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n°315-316 – Qu’en est-il des macaques à longue queue ?

Philippe Naszalyi LaRSG Stratégies et innovations

Si l’on en croit, et pourquoi ne les croirait-on pas, les chercheurs qui travaillent pour la santé des êtres humains, l’un des effets de la Crise du COVID 19 est la pénurie des primates indispensables pour travailler sur la pathologie, le virus, les vaccins ! La mondialisation nous (Européens comme États-Uniens) fait là encore, dépendre de la Chine ! Paradoxe de plus qui ne semble guère émouvoir nos principales qui, discours électoraux mis à part, ne comprennent toujours pas que la division internationale du processus productif (DIPP), si chère aux néolibéraux, sectateurs du théorème Heckscher-Ohlin-Samuelson, n’a certainement pas entraîné la baisse des profits des détenteurs de capital, bien au contraire.

par Philippe Naszályi – Directeur de La RSG

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Cette dépendance qu’on a découvert en maints domaines de fournitures de santé depuis mars 2020, est aussi très préoccupante pour les « recherches importantes sur des organismes vivants entiers », « mais aussi le développement du système nerveux… l’immunologie et l’infectiologie[1]. » En fait, nous ne maîtrisons plus ni les matières premières, ni leur transformation, mais pas non plus la conception des processus et même désormais la recherche pour ce qui est notre santé !

Une recherche exsangue !

La Recherche, voilà bien l’un des points qui devrait être prioritaire ! Contre toute logique, les « jeunes », puisqu’ils se revendiquent tels, qui nous dirigent devraient s’en soucier pour l’avenir des générations ! Et bien que nenni !

En 1992, la France se situait au 4e rang des pays de l’OCDE pour la recherche, elle est en 2019, au 13e… et comme le résume avec son humour grinçant le Canard Enchaîné : « Nos chercheurs cherchent surtout des sous[2] » ! « En Allemagne, il faut six mois entre la demande d’un cryo-microscope par les chercheurs et sa réception. En France, il faut six ans » Il est vrai que rien ne presse, l’ARS gère !

Si nos lecteurs s’offusquent de cette référence à notre éminent confrère satyrique du mercredi, qu’ils se réfèrent alors à la tribune de quinze membres de l’Académie des Sciences qui, en octobre de la même année, 2021, et cette fois dans Le Monde[3], tentent de nous réveiller « pour remédier aux difficultés de la recherche française et en arrêter le déclin ». Et les académiciens de rappeler qu’ « entre 2011 et 2018,les crédits du seul secteur de la santé ont diminué de 28 % en France, alors qu’ils augmentaient de 11 % en Allemagne et de 16 % en Grande-Bretagne ».

Ces erreurs, liées à l’idéologie mortifère du néolibéralisme économique chérie de nos politiques, ont permis que le « pays de Pasteur est resté en retrait dans la course pour la mise au point d’un vaccin au moment même où les vaccins à ARN, après quinze ans de recherche, démontraient brillamment leur efficacité[4]. »

La peur de la liberté !

Et pourtant que n’a-t-on entendu nos Gouvernants, et avec eux, les doctes savants et spécialistes, du Diafoirus de base au plumitif, en passant par les pires « pisse-copie » voire hélas aussi certains élus locaux déchaînés, invoquer Pasteur pour faire honte à ceux qui, sans aucun doute à tort, refusaient les injonctions tonitruantes de vaccination. Dans le pays des Droits de l’Homme avec la complicité intéressée, – la place est bonne pour les retraités, anciens Premiers ministres notamment –, des conseillers constitutionnels et les palinodies ergotantes de la Haute Assemblée qui cherchait sans doute à se faire pardonner son impertinence pourtant bien utile, de la Commission Bénalla, a été concocté un ensemble extrêmement dangereux de mesures coercitives et attentatoires aux libertés. « La Peur de la liberté[5] » d’Erich Fromm reste une clef d’analyse très pertinente pour cette période où la démocratie a été et est durablement mise en péril par ceux qui ne pensent la liberté que dans le Libre-échange.

