-action avec les acteurs concernés pour comprendre les dynamiques de solidarités sur des territoires urbains plus précisément dans les quartiers populaires de trois villes de l’Est de la France : Mulhouse, Strasbourg et Belfort. Cette recherche répond à deux objectifs majeurs :

  • D’une part, évaluer et analyser l’impact sociétal de la crise pandémique à l’échelle des territoires urbains à Mulhouse, Strasbourg et Belfort et plus particulièrement leurs quartiers populaires, en mettant l’accent sur leurs spécificités en termes de de solidarités (familiales, générationnelles, communautaires, voisinage), formelles et informelles, de réseaux d’entraide dans et hors des territoires de résidence. Un état des lieux avant le Covid-19 est indispensable pour analyser comment ces « filets » de liens et de protection ont pu résister, se distendre ou disparaître avec le confinement et l’impact, subjectivement et socialement vécu, d’une épidémie.
  • D’autre part, identifier et questionner les nouvelles initiatives collectives et d’auto-organisation de réseaux d’échanges et d’entraide entre des habitants, acteurs privés et publics. L’attention portée par cette recherche aux émergences (action, projet) en situation d’épreuve est dirigée vers l’intérêt des personnes et d’acteurs de ces quartiers vers lesquels se tourne cette recherche-action qui est ouverte à l’écoute, l’observation et l’intervention d’un(e) doctorant(e) observateur, témoin et acteur (voir infra méthodologie).

L’auto-organisation locale de ces services émergents a permis d’assurer le lien avec des personnes isolées souvent perdues de vue (étudiants, jeunes, etc.), ainsi que les relations de réciprocité et l’entraide pour combattre la peur. Avec cette crise, s’affirme une prise de conscience des habitants de la nécessité de services publics (santé, sanitaire) et de services porteurs d’une qualité relationnelle plus solidaire. Ces initiatives des habitants méritent une attention particulière pour valoriser et reconnaître les réponses émergentes de services par de petites associations ou des initiatives communautaires (Laville, 2020) : Quelles sont, dans ces quartiers populaires, les figures d’une autre économie, alternative, solidaire et plus juste qui articule gratuité et rétribution, échanges marchand et non marchand ? Comment rapprocher ces actions en réseaux avec d’autres réseaux, notamment ceux de l’Économie sociale et solidaire (ESS), et envisager une pérennisation de ces initiatives par une coopération au-delà de la crise ? L’approche se veut interdisciplinaire ancrée dans les sciences sociales incluant l’entrée socioéconomique.

Deux axes de recherche

Les deux axes de recherche, la dimension territoriale et l’approche par la qualité des relations sociales dans les services, sont étroitement articulés et feront l’objet d’ajustements à définir par la suite. 

L’approche territoriale constitue le prisme d’analyse des « foyers de pandémie » : ce premier axe de recherche vise à repérer des territoires urbains et périurbains pour identifier des profils-types en posant la question des facteurs de leur résistance différentielle au prisme de la pandémie. Le territoire est appréhendé par ses spécificités sociales, économiques et culturelles sous l’angle de modes d’habiter, d’organisation de la vie quotidienne et d’accès à des services (santé, social, services de proximité) en tenant compte des contraintes (logement, revenu, distance). Quelles en sont les retombées sur l’exposition des personnes au risque sanitaire et sur les capacités des habitants à résister en exerçant leurs activités d’une manière autonome (alimentation, soins, réseaux, entraide) ?

L’autre axe de recherche privilégié concerne la qualité des conditions de vie, des conditions sociales de logement et de santé des habitants de ces quartiers. Quelles sont les structures sociales et culturelles sous-jacentes aux réponses collectives émergentes sur les territoires, alors qu’elles ont été négligées dans un premier temps ? La question de la santé ne se résout pas (seulement) en termes d’infrastructure technique ; elle est le produit d’interactions complexes avec l’environnement, de la qualité des relations sociales et humaines qui passe par l’attention aux autres, du soin des personnes (« care ») et des liens sociaux vecteurs d’appartenance et de solidarité dans des territoires compris comme lieux de vie. Quelles sont les initiatives, individuelles et collectives, qui ont permis de dépasser l’épreuve, d’exprimer cette « résilience[4] » par des réseaux d’échanges et d’organisation de l’entraide ? Il s’agit d’approcher les possibilités d’un « bien vivre » intégrant des capacités sociales des personnes (Sen, 2003) et de cohabiter : comment les habitants sont-ils en mesure de faire face à l’épreuve de la pandémie (crise, confinement, rupture des relations) ? Il conviendra d’en repérer les émergences collectives, leurs échelles d’action, d’évaluer la qualité et les retombées des réponses portées par des habitants du quartier et d’autres citoyens à la gestion de la crise sanitaire, en termes de coopération à l’échelle territoriale, notamment avec les réseaux de l’ESS et les collectivités territoriales.

La santé mérite d’être pensée comme un « commun » (Stoessel-Ritz, 2015) qui relève de communautés de vie et s’adosse à des savoirs concrets par des relations à un environnement : comment l’intelligence pratique des habitants, bénévoles et soignants, apporte-t-elle des réponses sociales concrètes aux difficultés générées par la pandémie et permet-elle de parer aux manques et défaillances en matière de soins aux personnes ou d’approvisionnement alimentaire ?

Les initiatives collectives, formelles ou non, retenues ici concernent plus particulièrement :

(i) L’approvisionnement alimentaire des quartiers impactés. Comment ces initiatives témoignent d’une auto-organisation locale, comme figure d’une économie populaire adaptée (circuits-courts alimentaires, accessibilité), quel rôle et quelle reconnaissance économique, sociale de ces propositions à l’échelle des collectivités et des institutions ?

