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Académie des Sciences Commerciales : Jean-Paul Aimetti nouveau président

Lors de la dernière Assemblée Générale de la prestigieuse Académie des Sciences Commerciales, Jean-Paul Aimetti a été élu président du bureau, en lieu et place d’Alain Metton, qui exerçait la fonction depuis plusieurs années. Cette réunion du 12 juin 2018 fut l’occasion d’échanges forts sympathiques et constructifs autour des implications de l’intelligence artificielle dans le secteur commercial.

Jean-Paul Aimetti
Jean-Paul Aimetti

Une Académie des Sciences Commerciales qui suit l’actualité du secteur

Pour Jean-Paul Aimetti, Professeur émérite – Chaire Marketing du CNAM  : “L’Académie des Sciences Commerciales doit pouvoir vivre d’un nouvel élan dans ce monde qui bouge en permanence. La mutation numérique en cours bouleverse les méthodes et les initiatives commerciales avec des bénéfices incontestables mais également des dérives potentielles que je développe dans mon récent ouvrage “No Data, Quelle liberté dans un monde numérique ?” Analyser cet environnement en modification perpétuelle est ainsi une tâche ardue, d’autant plus si l’on veut comprendre les faits qui forgeront les tendances des prochaines années.”

Pour Alain Metton, Docteur en géographie et Docteur es-Lettres. Professeur émérite de l’Université de Paris-Est Créteil, il est “en effet important que l’Académie puisse suivre l’évolution du secteur commercial. Chaque année nous récompensons les meilleurs travaux professionnels au travers de la remise des Prix et médailles. J’ai eu le plaisir, à l’occasion de ma dernière présidence, d’accueillir Philippe Houzé comme Président du Directoire du groupe Galeries Lafayette pendant la 56e célébration rassemblée au sein de l’ESCP Europe et lui remettre le Diplômes d’Honneur de notre Académie. Grâce à la gratitude de professionnels de cette envergure, nous pouvons continuer inlassablement à adapter notre dictionnaire. C’est d’ailleurs un projet qui nous a valu dernièrement une reconnaissance dans le cadre des échanges internationaux que la France assure avec la Russie.”

Un nouveau membre

Un nouveau membre a été accepté avec enthousiasme et à l’unanimité par l’Académie : Yves Soulabail, secrétaire général de rédaction de LaRSG, bien connu dans le milieu de la distribution pour son ouvrage sur Carrefour et ses travaux sur les débuts de l’expérience entreprise par Edouard Leclerc, fondateur de l’enseigne bien connue du grand public.

Yves Soulabail Académie des Sciences Commerciales
Yves Soulabail
Gérard Gallo, Yves Soulabail et Alain Metton
De g. à d. : Gérard Gallo, Yves Soulabail et Alain Metton

Une vision de l’intelligence artificielle

En fin d’assemblée générale, Julien Levy, professeur affilié à HEC et Directeur du Centre Digital d’HEC – a donné l’occasion d’échanges en profondeur entre les membres de l’Académie suite à son exposé remarquable sur l’impact de l’Intelligence artificielle et ses implications pour les entreprises.

Jean-Paul Aimetti
De g. à d. : Jean-Paul Aimetti, Julien Levy et Alain Metton
Claude Brosselin, Alain Metton, Michel-Alexandre Bailly, Thérèse Angué et Alain Metton
De g. à d. : Claude Brosselin, Alain Metton, Michel-Alexandre Bailly, Thérèse Angué et Jean-Paul Aimetti

L’hyper Duel entre Edouard Leclerc et Marcel Fournier – Documentaire France 5

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L’hyper Duel Edouard Leclerc – Marcel Fournier – France 5 le 5 mars 2014 à 21:35

Réalisation > Philippe ALLANTE – Conseiller historique > Yves Soulabail – Nilaya Productions