La peur de mourir nous a fait trouver acceptable qu’on enferme, car il s’agit bien de cela, nos aînés dans des maisons, devenues souvent des mouroirs. S’il existe un Contrôleur général des lieux de privation de liberté, il n’a été évidemment pas été saisi des EHPAD dont on a fait des maisons de relégation, soumis à l’autorité arbitraire et au bon vouloir de leur direction sous la coupe des oukases technocratiques quotidiennes. On a laissé mourir ces êtres humains sans aucune humanité et qui puis est au nom de la santé ! Dans un discours de 1819, Benjamin Constant, le père de ce qui est le véritable libéralisme, relevait déjà que « le danger de la liberté antique était qu’attentifs uniquement à s’assurer le partage du pouvoir social, les hommes ne fissent trop bon marché des droits et des jouissances individuelles. Le danger de la liberté moderne, c’est qu’absorbés dans la jouissance de notre indépendance privée, et dans la poursuite de nos intérêts particuliers, nous ne renoncions trop facilement à notre droit de partage dans le pouvoir politique[6] ».

Et pourtant, dès le 16 avril 2020, le Conseil pour l’engagement des usagers (CEU) placé auprès de la Haute Autorité en Santé, sans pourtant remettre en cause, le régime d’exception qu’est le confinement, constate que malgré tout « il eut pourtant été possible de faire vivre les principes de démocratie en santé » et « en outre, il n’est pas acceptable que la majorité des instances (de démocratie en santé) n’aient pas été réunies depuis la survenue de la crise[7] ».

Il est vrai que les instances de démocratie en santé, relèvent des ARS et que si l’on considère certains de ces directeurs généraux, c’est comme de confier à Poutine le soin de défendre la démocratie. N’était un vague décret du 28 juin 2021, à la suite du Ségur de la santé, qui tente d’accroître le poids de la Conférence régionale de Santé et de l’autonomie (CRSA), rien, depuis la loi du 4 mars 2002 instituant la démocratie sanitaire, n’est fait pour faire vivre une co-construction des citoyens aux décisions qui concernent leur santé. Évidemment, les Conseils Territoriaux de Santé dans les départements, dont aucune extension de leur rôle n’a été prévue, tout comme la CRSA, sont à la main des directions générales des ARS qui en nomment les membres et pour certaines s’arrogent même le droit, à l’iranienne, d’empêcher ceux qui auraient des velléités de libre parole d’en faire partie ! Une démocratie à la botte !

Une recherche défaillante, une démocratie bafouée, une gestion publique souvent lamentable voilà bien un premier bilan bien sinistre de la crise du COVID-19.

Démocratie en santé : un colloque en 2023 !

Pour tirer les leçons de ce que nous estimons être une question de fond pour les organisations, notre revue, en partenariat avec la Chaire de Gestion des Services de Santé que dirige avec talent Sandra Berteneze, a décidé d’organiser un colloque en juin 2023, au CNAM de Paris, pour interroger toutes les parties prenantes sur cette démocratie en santé qui a célébré bien timidement en 2022, le vingtième anniversaire de la Loi Kouchner qui l’instituait enfin, en France !

Pourquoi cette préoccupation de la santé, pour une revue de recherche en gestion ?

La réponse est simple et pourtant mal connue en France ou santé et sanitaire sont souvent mélangés er employés l’un pour l’autre.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) apporte une réponse claire aux plus dubitatifs : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Santé : le Physique, le mental et le social ! Toute la vie humaine est ainsi résumée et c’est parce que, les gouvernants ont oublié cette définition, en limitant toute leur action au « physique », le sanitaire et encore à une partie du physique, en laissant de côté nombre de pathologies dont beaucoup ont empiré, que nous sommes si affaiblis par cette crise qui n’en finit plus !

Le climat, l’énergie sont des éléments de la santé, car poursuit l’OMS dans sa constitution : « les gouvernements ont la responsabilité de la santé de leurs peuples ; ils ne peuvent y faire face qu’en prenant les mesures sanitaires et sociales appropriées ».

Ce numéro de l’été de 2022 est une étape de la réflexion de chercheurs en sciences humaines dont l’éthique doit toujours être réinterrogée comme nous le rappelle la tribune d’Elise Goiseau et Yann Bazin. Ce premier numéro consacré au COVID est multiple, varié et ouvert. Nous avons tenu à réunir ici, des contributions individuelles comme à l’accoutumée, et des articles sélectionnés par le Professeur José Allouche et Romain Zerbib qui fut naguère l’un de nos collaborateurs zélés, qu’ils soient ici remerciés de ce travail éditorial.

Et parce que l’information si malmenée pendant la crise COVID demeure pour nous un axe fondamental pour le chef d’entreprise, le cadre dirigeant, le chercheur ou… le citoyen, nous proposons une suite à l’un des chapitres du précédent numéro : « L’information au service des organisations »

« Une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations. »


1. Emmanuel Procyk, directeur de recherche au CNRS, co-directeur du Groupement de recherche BioSimia (fédère les chercheurs des laboratoires de recherche publics qui font appel aux primates autres que les humains).