(ii) La question des relations et du soin (« care ») aux personnes isolées, dépendantes et en situation de vulnérabilité. Ici on cherchera à comprendre comment s’exprime l’attention pour une éthique du « care » avec le souci des autres (Tronto, 2009), ou l’expression d’une capacité de « résilience » sociale des habitants. On s’intéressera plus particulièrement au rôle des femmes et des populations jeunes dans ces initiatives : Que nous apprennent les pratiques de sociabilités quant à l’engagement des jeunes ou des femmes des quartiers populaires (solidarités, pratiques citoyennes) ? Comment ces initiatives contribuent à décloisonner le territoire et à faire bouger les lignes par la coopération entre acteurs de territoire pour une solidarité organique, fondée sur plus d’autonomie et d’engagement ?

Méthodologie

Pour répondre à ces questions, cette recherche adopte une démarche originale et adaptée, celle de la recherche-action : elle a vocation à faciliter la communication sur le territoire entre les acteurs et à décloisonner les activités des uns et des autres pour améliorer la qualité des relations sociales et humaines, source d’une coopération plus efficiente et constructive entre chercheurs, acteurs et habitants en faveur de l’ESS.

L’approche méthodologique s’appuie sur l’observation participante du fonctionnement des territoires, en relation avec les acteurs (bénévoles, professionnels, habitants). Cette recherche-action participe également de la construction d’une démarche adaptée à l’économie solidaire par la coopération des personnes concernées par les questions abordées dans cette recherche, en relation avec la Chaire ESS de l’UHA. L’approche vise à favoriser les réseaux de pairs (patients, bénévoles, personnes précaires) pour saisir des solidarités territoriales qui mettent l’accent sur l’autonomie des habitants, comme un levier de démocratie sanitaire.

Une attention particulière sera portée au tissu associatif et aux initiatives de l’ESS dans les territoires urbains et périurbains de Mulhouse, Strasbourg et Belfort. La première étape du travail est consacrée à l’analyse des statistiques socioéconomiques et sanitaires (Covid-19) ; cette étape se fera en partenariat avec des professionnels (santé, éducation, travail social, médico-social), pour identifier et apprécier la place des services de soins et d’approvisionnement alimentaire dans la restauration de relations de confiance et l’initiative des habitants. Cette recherche s’appuiera également sur des entretiens semi-directifs auprès des populations cibles (populations jeunes, femmes et personnes en situation de dépendance) et auprès de personnes qui se sont engagées dans des initiatives collectives.

Enfin, la démarche de recherche-action prendra appui sur la Chaire ESS de l’UHA pour accompagner l’engagement des jeunes (habitants, volontaires), leur mise en relation avec des pairs porteurs de projets pour trouver le chemin de l’apprentissage pour l’insertion sociale et/ou professionnelle. Cette recherche-action pourra être menée à partir des initiatives nées pendant la crise du Covid-19 et repérées par des acteurs qui ont mobilisé des fonds d’intervention pendant l’épidémie (Fondation de France à Mulhouse) pour analyser les obstacles rencontrés et les moyens de les surmonter.

Par son caractère innovant et créatif, cette recherche-action favorise le dialogue et la coopération entre les partenaires et l’expérimentation de nouvelles formes d’apprentissage : c’est par exemple la découverte des métiers de services pour des jeunes déscolarisés (initiation à la cuisine, avec l’association Épices) et leur revalorisation dans le domaine de l’accompagnement et du soin aux personnes (care) qui peuvent être envisagées dans le prolongement de ce projet (avec des partenaires de la formation dans le médico-social).

Apports spécifiques et plus-value de cette thèse

Cette recherche permet de penser de nouvelles politiques territoriales en faveur d’une plus grande justice territoriale par des services organisés avec les habitants. Un de ses objectifs est de comprendre les dynamiques locales, solidaires et génératrices d’une plus-value pour tous par le bien vivre ensemble, favorables à des effets de résilience sur les territoires. Cette recherche permet aussi de (re)considérer les solidarités et les liens sociaux comme des sources de résistance à l’épreuve et de mobilisation des habitants par la prise d’initiatives.

La construction de ces solidarités s’inscrit dans des réseaux et un tissu associatif d’où émergent les initiatives solidaires porteuses de propositions innovantes et pertinentes de l’ESS, une économie de proximité adaptée aux territoires et à leurs habitants.

Les résultats attendus de cette thèse se situent à quatre niveaux :

  • Contribuer à une justice territoriale par la promotion des capacités de chacun et la reconnaissance des capacités et des potentiels des citoyens, habitants, acteurs locaux associatifs ou autres acteurs, à s’organiser et proposer des réponses à valoriser.
  • Appréhender les logiques d’action des habitants dans leur diversité face à la pandémie et à ses effets, de soutenabilité au rejet des décisions (ou situations) jusqu’à l’invention d’initiatives alternatives qui sortent des cadres établis.
  • Mettre en confiance et développer des modes de coopération pour faire participer les volontaires et les acteurs de l’ESS à la mise en place de pratiques d’entraide et l’organisation de réseaux d’acteurs qui jouent coopératif sur les territoires.
  • Soutenir les initiatives de l’ESS pour réduire la pauvreté et promouvoir des propositions alternatives répondant d’une économie solidaire à dimension citoyenne.

Cette recherche a vocation à soutenir une culture de coopération partenariale (organisations de l’ESS, collectivités) avec une communauté d’acteurs qui souhaitent s’engager. Les résultats de ces travaux feront l’objet d’une valorisation à différents niveaux sous la bannière de la Chaire ESS, notamment par des publications.