Pour voir la présentation du documentaire

C’est l’histoire d’une lutte sans merci, entre Marcel Fournier, le fondateur de Carrefour et Edouard Leclerc, l’épicier-militant.
À partir de 1959, c’est un bras de fer commercial qui s’engage, sur fond de combat idéologique, de coups marketings et d’affrontement sur les implantations de magasins, qui va donner naissance à deux géants du commerce. Marcel, le savoyard, qui avait un destin de commerçant tout tracé, rêve de commerce à l’américaine. Pour casser les prix, il va devenir un cow-boys des économies d’échelles, en osant vendre pour la première fois de l’alimentation et des vêtements dans un même magasin.
Edouard, le breton, qui aurait dû devenir militaire ou prêtre, se trouve une vocation « vendre à prix de gros » en supprimant les intermédiaires pour aider les français dès l’après-guerre à manger mieux en dépensant moins.
Ces stratégies opposées, entre ces deux pionniers de la grande distribution, vont bouleverser, en moins de 20 ans, les modes de consommation des français et les rendre accros aux prix cassés.
L’épicier de Landerneau pour imposer ces centres de distribution à travers l’hexagone, va obtenir le soutien du Général De Gaulle. De son côté, le visionnaire savoyard, gonflé à bloc par des séminaires suivis à Dayton, va lancer son concept d’Hypermarché en 1963.
Avec des surfaces de vente qui vont passer de 2.300 à plus de 10.000 m², il va trouver dès le début des années 70, le soutien de la bourse. Dès lors, cet hyper duel va faire beaucoup de dégâts collatéraux, d’abord chez les petits commerçants. Le ralentissement de l’économie, en 1974, à la suite du première crise pétrolière, va entraîner une guerre des prix encore plus féroce entre les deux géants du commerce, et c’est les petites et moyennes entreprises françaises qui vont en faire les frais.
Ce combat entre les deux tontons flingueurs de prix, s’achèvera à l’aube des années 80, quand Marcel Fournier usé par les nouvelles méthodes commerciales, sans foi ni loi, passe la main. C’est la fin de vingt années de batailles, mais pas de la guerre sans merci pour régner sur le marché des hypermarchés en France.

Pour revoir des passages du documentaire : http://www.france5.fr/emissions/duels/diffusions/05-03-2015_306471

Intervenants par ordre d’apparition dans le film

Hervé PATURLEHélène LECLERCMichel MONTLAURJean-Marc VILLERMÉJean MÉOYves SOULABAILPaul DUBRULEMichel CROSETOlivier DAUVERS Claude SORDETJacques SEGUELAMichel DECRÉ

L’hyper duel entre Edouard Leclerc et Marcel Fournier – sur france 5 le jeudi 5 mars 2014 à 21:35

Documentaire exceptionnel

Leclerc-Fournier : L’hyper duel

C’est l’histoire d’une lutte sans merci entre Marcel Fournier, le fondateur de Carrefour et Édouard Leclerc, l’épicier militant. En 1959, le bras de fer qui s’engage entre les deux hommes, sur fond de combat idéologique, de coups marketing et d’affrontements sur leurs implantations de magasins, donne naissance à deux géants du commerce hexagonal. Marcel, le savoyard au destin de commerçants tout tracé, rêve de commerce à l’américaine. Pour casser les prix, il devient le champion des économies d’échelle. Édouard, le breton qui aurait dû devenir militaire au prêtre trouve sa vocation : aider les Français de l’après-guerre à manger mieux en dépensant moins. Sa méthode ? Vendre au prix de gros en supprimant les intermédiaires. Les stratégies opposées de ces deux pionniers de la grande distribution vont bouleverser, en moins de 20 ans, les modes de consommation des Français et les rendre accro au prix cassés.

Plus de détails sur le site Carrefour Un combat pour la liberté

Documentaire : Duels – saison 2
Jeudi 5 mars à 21h35 – 52 minutes

Présentation Annick Cojean

Réalisation : Philippe Allante

Conseiller historique : Yves Soulabail

Production : Nilaya Productions

Avec la participation de France Télévision

Visionnage pour la presse, nous contacter.

duels edouard leclerc marcel fournier france 5

Thierry Henry est un banquier : il en sera blâmé, par Yves Soulabail

Petit poème de fin d’année à l’usage de la réflexion bancaire concernant “la main” de Thierry Henry

Lui qui portait couleur de France,
Et qui depuis sa tendre enfance,
Avait su que pour sa pitance,
Il fallait garder confiance,
Avec tous, qui lui donnaient…

Le voilà qu’il vient de prendre,
Avec défiance, à rien comprendre,
Alors qu’il devait surtout surprendre,
Il mettra une vie à le suspendre,
Ce réflexe pourtant si laid…

Il avait voulu gagner,
Comment ce fameux banquier,
Et mettre en cage pour amasser,
Sans jamais pouvoir l’emporter,
Ce fameux geste qui porte-monnaie…

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De passage à Londres, une église s’effondre, par Yves Soulabail

On parle de Toi, Oh Cathédrale St. Paul

Voilà qu’aujourd’hui,
En crapaütant
Dans le vent
et sans la pluie,
Je fus surpris
Par ce Mendiant,
Devenu Marchant
Pour la vie.

Lui qui baisait,
Pour soulager,
Pieds d’étrangers,
A l’instant venaient
Faire tinter monnaie
Pour l’encaisser
Dès l’entrée,
Ce qui est laid.

Aujourd’hui seul l’office de tourisme
Fit ce truisme de donner ce paradis : un guide.