2. « Nos chercheurs cherchent surtout des sous », Le Canard Enchaîné, 21 avril 2021, p. 3, http://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8922

3. Le Monde, 19 octobre 2021, « Quinze membres de l’Académie des sciences alertent : « Pour arrêter le déclin de la recherche française, il est urgent de réagir », https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/19/quinze-membres-de-l-academie-des-sciences-alertent-pour-arreter-le-declin-de-la-recherche-francaise-il-esturgent-de-reagir_6098940_3232.html

4. Le Monde, 19 octobre 2021 ibid.

5. The Fear of Freedom, New-York 1941, traduit de l’anglais par C. Janssens, Paris, Buchet-Chastel, 1963, 244 pages.

6. « De la liberté des anciens comparée à celle des modernes », discours prononcé à l’Athénée royal de Paris en 1819, in Benjamin Constant, Écrits politiques, éd. Marcel Gauchet, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1997, p. 603.

7. COVID-19 – Avis du Conseil pour l’engagement des usagers, Avis n° 1/2020 du Conseil pour l’engagement des usagers. Mis en ligne le 05 mai 2020. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3182529/fr/covid-19-avis-du-conseil-pour-l-engagement-des-usagers

LaRSG arrive sur Twitter

LaRSG arrive enfin sur Twitter… Et oui, il y a toujours du neuf au sein de La Revue des Sciences de Gestion – direction et gestion des entreprises. Du neuf pour aider à développer la recherche en gestion francophone, du neuf pour diffuser les auteurs qui font confiance à notre publication.

LaRSG sur les réseaux sociaux dont Twitter

Nous mettons toujours à disposition sur notre site internet les titres des articles que nous diffuserons dans nos prochains numéros.

LaRSG la revue des sciences de gestion

Revues de gestion les plus reconnues : La RSG au Top 10 de la FNEGE

Ici et là on évoque le classement des revues gestion spécialisées. Pour donner du grain à moudre sur la question à toutes les personnes qui s’intéressent à la question, voici une étude très complète réalisée à la demande de la FNEGE qui permet notamment de revenir sur un classement des revues de gestion, notamment de notoriété des revues de recherche en gestion.

La RSG classée 4e. Pour ses autres classements voir également la page Indexation de notre site.

top 10 revues management revues de recherche en gestion Revues de gestion

Pour ceux qui souhaite retrouver d’autres sources de réflexion.

L’enquête de la FNEGE sur les revues de gestion

Quel est l’impact de la recherche sur les managers ? Telle était la question que cherchait à éluder l’enquête FNEGE sur l’impact de la recherche en management. Réalisée par Michel KALIKA, Professeur à l’IAE Lyon, BSI, Sébastien LIARTE, Professeur à l’Université de Lorraine et Jean MOSCAROLA, Professeur à l’Université de Savoie.

Quels sont les auteurs et les connaissances que les managers considèrent comme utiles pour leurs pratiques ? Sont-ils informés sur la recherche en management ? Comment et qu’en pensent-ils ? Les 1557 réponses obtenues sur l’enquête FNEGE, menée en partenariat avec Sphinx Institute, permettent à présent d’appréhender la manière dont l’impact de la recherche est perçu par les managers.

Classement des revues de recherche en gestion les plus reconnues

On sein de cette étude, on retrouve le classement des revues de recherche en gestion les plus reconnues.
Peu de managers sont réellement informés sur la création de nouvelles connaissances en gestion / management, notamment les « Jeunes cadres » ayant un rôle opérationnel. Les mieux informés se trouvent parmi les « Dirigeants Consultants » et « Spécialistes fonctionnels ». Cependant, la moitié des répondants considère que la recherche en management peut leur être utile. A peine un tiers pour ceux qui ne sont pas informés ! La recherche est d’autant mieux connue et appréciée que les managers sont âgés et dans des positions de direction. Les dirigeants sont considérés par les praticiens comme des producteurs de connaissance pouvant rivaliser avec les chercheurs. Il apparaît ainsi nécessaire d’inciter la communauté des chercheurs à plus communiquer les résultats des recherches aux praticiens et pour cela de développer des outils d’évaluation de l’impact managérial des publications venant compléter leur évaluation académique.
Etude FNEGE 2016 “L’impact de la recherche en management”

 

Appel à candidature : Doctorant en sciences de gestion

La société coopérative d’intérêt collectif, une innovation sociale ?
Quelles transformations en matière de pratiques en stratégie ? 