Cadre de la recherche

Ce projet de thèse fait partie d’un axe majeur de recherche de la Chaire ESS de l’UHA intitulé « Faire société : avant et après le Covid-19 » animé par des chercheurs en sociologie, science politique, sciences économique et de gestion, sciences de l’information et de la communication. Cet axe de recherche s’inscrit dans le prolongement des travaux de recherche-action du réseau 2DLiS, co-fondateur de cette Chaire ESS[5] avec l’UHA. Depuis 10 ans, 2DLiS a développé séminaires, colloques et publications sur le lien social, la citoyenneté et le développement durable.

Cette thèse est adossée à un comité de thèse mis en place au sein de la Chaire ESS avec une codirection assurée par Josiane Stoessel-Ritz, professeure de sociologie à l’Université de Haute-Alsace de Mulhouse et Maurice Blanc, professeur émérite à l’Université de Strasbourg, tous deux sont membres du réseau 2DLiS et du Laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe, CNRS, UMR 7363, Université de Strasbourg et antenne UHA). La Chaire ESS de l’UHA hébergera le/la doctorant.e qui contribuera à l’Axe 6 ‒ «Dynamiques territoriales, villes et mobilités » ‒ du Laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs et Gouvernement en Europe – Unité mixte de Recherche 7363 du CNRS et Universités de Strasbourg et Mulhouse).

Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre d’un contrat doctoral de 3 ans (2020-2023) au sein de l’UMR 7363 SAGE (antenne UHA) avec le soutien des acteurs et des partenaires de la Chaire ESS UHA. La rémunération est de l’ordre de 1800€ brut/mois.

Candidatures : date limite de réception le 16 novembre 2020

Les candidat(e)s sont invité(e)s à présenter un dossier composé des pièces suivantes : CV, lettre de motivation, résultats de Master et du mémoire de Master, note d’intention en réponse au projet doctoral proposé (entre 9 000 à 15 000 signes tout compris).

Ce dossier est à envoyer à chaireESSuha@gmail.com au plus tard le 16/11/20.


[1] Anglicisme signifiant « regroupement » (entreprises, laboratoires) ou foyer de diffusion (contagion pour le virus).

[2] Du 1er mars au 30 avril 2020, la mortalité a bondi de 117% dans le Haut-Rhin, 57% dans le Bas-Rhin et 40% dans le Territoire de Belfort par rapport à la même période de l’année précédente (Santé Publique France, 2020).

[3] A Mulhouse, on compte 577 décès entre le 1er mars et le 7 avril 2020, soit +204% en 5 semaines (Insee, 5 mai 2020.

[4] Nous empruntons ici cette expression de manière prudente en retenant le sens donné par Laurent Éloi comme « une capacité des sociétés à supporter collectivement des chocs […] sans se désintégrer » (2017, p.33).

[5] Membres 2DLiS fondateurs de la Chaire ESS : Josiane Stoessel-Ritz (Professeure, SAGE, UHA), Francis Kern (Professeur émérite, BETA, Unistra), Maurice Blanc (Professeur émérite, SAGE, Unistra), Jean-François Havard, (Maître de Conférences, SAGE, UHA).

F3E : Appel à contribution pour un ouvrage collectif

Le F3E lance un appel à contributions en vue de la réalisation d’une publication intitulée  « Inclure pour transformer » (titre provisoire). Nous attirons votre attention sur le fait que l’appel à contribution en objet diffère de l’appel d’offre pour un appui à l’équipe du F3E publié antérieurement.

F3E est un réseau apprenant d’acteurs et d’actrices de la solidarité et de la coopération internationale.

Le F3E réalise un ouvrage

Dans le cadre de son Programme l’Atelier du Changement Social, le F3E réalise un ouvrage collectif en questionnant le sens, le rôle et les effets de l’inclusion des acteurs et des actrices dans les processus de changement, particulièrement présents dans les approches orientées changement et dans la perspective de genre intersectionnelle. Il s’agit d’un ouvrage réflexif, qui fait appel à des contributions extérieures au F3E. L’objectif est de porter un regard distancié sur l’évolution récente de la prise en compte de l’inclusion des actrices et des acteurs dans les actions de solidarité.

Les trois axes de l’ouvrage collectif

La publication s’articulera autour de trois axes de questionnement correspondant à trois parties, chacune regroupant entre 3 et 5 articles.

  • Partie 1 : Etat des lieux des approches et méthodologies inclusives, renforçant le pouvoir d’agir, dans le champ des solidarités internationales et de l’ESS
    Quel est l’état de lieux des pratiques inclusives ? Dans quelle mesure ces approches s’accompagnent-elles du renforcement du pouvoir d’agir des actrices et des acteurs ?
  • Partie 2 : L’inclusion comme levier de changement social : dans quelle mesure la perspective intersectionnelle de genre et les AOC sont-elles vectrices d’inclusion ?
    De quelle manière les AOC et l’approche genre intersectionnelle abordent-elles l’inclusion ? Comment illustrer le lien entre approches inclusives, renforcement du pouvoir d’agir et leurs effets en termes de changement social ?
  • Partie 3 : Perspectives en faveur du changement social : évolution des alliances et des pratiques
    Comment développer et renforcer le corpus méthodologique d’approches en faveur du renforcement du pouvoir d’agir, au service des OSC et des acteurs et actrices de leur environnement (recherche, développement local ESS etc.) ?