Cathédrale_St-Paul

Entrée payante à la Cathédrale St. Paul

Plaidoyer pour arrêter la… destruction de valeur ! par Yves Soulabail

« Les faits. La nouvelle gamme Carrefour Discount est en rayon depuis 6 semaines […], le succès commercial est réel. Au point d’inquiéter sur la baisse de rentabilité… » comme l’évoque, dans sa Tribune Grande Conso, Olivier Dauvers sous le titre « Vive la… destruction de valeur ».

Incohérence des genres entre les modèles de distribution pourrait-on dire… revenons en arrière.

La raison d’être du commerce moderne – dont Carrefour est le plus grand représentant depuis 1959 – a toujours été de servir au mieux ses clients, pour soutenir de ce que l’on appelle aujourd’hui le pouvoir d’achat.

L’augmentation de la valeur offerte au chaland devait se faire sur des produits de marque ou bien sur des produits d’un niveau de qualité équivalente, pour un prix toujours plus bas grâce à l’accroissement de la productivité. Sur les traces des colporteurs d’antan, allant chercher ce qu’il y avait de meilleur pour le mettre à disposition de ses clients, on comprend ainsi l’origine du positionnement « qualité » que cette enseigne défendait. On en retrouve la trace aujourd’hui encore avec le slogan : « La qualité pour tous ».

Les distributeurs, dont E. Leclerc est le chef de fil, visaient la plus faible marge possible pour des produits de marque – et seulement de marque, du moins au début, puisque les prix étaient connus et donc comparables – en jouant évidemment sur la rotation des stocks. Cela explique son positionnement « prix », justifiant l’importance de la ligne logistique de cette enseigne. Edouard Leclerc ne défendait-il pas l’adage : « distribuer, c’est acheter moins cher pour vendre moins cher ».

En d’autres termes, les premiers cherchaient à faire progresser les fournisseurs et vendre des produits au meilleur prix alors que les autres distribuaient des marques au moindre coût ! A-t-on oublié dans les enseignes à ce point la différence des genres et de ce qui fait le ressort du « combat pour la distribution »* !

Lorsque Carrefour faisait mieux que Carrefour

Depuis les années 50, on évoquait aux Etats-Unis « un bon produit, au meilleur prix » en cherchant à réaliser l’offre la plus compétitive pour un prix attractif.

Dans cette veine, en 1976, Etienne Thil – alors premier directeur marketing et communication de Carrefour – sera le défenseur de cette indémodable maxime. Il est vrai qu’il suivait alors les traces de son mentor, le « Pape » du commerce moderne : Bernardo Trujillo.

Lui qui était ancien journaliste, et avait pourtant travaillé à faire connaître les centres distributeurs E. Leclerc, connaissait ces subtilités et, devenu « grand prêtre » du commerçant Carrefour, lancera un véritable pavé avec les produits libres. Aurait-il soutenu la vision actuelle de l’enseigne et ses Carrefour Discount? Sans doute pas.

Chose dont on peut être sûr, c’est qu’il n’aurait jamais validé des produits comme simple choix de positionnement face au hard discount.

La destinée de Carrefour, avec son ¼ d’heure d’avance, n’a jamais été de suivre les positions concurrentielles mais de montrer le chemin à suivre en tant que chef de fil…

Alors, ne comparons plus Carrefour Discount, comme on l’entend ici et là, à ce qui fut l’innovation marketing indéniable des produits libres. Le positionnement stratégique, la philosophie même de ces produits est toute autre. Et le fait que les clients continuent à suivre le chemin des prix ne justifie en rien cette destruction de valeur. Qui peut le plus pour le moins est condamné à réussir…

Il existe pourtant une autre possibilité, une autre direction à suivre pour le futur. Son inspiration peut venir en relisant les propos de Denis Defforey, l’un des fondateurs de Carrefour, lorsqu’il présentait des produits libres aux magasins, en février
1976 :

« Ne pas perdre l’objectif de la campagne :

– Ce n’est pas de vendre 50 articles.

– Ce n’est pas seulement d’avoir plus de clients.

– C’est de changer l’image de Carrefour.

– Et la meilleure façon de changer l’image de Carrefour c’est de changer la réalité. »

et d’ajouter ensuite :

« Il faut innover […] pour être différent de nos concurrents,

– pour reprendre le leadership,

– pour être utile à la communauté.

– Le profit nous sera donné de surcroît.

– Nous sommes loin de la biscotte ou de la lessive…

– Nous sommes à l’aube d’un nouveau combat.

– J’ai le moral.

– Nous avons une morale ».**

* Etienne Thil, Combat pour la distribution, D’Edouard Leclerc aux supermarchés, Arthaud,
Paris, 1964, et préfacé par Alfred Sauvy, 224 p.

** Script de Réunion d’information, février 1976, archives détenue par l’association Etienne
Thil. Les parties soulignées sont reprises à l’identique de l’original.

“Carrefour redevient Carrefour”, archives de 1976 détenue par l’association Etienne Thil.