Contexte et thématique de la recherche

Le groupe Pilotage des organisations et de la performance dans l’économie sociale et solidaire –POPESS- de l’IRG mène des
recherches sur le management des organisations de l’économie sociale et solidaire. Actuellement, l’équipe s’est engagée sur un projet en partenariat avec la Confédération Générale des Sociétés
Coopératives avec comme questionnement principal : « Vers un pilotage alternatif de la performance : les SCIC en Ile de France ». 
Le statut de Société Coopérative d’Intérêts Collectifs (SCIC) a été créé depuis 2002 sous l’impulsion de la Confédération Générale
des SCOP. Les SCIC sont des sociétés privées (de type SA ou SARL) qui présentent deux spécificités majeures : d’une part, la réponse entrepreneuriale à une demande sociétale, puisque les SCIC ont
un objet social d’utilité sociale ; d’autre part, le multi-sociétariat, qui offre aux parties prenantes de l’entreprise (consommateurs, producteurs, partenaires privés et publics…) la possibilité
de devenir sociétaires. 
Peut-on qualifier la SCIC d’innovation sociale ? Cette question sera le fil
conducteur de la recherche doctorale.

Axe de recherche proposé

Intégrant les parties prenantes dans la définition des orientations stratégiques, la SCIC interpelle la recherche en
stratégie sur les modalités de gouvernance des organisations. Elle suggère ainsi une construction collective avec comme particularité d’allier des objectifs d’utilité sociale et des objectifs
économiques. De fait, en changeant le cadre de référence de la définition de la stratégie, n’ouvre-t-elle pas la voie à l’émergence de nouveaux dispositifs d’actions ? En un mot, la structure de
gouvernance participative qu’elle suppose n’introduit-elle pas des innovations en matière de stratégie ?

En résumé, ce projet pourra avoir pour objectifs :
– d’enrichir la compréhension de la notion d’innovation sociale ;
– d’enrichir les recherches portant sur la stratégie en pratique en analysant comment les entrepreneurs (individuels et collectifs)
dans les SCIC pensent, créent et agissent la stratégie et comment les pratiques des acteurs influencent la stratégie ;
– de questionner les logiques de partenariat public-privé avec notamment le rôle nouveau de l’acteur public sociétaire de la SCIC
;
– de qualifier les innovations organisationnelles et techniques liées au projet d’utilité sociale et au mode
de gouvernance multi- parties prenantes.
 

Environnement de recherche

Le doctorant bénéficiera d’un accès facilité au terrain grâce au partenariat engagé entre l’IRG et la CG
SCOP. 
La thèse sera dirigée par Amina Béji-Bécheur (Professeur des Universités) et Pénélope Codello-Guijarro
(Maître de conférences) de l’Université Paris Est Marne La Vallée. 
Le doctorant sera intégré dans le Groupe
Thématique POPESS de l’Institut de Recherche en Gestion. 
Le candidat retenu sera rattaché au pôle de
recherche et d’enseignement supérieur de l’Université Paris-Est.

L’inscription en thèse

Le candidat retenu sera inscrit à l’école doctorale de OMI (Organisation, Marché, Institutions) de
l’Université Paris Est (http://www.univ-paris-est.fr/ecole-doctorale-omi). Cette structure est dédiée aux recherches associées aux sciences économiques et de gestion, au droit, aux
sciences politiques, à la sociologie et à la philosophie. Elle développe la synergie entre ces différentes thématiques autour de deux axes forts, le fonctionnement des marchés et la dynamique des
acteurs et des organisations. La formation doctorale qui accompagne les jeunes chercheurs de l’OMI leur donne ainsi une vision transversale de leur sujet de recherche.

Le laboratoire de rattachement

L’objectif de l’IRG (http://irg.univ-paris-est.fr/) est de soutenir et de favoriser le développement de la
recherche en Sciences de Gestion et de participer à la progression des connaissances scientifiques et techniques dans ce domaine. En tant que structure d’accueil de doctorants et de chercheurs,
français et étrangers, offre le soutien au développement de la recherche des 51 doctorants actuellement inscrits. En fin, l’IRG met en place et favorise la participation de ses membres à
des réseaux d’échanges inter-universités. Différents pôles disciplinaires composent la structure de l’IRG. Le candidat retenu intégrera le groupe de travail thématique portant sur la
performance des organisations de l’ESS (POPESS). Le doctorant sera amené à participer aux échanges de ce groupe et à contribuer à sa dynamique et aux enjeux de valorisation de la recherche
produite.