Le document à télécharger sur le site du F3E présente cet appel à contributions ainsi que les modalités de réponse (www.f3e.asso.fr, rubrique « Recherchons consultant-e-s »).

Les candidatures sont à envoyer à Isabelle Moreau (i.moreau@f3e.asso.fr) et Claire de Rasilly (c.derasilly@f3e.asso.fr) avant le dimanche 30 novembre 2020 à midi  (heure française).

Pour toute question préalable, nous vous remercions de contacter Isabelle Moreau (i.moreau@f3e.asso.fr ) par mail.

Fondation de Wendel : aide à la recherche pour des étudiants de Master 2 ou en Doctorat

La Fondation de Wendel propose des aides à la recherche pour des étudiants de Master 2 ou pour des doctorants dans l’ensemble des disciplines des sciences humaines et sociales. Les aides portent sur les projets concernant les techniques, les entreprises et plus généralement les sociétés industrielles à l’époque contemporaine. Ces aides sont mises en œuvre par l’Académie François Bourdon.

Fondation de Wendel
Fondation de Wendel

L’aide de la Fondation de Wendel

Plusieurs aides sont proposées par Fondation de Wendel :

  • pour les étudiants de Master 2, l’aide est fixée à 1 500 euros, pendant une année.
  • pour les étudiants en Doctorat, l’aide est fixée à 5 000 euros par an, au maximum pendant trois années pour une candidature de première année. Les candidats peuvent se présenter pour la seconde ou la troisième année.

Les dossiers de demande d’aide

Les dossiers de candidature en master 2 comportent une présentation du sujet de recherche, ses problématiques, les sources envisagées et la bibliographie provisoire ; un curriculum vitae et un avis du directeur de recherche.

Les dossiers de candidature en doctorat comportent une présentation du projet de thèse avec ses problématiques et les sources à consulter ; un calendrier de réalisation, un curriculum vitae et un avis du directeur de recherche.

Les dossiers de candidature peuvent être envoyés jusqu’au 15 novembre 2020 à l’Académie François Bourdon, avec copie à la Fondation de Wendel exclusivement sous format électronique aux adresses suivantes : contact@afbourdon.com et contacts@fondationwendel.eu

Pour la défense des libertés académiques

A l’occasion de la journée internationale pour la défense des libertés académiques, le SNESUP-FSU organise un colloque à l’ENS site JOURDAN, le samedi 8 février 2020 de 14h à 17h, au 48 boulevard Jourdan, Paris XIVe.

Au programme des interventions et des témoignages à propos :
– des attaques contre les libertés académiques dans le monde, avec un focus sur la Turquie et un autre sur l’Europe et la France ;
– du développement du néolibéralisme au niveau international et de ses attaques contre les libertés académiques, sous la formes de l’autoritarisme étatique, de la mise en concurrence et de la focalisation sur l’innovation marchande ;
– des mobilisations pour la défense des libertés académiques et de la coopération syndicale internationale sur ce sujet.

Inscription obligatoire auprès de l’adresse : international@snesup.fr

15e Université d’Hiver de la Formation Professionnelle (Biarritz)

L’Université d’Hiver de la Formation Professionnelle (UHFP) aura lieu à Biarritz du 31 janvier au 2 février 2018, sur le thème : Compétences, transitions, pratiques : le défi de l’innovation.

Organisée par Centre Inffo tous les 2 ans, l’UHFP est le rendez-vous incontournable des acteurs et des professionnels de la formation. C’est le lieu idéal pour échanger sur les enjeux et sur les pratiques de l’orientation et de la formation professionnelle.

Rappelons que Centre Inffo, référent en matière d’information et de documentation sur la formation continue, développe à la fois une offre de formation professionnelle, une expertise juridique et documentaire, une dimension d’ingénierie et de conseil ainsi qu’un rôle d’animateur du débat public. Pour cela, il dispose d’une équipe d’experts, juristes, consultants, documentalistes, journalistes et professionnels du multimédia. Cette édition 2018 se tiendra alors même que le Gouvernement aura envisagé les bases d’une réforme de la formation professionnelle.

Transformation numérique et innovation solidaire

L’impact de la transformation numérique sera analysé dans une série de conférences et d’ateliers : la place de l’intelligence artificielle dans la formation ; les Nouveaux supports pédagogiques (MOOC, SPOC, blendedlearning). Autant de sujets fortement débattus par les professionnels alors que les nouvelles technologies transforment rapidement les métiers et les formations. Autre sujet : l’innovation solidaire, avec plusieurs thèmes de réflexions : Comment favoriser l’insertion et la reconnaissance par des nouveaux parcours pédagogiques ? Comment favoriser l’accès de tous à la formation ?

Les neurosciences au cœur de la formation de demain

Le jeudi 1er février, une conférence s’interrogera sur la manière dont les neurosciences peuvent contribuer à améliorer nos modèles d’apprenance. Alors que de nouvelles méthodes permettent d’explorer les différences de fonctionnement du cerveau d’un individu à l’autre, l’avenir est peut-être à des formations 100% personnalisées et accessibles à tout moment.

Récompenser les projets innovants

Autre nouveauté: les 1ers Innov’Trophées. Créés par le Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP), le Copanef, en partenariat avec Centre Inffo, ces Trophées de l’innovation en Formation récompenseront des pratiques, des méthodes et des expériences très innovantes dans le domaine de la formation.

Plus d’infos : http://www.centre-inffo.fr/uhfp/#accueil

Appel de la Revue de l’Entrepreneuriat : La parentalité en entrepreneuriat

Appel à contributions la Revue de l’Entrepreneuriat : « La parentalité en entrepreneuriat : une dimension oubliée ? »

Numéro spécial « Entrepreneuriat et parentalité » de la Revue de l’Entrepreneuriat

Rédactrices invitées :

  • Aude d’ANDRIA, Université d’Évry Val d’Essonne
  • Marine BOURGAIN, ESC Management School Clermont-Ferrand
  • Inès GABARRET, EDC Paris Business School Luca GNAN, Université de Rome “Tor Vergata”
  • Séverine LE LOARNE – LEMAIRE, Grenoble École de Management

Cet appel à contributions a trait à la parentalité en entrepreneuriat, et souhaite aborder cette thématique dans une perspective la plus large possible et sous tous ses aspects.

Issu de la sphère médico-psycho-sociale, le concept de la parentalité désigne la fonction d’être parent dans ses aspects juridiques, politiques, socio-économiques, culturels et institutionnels (Doumot et Renard, 2004). Il interroge alors, non seulement la fonction, la place et le rôle du ou des parents (biologiques ou non) vis-à-vis de l’enfant, mais également, la conception que les parents s’en font eux-mêmes dans l’exercice de leur responsabilité parentale (Martin, 2003).

Ce questionnement se retrouve d’ailleurs dans les termes anglo-saxons de « parenthood » et de «  parenting » puisqu’ils désignent respectivement la condition de parent et les pratiques parentales.

Dès lors, le concept de parentalité interpelle individuellement et collectivement, directement ou indirectement, l’ensemble des acteurs de la société et des initiatives émergent comme par exemple l’Observatoire de l’Équilibre des Temps et de la Parentalité en Entreprise (OPE). Crée en 2008, cet observatoire français a pour objectif d’inciter les acteurs économiques à une meilleure prise en compte de la parentalité et plus largement à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle en proposant aux salariés-parents un environnement mieux adapté à leurs responsabilités familiales[1].

Une première approche de la parentalité en entrepreneuriat correspond à la recherche d’un équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale en général. De nombreux travaux

montrent notamment que parmi les motivations qui poussent les femmes à entreprendre, celle de la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (de nature familiale) est très souvent avancée (Duchéneaut et Orhan, 2000 ; Cornet et Constantinidis, 2004; Jamali, 2009 ; Léger-Jarniou et al., 2015). En parallèle, les femmes investissent lentement mais surement les activités historiquement masculines et les hommes peuvent affirmer leur désir d’une présence plus active dans la paternité. Dès lors, les rôles de genre sont aujourd’hui remis en question (Drew et Humbert, 2012 ; Powell et Eddleston, 2013) venant alors brouiller les mythes et les stéréotypes. Ainsi, les hommes, comme les femmes, peuvent-ils aussi se tourner vers la création d’entreprise comme un moyen de conciliation de leur activité professionnelle et leur rôle parental . L’entrepreneuriat se positionne clairement comme une alternative de travail cohérente avec une vie de famille[2], indépendamment du genre.

Mais le sujet de la parentalité en entrepreneuriat est plus vaste et ne peut pas se limiter à une recherche de conciliation. C’est ainsi que, depuis déjà quelques années, des travaux tels que ceux développés par Aldrich et Cliff (2003) prônent l’existence d’un enchâssement de l’entrepreneuriat dans la vie sociale et principalement dans la famille. En effet, les auteurs considèrent que la reconnaissance d’opportunités, le financement, le lancement des entreprises, entre autres aspects, sont conditionnés par la situation de la cellule familiale. Dès lors, dépendant du cycle de vie de la famille, différentes opportunités seront perçues ou découvertes, différents financements seront disponibles et différents processus seront développés. En outre, certains travaux mentionnent que la performance de l’entrepreneur dans son entreprise pourrait être directement inspirée par le fait que cet individu ait des parents entrepreneurs (Bouchiki, 1993). Par conséquent, le système familial affecte la création d’entreprise et vice versa (Aldrich et Cliff, 2003). En tenant en compte ces aspects, il est donc primordial de considérer la relation entre entrepreneuriat et parentalité au-delà de la conciliation travail-famille, et l’étudier comme un facteur déterminant dans le type d’opportunité, de financement, d’entreprise et de processus à adopter lors de la création d’entreprise.

Un troisième point à aborder concernant la relation entre création d’entreprise et parentalité correspond à l’entreprise familiale. Comme le souligne Chabaud (2013), la famille et les entreprises familiales sont au cœur des dynamiques entrepreneuriales. Ce qui explique sans aucun doute que l’entrepreneuriat et les entreprises familiales partagent des proximités de recherches de longue date (Chrisman et al., 2010), voire des recouvrements significatifs (Debicki et al., 2009), et qu’il est envisagé un domaine de recherche en entrepreneuriat familial (Fayolle et Begin, 2009 ; Hoy et Sharma, 2010 ; Randerson et al. 2016). Dès lors, il nous semble qu’il y ait sens à ouvrir également la réflexion de l’entrepreneuriat et de la parentalité autour de la problématique de la transmission. En effet, la pérennité d’une entreprise familiale sur plusieurs générations ne se décrète pas, elle se fabrique, parce que « si on naît héritier, on devient entrepreneur familial » (Robic et al., 2014 : 26). L’intention de transmettre l’affaire familiale à la prochaine génération, menée avec la transformation d’héritier à entrepreneur est souvent l’aboutissement d’un processus de socialisation complexe mené au sein de la famille (Robic et al., 2014) .

En partant de ces trois approches, mais sans nous limiter à celles-ci, l’objectif de ce numéro est rassembler les contributions basées sur un travail conceptuel ou empirique, reposant sur l’exploitation de données quantitatives ou qualitatives venant éclairer la parentalité en entrepreneuriat.