Environnement de travail

Le doctorant sera basé dans les locaux de l’IRG (Site Marne la Vallée) et bénéficiera d’un bureau équipé d’un
poste informatique connecté sur Internet et de l’accès à un poste téléphonique. Des déplacements auprès de différentes SCIC étudiées seront à prévoir. 
La possibilité d’animer des séances de cours dans le Master POPESS et d’encadrer des projets d’étudiants en master 2 au sein de l’IAE
Gustave Eiffel peut-être également envisagée.

Profil du candidat et compétences spécifiques requises

Titulaire d’un master recherche en sciences de gestion ou dans une autre discipline des sciences sociales le candidat
ayant conduit un mémoire de recherche ou ayant développé une expérience dans un domaine proche de ceux portés par le projet (innovation, transformations organisationnelles, économie sociale et
solidaire, analyse des marchés, etc.) aura plus d’aisance pour mener à bien la recherche. Le profil du candidat peut cependant exprimer la maîtrise d’autres domaines de recherche. La maîtrise de
méthodologies de recherche qualitative ainsi que de l’anglais sont fortement attendus.

Financement

Le doctorant pourra bénéficier d’un contrat doctoral. Le contrat doctoral est un contrat à durée déterminée passé entre l’université et un doctorant afin de permettre à ce dernier de se
consacrer pleinement à ses travaux de recherche pour la préparation de sa thèse. Sa durée est de trois ans. 
Les activités d’enseignement et/ou d’encadrement de projets à l’IAE Gustave Eiffel, si elles se réalisent, seront financées par
ailleurs.

Conditions de candidatures

Les candidats doivent justifier de l’obtention d’un Master ou équivalent. Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà soutenu
son mémoire de master pour se porter candidat. Le justificatif pourra être fourni après l’audition.

Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter :

Amina Bécheur, Professeur : amina.becheur@univ-paris-est.fr ou Pénélope Codello-Guijarro
penelope.codello-guijarro@univ-paris-est.fr

Cité Descartes, 5 bd Descartes, 77 454, Champs sur Marne, Marne la Vallée Cedex 2.

Le contrat doctoral ne peut être accordé qu’aux étudiants qui s’inscriront en 1ère année de doctorat à la rentrée
2012-2013.

Le recrutement des candidats retenus ne sera effectif qu’après l’inscription en doctorat.

Composition du dossier de candidature

Le dossier de présélection entièrement électronique et constitué d’un document unique (au format, de préférence, PDF),
comporte les sept pièces suivantes.

1. un curriculum vitae ;

2. le relevé de notes de la seconde année de Master ;

3. le mémoire de recherche ou le rapport de stage de cette même année de Master (s’il n’est pas finalisé, envoyer un
document intermédiaire) ;

4. une lettre de motivation ;

5. le projet de recherche doctorale en lien avec le contexte du projet proposé dans cet appel (en deux, trois ou quatre
pages, en détaillant le contexte, la problématique, la méthodologie, les résultats attendus) ;

6. les références bibliographiques majeures (en une page) ;

7. le projet professionnel à l’issue du doctorat (en une page).

Une présentation du projet de recherche (2 pages) complétera le dossier de candidature.

Dates importantes

Le dossier sera soumis en à Amina Bécheur et Pénélope Codello-Guijarro le 9 juillet 2012 au plus tard
par e-mail : amina.becheur@univ-paris-est.fr et penelope.codello-guijarro@univ-paris-est.fr

Des entretiens seront organisés le 13 juillet 2012 pour finaliser le pré-recrutement.

Un classement des candidats sera établi en fonction des critères suivants :

• la qualité du cursus du candidat ;

• la qualité du projet de thèse et de sa présentation orale par le candidat.

Le candidat retenu sera soutenu par l’IRG pour obtenir un contrat doctoral.

Attribution du contrat doctoral

Ces contrats sont attribués par le PRES Université Paris-Est, sur proposition du Conseil de l’École doctorale à l’issue
d’un processus de sélection dont le calendrier est le suivant.

1. Mercredi 5 septembre 2012, 12h, date limite de dépôt des dossiers de candidature (quasi identique au dossier de pré
sélection) auprès du responsable administratif de l’École doctorale ;

2. Lundi 10 septembre 2012, audition des candidats à partir de 9h30, par la commission d’audition de la branche «
Économie, gestion, sciences sociales » ;

3. Mercredi 12 septembre 2012, à partir de 10h, Conseil de l’École doctorale statuant sur les attributions des contrats
doctoraux et transmission d’une liste par ordre de mérite, à l’issue, au Conseil scientifique du Pres Université Paris-Est.