Sans aucun caractère exhaustif, un intérêt tout particulier sera porté aux travaux en lien avec les thématiques suivantes :

  • Les lignées entrepreneuriales,
  • L’entrepreneuriat familial,
  • L’éducation et l’apprentissage à l’entrepreneuriat par la famille,
  • La famille vs. école comme lieu d’apprentissage à l’entrepreneuriat
  • Ressources familiales et entrepreneuriat
  • Multiplicité des rôles de l’entrepreneur
  • Être parent et entrepreneur,
  • Role models et entrepreneuriat,
  • Femme, maternité et entrepreneuriat,
  • Conciliation vie privée – vie professionnelle, Transmission d’entreprises,
  • Cycle de vie / étape de vie familiale
  • Relation entrepreneuriat / famille
  • Conflits vs. Enrichissement de la parentalité en entrepreneuriat
  • Contrats psychologiques et soutien des parents aux démarches entrepreneuriales
  • Héritage et Entrepreneuriat
  • Contrat de mariage, contrat matrimonial et entrepreneuriat

Calendrier prévisionnel de la Revue de l’Entrepreneuriat

  • Envoi des propositions (textes complets) par les auteurs : 1er juillet 2017
  • Réponse des évaluateurs : octobre 2017
  • Envoi des versions révisées par les auteurs : janvier 2018
  • Réponse des évaluateurs : avril 2018
  • Envoi des versions définitives par les auteurs : juillet 2018
  • Publication du numéro spécial : fin 2018/ début 2019
Revue de l'Entrepreneuriat

[1] A ce jour, plus de 500 entreprises ou associations, petites et grandes, ont déjà signé la charte de la parentalité (http://www.observatoire-equilibre.com/charte-de-la-parentalite/presentation/)

[2] Comme en témoignent les nombreux articles apparus dans la presse ces dernières années sous le nom de « dadpreneurs »

Colloque : Entreprendre dans les économies medievales et modernes. innover, risquer, organiser

La 8e école d’été d’histoire économique se réunira à Suse, en Italie (province de Turnin les 26, 27 et 28 août 2019. Les séances auront lieu à l’Archivio Diocesano à partir de 9h00 le lundi 26 août. La thématique retenue cette année est : “Entreprendre dans les économies medievales et modernes. innover, risquer, organiser”.

Entreprendre dans les économies medievales et modernes. innover, risquer, organiser
Affiche du colloque

La 8e école d’été d’histoire économique se réunira à Suse (Piémont, Italie) les 26, 27 et 28 août 2019. La thématique retenue cette année, « Entreprendre dans les économies médiévales et modernes : innover, risquer, organiser », insistera sur la liaison entre les innovations techniques et l’action économique. Entreprendre signifie en effet agir sur le réel et, à cette fin, implique de mobiliser des compétences, des savoirs, des techniques et de les mettre à la preuve de la vie économique.

Ce thème, « Entreprendre dans les économies médiévales et modernes : innover, risquer, organiser », permettra de poursuivre et d’approfondir celles qui ont été développées les années précédentes (la valeur des choses, la pauvreté, les biens communs, les moyens de paiement, la qualité, l’organisation du travail, les écritures de l’économie[1][1]

Institutions partenaires

L’école d’été d’histoire économique rassemblera des chercheurs, des enseignants-chercheurs, des chercheurs postdoctoraux, et des doctorants de toutes nationalités. Les institutions partenaires sont l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, l’EPHE, les Archives Nationales (Paris) et le CNRS. Les laboratoires impliqués sont les suivants : LAMOP (UMR 8589, Paris 1/CNRS), FRAMESPA (UMR 5136, Toulouse 2/CNRS), SAPRAT (EA 4116 EPHE), IDHES (UMR 8533 Paris 1/CNRS). La manifestation reçoit également l’appui financier du LabEx HASTEC (Histoire et Anthropologie des Savoirs, des Techniques et des Croyances) et se déroulera sous le patronage de l’Association Française d’Histoire économique (AFHé).

Organisateurs / comité scientifique

Michela Barbot (CNRS, Idhes ENS Cachan), Patrice Baubeau (Univ. Paris-Nanterre, Idhes), Marc Bompaire (EPHE, Saprat), Julie Claustre (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Lamop), Anne Conchon (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Idhes), Laurent Feller (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Lamop), Agnès Gramain (Univ. Lorraine, Beta), Emmanuel Huertas (Univ. Toulouse 2 Jean-Jaurès, Framespa), Rosine Lheureux (Archives Nationales – Paris)

Lieu et dates

Suse (Piémont, Italie) du 26 au 28 août 2019

Objectifs et nature de l’opération

La nature du thème implique, outre la mobilisation d’historiens médiévistes et modernistes, la présence d’économistes et de sociologues spécialisés dans l’étude de la vie économique. La méthode proposée est de faire présenter une série d’exposés par des spécialistes et de les mettre en débat. Le but poursuivi est d’approfondir nos connaissances et nos réflexions sur ces matières et de permettre à des doctorants ou à des postdoctorants de s’associer à ces travaux par une participation active. La partition des doctorants/postdoctorants prendra la forme d’exposés sur leurs propres travaux et de prises de paroles dans le débat suivant les interventions.

Thématique de la session 2019

Entreprendre dans les économies medievales et modernes

innover, risquer, organiser

Entreprendre ne peut se concevoir sans un arrière-plan de compétences et de techniques. Le Moyen Âge a beaucoup entrepris et su innover. Si le secteur agraire a longtemps connu une sorte de stase technologique, il a cependant toujours eu à sa disposition les moyens matériels et organisationnels de sa croissance et a pu par conséquent mener des entreprises de plus ou moins grande taille qui ont assuré l’augmentation globale de la production et de la richesse. La question de la mobilisation du stock technique disponible a permis aux agents de multiplier les constructions d’infrastructures de toute taille, souvent d’importance vitale. Édifier un moulin suppose, par exemple, de maîtriser les problèmes du foncier, ceux de l’hydraulique, ainsi que la métallurgie nécessaire à la mise en place et à l’entretien des engrenages. L’opération, au total, n’est pas compliquée, mais elle est complexe dans le détail de sa réalisation. Elle suppose aussi que des risques soient assumés. Risque du crédit souvent nécessaire à la réalisation d’infrastructures même de petite taille. Risque aussi de la perte, si l’affaire n’est pas bien menée ou pensée.

D’autres opérations supposent également de savoir mobiliser et risquer pour réussir. Les opérations de peuplement, par exemple, entraînent des prises de risque financier souvent considérable, même durant le haut Moyen Âge. Il faut souvent procéder à des emprunts sur gage foncier pour couvrir l’investissement que constitue l’ouverture d’un nouveau terroir, la construction des habitations paysannes et des fortifications nécessaires à leur mise en sûreté et à l’affirmation du pouvoir seigneurial. L’entreprise de peuplement amène les seigneurs, d’autre part, à user de leur prestige pour convaincre ou de leur force pour contraindre : les conditions concrètes des déplacements de population, même sur de courtes distances sont, elles aussi parfois compliquées. Si l’entreprise agraire médiévale passe par l’utilisation des instruments de domination et de pouvoir que sont les seigneuries, elles ne s’affranchissent cependant pas des règles qui amènent ou non à la réussite d’une opération et l’incompétence du seigneur autant que les difficultés matérielles peuvent être cause d’échecs et de matérialisation des risques. Les défrichements organisés selon des opérations de grand style peuvent être abandonnés. Les villages de fondation ne pas connaître l’expansion que les seigneurs espéraient. Dans ces domaines, au demeurant, les actions individuelles, souvent subreptices, font de la prise d’initiative individuelle un facteur de changement économique et favorisent l’accroissement de la production.

Le monde artisanal, de son côté, connaît une organisation structurée qui ne se limite pas à l’encadrement juridique, moral et religieux que proposent les corporations. Les ateliers sont de véritables entreprises dont la logique économique peut être retracée. Le monde de la métallurgie a ainsi fait l’objet ces dernières années d’enquêtes novatrices qui montrent quelles sont les logiques à l’œuvre en matière d’organisation du travail et en matière d’utilisation des innovations. Les moulines du xve siècle, qui combinent un dispositif de soufflerie et un moulin à battre sont, en Catalogne, un très bel exemple de ce qu’est une entreprise de la fin du Moyen Âge et du début de l’époque moderne : un instrument de production, identifié par le nom de son propriétaire et la qualité de ses produits. Les dépouillements systématiques des registres de notaires ont permis, de plus, de cerner assez précisément les identités sociales des agents, montrant que les propriétaires de moulines avaient parfois une formation intellectuelle non négligeable (l’un d’eux était apothicaire) et qu’ils maîtrisaient parfaitement aussi, depuis, leurs villages, les circuits financiers, de même que les techniques de maniement de l’argent, nécessaires à leur activité.

Entreprendre, dans ces cas, signifie élaborer des objets identifiables par leurs propriétés et dont la valorisation se fait aisément. Les ateliers proposent, en fonction des savoir-faire et de la nature des minerais des produits de qualité différente. Il a fallu pour cela raffiner des procédés de fabrication déjà sophistiqués afin de parvenir à fabriquer les objets demandés par un marché exigeant, mais surtout segmenté et éclaté en fonction des besoins spécifiques de chaque activité ou de chaque localité. La petite taille des unités de production dont chacune correspond peu ou prou à une entreprise correspond à l’état de ce marché. Des remarques analogues peuvent être faites pour le textile médiéval, ou pour toute autre branche d’activité devant allier des compétences, des tours de main mais aussi des capitaux et des réseaux. Entreprendre, dans ces conditions, c’est mettre en valeur tous ces éléments. Cela implique aussi la mobilisation des réseaux familiaux et clientélaires, l’échange, né et développé autour des produits, échappant souvent aux règles du marché mais recoupant aussi des préoccupations non directement économiques.

Entreprendre, c’est aussi organiser des activités à grande échelle. Le commerce à longue distance est ainsi le vecteur d’innovations techniques de première importance. Son activité repose sur les progrès de la navigation et donc sur les modifications intervenues dans la construction navale. Elle repose aussi sur la mobilisation de formes juridiques particulières, celles des associations commerciales qui vont des ententes les plus simples, comme celles de la commenda, aux formes les plus sophistiquées qui organisent la vie des grandes compagnies, de leur formation à leur dissolution. L’action de l’entrepreneur passe donc aussi par l’invention et l’utilisation de formes juridiques qui permettent de rassembler des capitaux afin de promouvoir une activité et de programmer la répartition des bénéfices ainsi que le partage des risques qui, au Moyen Âge, sont considérables. Des formes documentaires neuves apparaissent et se perfectionnent autour de ces activités, et en particulier les comptabilités, qu’elles soient strictement analytiques ou qu’elles reposent sur une capacité mathématique importante commSTLS e le sont les comptabilités à partie double, apparues au xve siècle, sans que leur usage soit jamais généralisé dans l’activité commerciale.