 

Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter :

Amina Bécheur, Professeur : amina.becheur@univ-paris-est.fr

ou

Pénélope Codello-Guijarro :

penelope.codello-guijarro@univ-paris-est.fr

Cité Descartes, 5 bd Descartes, 77 454, Champs sur Marne, Marne la Vallée Cedex 2.

Recherches et innovations en sciences de gestion

A l'occasion de la publication de l'ouvrage "Recherches et innovations en sciences de gestion",
dont l’objectif est de créer des passerelles entre recherche en gestion et entreprises
et "d'associer l'esprit critique universitaire avec l'esprit d'entreprendre",
l'IGR-IAE de Rennes organise une table ronde :
« Chercheurs et Entreprises, l'impossible dialogue ? Ensemble balayons les idées reçues » le 18 avril 2013.

Programme
16h30 Conférence-débat réunissant chercheurs et entreprises
17h30 Présentation de l’ouvrage collectif «Recherches et innovations en Sciences de Gestion»
18h00 Remise des prix de la Recherche en Management de la Fondation IGR-IAE récompensant les meilleurs articles publiés en 2012
18h45 Cocktail

Chercheurs et Entreprises, l'impossible dialogue ?
Ensemble balayons les idées reçues.
IGR-IAE de Rennes
11 rue Jean Macé - CS 70803
35708  Rennes Cedex 7
http://www.igr.univ-rennes1.fr/sites/default/files/general/Invitation%20recto%20bandeau%20700pix.jpg

n°263-264 – La comptabilité dans tous ses états

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Editorial : Comptez sur moi ! Count on me ou trust me ?

par Aude d’Andria – Rédactrice en chef
et Philippe Naszályi – Directeur de La RSG

aude d andriaPhilippe NaszalyiCompter ou faire confiance ? Ce jeu de mot, plus compréhensible en anglais, pose bien les fondements de toute pensée, toute action en matière de chiffres. Sont-ils indicateurs ou résultats des organisations ?

C’est un fait, nous vivons dans un monde de chiffres. Et chaque jour, nous sommes davantage sommés de devoir rendre des comptes. Ce qui nous semble familier nécessite cependant d’être réinterroger afin d’envisager des perspectives renouvelées.

Or, et c’est bien là le fond du problème, quel crédit, c’est-à-dire quelle confiance leur accorder ? Car, ne nous y trompons pas, dès lors qu’il s’agit de vouloir quantifier la vie, résumer l’action, réduire la part d’erreur de l’appréciation humaine, le risque est grand alors de scléroser l’innovation, l’intelligence et l’efficience… Comme le souligne d’ailleurs Hervé Dumez dans l’ouvrage collectif qu’il coordonne1, la tendance actuelle pousse à devoir rendre des comptes de façon quasi continue, de sorte que s’installe la confusion entre la définition des objectifs et la construction de l’action. Par conséquent, plus il est demandé de rendre des comptes, et ce en permanence, et plus il devient difficile de prendre des risques et de laisser la place à la créativité même de l’action. Évidemment, il ne s’agit pas de contester l’idée louable de vouloir fixer des objectifs, fussent-ils chiffrés, et de rendre des comptes « aux parties prenantes », mais bien de questionner l’idée de la pertinence de la conformité qui bien trop souvent ne rime pas avec efficacité.

Dans un tel contexte, la loi sur les universités et son application en France par ceux qui avaient tant vilipendé l’autonomie et l’omni président (d’université), donne le pouvoir mortifère aux mauvais gestionnaires que sont tous ceux qui ne savent pas ce que gérer veut dire… « Une chose trop sérieuse pour être confier à des économistes2 » raillons-nous ; il y a quelque temps… en paraphrasant Clémenceau ; plus en vogue que jamais ! Nous étions prémonitoires pour certaines universités françaises, voire pour certains ministères…

Or, à vouloir tout quantifier, comme si les chiffres possédaient par eux-mêmes des vertus intrinsèques, il est à craindre qu’ils finissent par manquer la cible et incitent à « lâcher la proie pour l’ombre ». Ainsi comme l’illustrait au tout début du siècle dernier dans ses mémoires sur sa famille, M.J.-D. Rockefeller racontait comment « ayant commencé ma vie comme teneur de livres, j’ai toujours eu le plus grand respect pour les chiffres, et mes carnets de jardinage ont toujours été tenus avec la même scrupuleuse régularité que les registres d’une maison de commerce. De tout temps, nous avons eu, dans la famille, l’habitude de tenir une comptabilité en règle de chaque végétation particulière dans chacune de nos propriétés » (M.J.-D. Rockefeller, 1908)3. Loin d’être anecdotique, cette allégeance inconditionnelle aux chiffres annonçait déjà à sa façon la croyance dans un ordre comptable, omniprésent en ce monde néo-monétariste et le « reporting » à tout va.