Ces entreprises sont désormais mieux connues grâce à l’attention portée aux correspondances commerciales qui, à la fin du Moyen Âge et durant l’époque moderne, documentent la matérialité même de la vie des bureaux comme elles éclairent la nature et les modalités des échanges, les négociations qui ont lieu autour des prix, les vérifications de poids des marchandises, l’estimation des pertes et des coulages, bref tout ce qui fait le quotidien de la vie commerçante. Les grandes firmes internationales, comme celle de Francesco di Marco Datini, qui ont des représentants et des boutiques dans tout le bassin méditerranéen, tiennent par la multiplication des courriers. Cela suppose un personnel compétent, toujours à la recherche d’informations de toute nature, susceptibles de guider les choix du patron qu’est Datini ou de rendre compte ou d’expliquer ceux effectués par les facteurs répartis dans un très vaste espace. Le réseau de correspondance qui naît et se développe alors, d’une densité tout à fait remarquable, est une nouveauté : il mobilise des formes d’écriture particulières et inaugure une communication éloignée des formes documentaires très sophistiquées des correspondances officielles, qu’elles relèvent de l’État ou de l’Église. Elles donnent à voir un monde grouillant, dont la novellistique italienne du xive siècle, qu’il s’agisse des textes de Boccace ou de ceux Sercambi, a donné un aperçu extraordinaire. Le monde de l’entreprise commerciale et le monde de la haute culture ou celui des humanistes sont en rapport l’un avec l’autre et ce rapport donne à l’action économique une saveur particulière propre à la fin du Moyen Âge sans doute et aux débuts de l’époque moderne.

D’autres formes d’entreprise très spectaculaires requièrent des prodiges d’organisation. Il en est ainsi du travail de la mine, spécialement en contexte colonial à l’époque moderne. L’extraction de l’argent du Potosi, par exemple, et son transport jusqu’en Espagne entraînent une activité matérielle considérable, la construction d’une infrastructure, le recours au travail forcé des Indiens et l’organisation d’un transport toujours périlleux et de toute façon délicat à mettre en œuvre. À une autre échelle, et avec des valeurs moindres, l’économie de transhumance pose des problèmes de logistique considérables. Elle pose également la question du rapport entre l’entreprise privée qu’est l’élevage et le public, puisqu’il faut parcourir des distances importantes et, pour cela, utiliser les routes et les chemins qui, eux, relèvent d’une gestion publique. La question de l’affectation des espaces de pâturage implique les autorités de l’État comme elle implique aussi les communautés humaines auxquels ils appartiennent. La question de la réunion et de la gestion des capitaux nécessaires à l’organisation du déplacement de troupeaux de plusieurs milliers de têtes, qu’il s’agisse de moutons, de bovins ou de chevaux n’est pas de facile résolution et fait passer l’élevage du stade d’une économie largement informelle et ne nécessitant pas l’apport d’un capital particulier à une économie d’entreprise mobilisant d’importants capitaux ainsi que différents métiers, complémentaires les uns des autres et ayant besoin pour exister d’un rapport stable à l’État, caractérisé par des droits d’usage sur l’espace public et ses infrastructures et s’appuyant sur les biens communs produits par l’État, à savoir la justice et la sécurité.

Enfin, entreprendre suppose aussi d’assumer le risque de l’échec. Celui-ci se marque matériellement dans le territoire par l’abandon, celui de sites d’habitat mal choisis ou celui de sites industriels lorsque cesse l’activité. L’échec se marque aussi par la faillite, qui est l’un des problèmes de droit commercial les plus importants et les plus complexes qui soient. La faillite est également une question d’ordre politique et social, parce qu’elle est un des modes de régulation de la vie économique et des conflits qui traversent les élites sociales, comme dans la Florence du xive siècle, où les faillites des grandes compagnies des Bardi et des Peruzzi apparaissent comme éléments d’un système économique qui intègre la disparition et la liquidation dans ses paramètres de fonctionnement. Le risque et la perte font partie intégrante de la vie économique. Ce ne sont pas seulement des accidents mais aussi des moments normaux, voire attendus dans des processus de régulation. 

Le fait d’entreprendre afin d’agir sur son environnement et de produire, d’échanger et de transformer des biens, a une histoire. Celle-ci part des actions individuelles, non formalisées, comme les défrichements subreptices opérés aux dépens de la forêt seigneuriale, et culmine avec les grandes institutions commerciales ou industrielles de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne, qui sont, elles de véritables entreprises au sens où l’entendent les économistes.

L’étude de cette évolution, qui oblige à multiplier les angles d’approche et à considérer différents niveaux d’organisation et d’institutions comme elle oblige aussi à considérer la capacité des sociétés anciennes à lier techniques, innovations et prise de risques, a été puissamment renouvelée ces dernières années à la fois par l’histoire des techniques mais aussi par celle des entreprises comme du travail. C’est de ce renouvellement que nous voudrions discuter lors de la 8e école d’été d’histoire économique.

C’est pourquoi nous envisageons une école d’été comportant six sessions de leçons, entrecoupées d’études de cas présentées par les doctorants et postdoctorants. D’autre part, la documentation produite par les entreprises sera mise en valeur dans un atelier dirigé par deux conservateurs des Archives Nationales afin que la question de la documentation et des sources puisse être abordée.

            1. L’historiographie médiévale et moderne

            2. Le point de vue des économistes et des sociologues

            3. Entreprendre : figures et réseaux

            4. Entreprendre : investir, risquer, financer

            5. Innover et organiser une entreprise

            6. Présentation de deux fonds des Archives Nationales