Ne s’improvise pas gestionnaire qui veut ! La gestion, loin d’être une vision comptable sommaire, comme la regardent parfois avec dédain certains Trissotins, est tout à fois stratégie, organisation et management, en un mot : « direction ». Elle est également, et ce numéro le montrera, travail au plus près du terrain et de son intelligence par une appréhension méthodique : « gestion » dans son deuxième sens : direction et gestion des entreprises, notre titre originel de 1965 et notre sous-titre depuis 1997.

Doyenne des revues françaises de gestion, La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises s’est toujours donnée pour ambition d’être un espace de diffusion des idées, des courants de pensée, des méthodes… qui naissent et se développent dans tous les domaines qui intéressent la vie des organisations (entreprises, associations ou organismes publics…). Aussi, la revue se réjouit-elle de son classement par la FNEGE 2013. Classement aux vertus rassurantes auprès des (jeunes) chercheurs, de leurs laboratoires et plus largement pour les institutions à la recherche d’étoiles et d’accréditation en tout genre, il nous rappelle sans cesse aux responsabilités qui sont les nôtres. Bien évidemment, la vie et le rayonnement de notre revue ne s’arrêtent pas à son classement. Il induit également de nouvelles contraintes que nous ne pouvons nier.

Ainsi, certains auteurs se sont-ils émus des retards dans la publication des derniers numéros ainsi que des délais accrus dans l’évaluation de leur manuscrit. Ils ont eu raison. Revue internationale francophone de premier plan, tant de par l’origine de ses contributeurs que de ses évaluateurs, La Revue des Sciences de Gestion doit faire face à un flux quotidien d’articles pour évaluation, révision, et publication. Aussi œuvrons-nous actuellement à réduire du mieux possible l’ensemble de la chaîne. Chacune de ses étapes repose sur des valeurs qui mobilisent des ressources, d’abord et surtout humaines, des compétences et des expertises, de l’investissement en temps de relecteurs désintéressés et si peu valorisés… Nous remercions chaleureusement les très nombreux collègues qui ont répondu positivement en accompagnant notre démarche fondée sur le partage à la collectivité.

Et nous réaffirmons ici que l’esprit de la revue est bien de présenter la recherche en gestion au plus près du terrain et non celle qui, de recensions en résumés, sclérose tout par son académisme poussiéreux qui n’innove en rien.

C’est donc à raison et avec légitimité que, pour clôturer l’année 2013, l’équipe de direction éditoriale deLa Revue des Sciences de Gestion a décidé de consacrer ce dernier numéro à la thématique de la comptabilité, cette « science des comptes » comme la dénomme Georges Reymondin dans une publication de Société Académique de la Comptabilité paru en 19094. Aussi surprenant que cela puisse paraître elle n’avait pas fait l’objet d’aucun éclairage spécifique depuis l’origine de notre revue et nous sommes heureux que la « comptabilité dans tous ses états », après les « diversités de la gestion » et la mise en perspective du « marketing avec les cultures », clôture cette année de l’innovation dans des domaines souvent laissés pour compte. Et pourtant, l’innovation managériale comme le présentait il y a 10 ans déjà, à la suite de sa thèse de 1992, Simon Alcouffe, trouve aussi son origine en comptabilité5…

Historiquement, la comptabilité plonge ses racines dès le IVe millénaire avant JC où l’on en retrouve les prémisses sur des tablettes d’argile et des papyrus. On en retrouve les traces d’abord en Mésopotamie et en Égypte, puis en Grèce et dans l’Empire romain. Par conséquent, comptabilité et écriture ont longtemps été intimement liées6. Pour autant, bien que l’activité comptable au sens de « décompte des valeurs » soit l’une des plus vieilles activités du monde, elle ne se limite pas seulement à l’enregistrement des actes commerciaux. Plus qu’un moyen d’écriture, elle est aussi et surtout porteuse d’une démarche politique et pour laquelle il convient d’en décrypter le sens.

Ce double numéro est donc aujourd’hui l’occasion de mettre en lumière les spécificités anciennes et nouvelles de la comptabilité.

Quatre dossiers le composent. Ils encadrent le cahier central, fruit d’un excellent colloque sur « le désordre, une vertu créatrice ? » et pose en perspective l’ordre, le désordre…

le chaos, sans bien sur le résoudre totalement7et inscrit un paradoxe dans cet « ordre » apparemment immuable qu’est la comptabilité.

Le premier dossier intitulé « Modernisation comptable et sphère publique » s’intéresse aux liens entre la comptabilité et les répercussions de sa prise en compte par la puissance publique. Différents niveaux du déploiement de la sphère publique sont analysés. Madina Rival et Olivier Vidal ouvrent ce premier dossier en s’interrogeant sur les liens nombreux et complexes entre la comptabilité et la politique. Simon Wangani explore la logique actuelle des fusions dans les organisations publiques et illustre sa recherche par l’étude au sein d’une organisation publique d’insertion professionnelle « Pôle Emploi ». El Mehdi Lamrani se focalise sur la mise en place d’une démarche ABC au sein d’une mairie française. Comme en écho avec les trois premiers articles, Sabrina Bellanca et Julien Vandernoot nous éclairent sur les réformes entamées pour moderniser la comptabilité publique belge en particulier et leurs conséquences sur l’ensemble du système comptable en général.

Le deuxième dossier intitulé « Comptabilité et réglementations » s’intéresse quant à lui aux différents impacts des nouvelles réglementations comptables et financières. Christophe Collard et Christophe Roquilly placent leur analyse au niveau des risques juridiques et réaffirment l’importance d’une collaboration étroite entre toutes les fonctions de l’entreprise. Faïza Bouguerra poursuit la problématique de la gestion du risque de défaut en réinterrogeant la responsabilité des agences de ratings et la faillibilité de leur notation. Complétant cette dimension, Xavier Brédart revient sur la multiplication des codes et des lois de gouvernance. Il rappelle leur vocation première à savoir la volonté de renforcer les mécanismes de contrôle mais souligne que leur caractère inopérant impose d’explorer des pistes alternatives fondées sur la diversité et la « compliance ».

En réponse Benoit Pigé et Robert Sangué-Fotso illustre la mise en place d’une gouvernance des transactions d’une exploitation forestière au Cameroum. Et Fabrice Roth conclut ce dossier par une réflexion d’un modèle « biologique » de l’organisation.

Le troisième dossier intitulé « Informations comptables et transparence » interroge sans concession la question de la confiance que l’on peut accorder aux procédures et résultats comptables et des possibles manipulations de l’information comptable, sous couvert de transparence. Aubry Springuel et Romain Zerbib entament ce troisième dossier. Ils pointent le rôle des médias de référence sur les marchés financiers et tout particulièrement l’influence des informations issues du Wall Street Journal sur la valeur des titres et des volumes échangés lors d’une nouvelle introduction en bourse. De la même manière, Olfa Nafti et Olfa Errais poursuivent sur les possibles manipulations du fait d’un usage discrétionnaire des informations comptables par les dirigeants dans le cadre de l’application des normes IAS-IFRS. Ce que corrobore d’ailleurs Yosr Hrichi dans son analyse sur la gestion des résultats de 100 entreprises françaises du SBF 120. De même, les innovations comptables ne sont-elles pas sans conséquence sur la perception de l’activité d’une entreprise. Comme le montre Narjess Hedhili, la méthode « du temps requis pour exécuter les opérations » ou « time driven activity based costing » (TD ABC) apporte une simplification appréciable à la méthode ABC (comptabilité à base d’activité) pour les praticiens pour peu qu’ils en maîtrisent les principales différences au niveau du cheminement pour le calcul du coût de revient. Pour autant, reste la question des divergences observées entre comptabilité et fiscalité. En contexte tunisien, Ines Bouaziz Daoud et Mohamed Ali Omri montrent que les dirigeants optent pour un comportement opportunisme où les choix comptables et fiscaux leur permettent de s’approprier de la richesse tout en réduisant si possible la charge fiscale. Il en va de même concernant la prise en compte des catastrophes de nature environnementale. Karima Bouaiss, Jean-Philippe Lafontaine et Jean-Laurent Viviani montrent à ce sujet que les accidents industriels n’ont que très peu d’impact sur les cours boursiers des grandes sociétés qui les provoquent. Concernant plus particulièrement les conséquences de deux accidents industriels imputables en partie à l’entreprise Total (Erika, 1999 et AZF, 2001), les auteurs montrent que les parties prenantes ont été plus sensibles aux conséquences humaines (i.e. l’explosion de l’usine AZF, 2001 sur Toulouse a fait 31 morts et 2500 blessés) qu’environnementales (i.e. le naufrage de l’Erika a provoqué une des plus grandes marées noires que la Bretagne ait jamais connue). Ils relativisent toutefois le réel impact sur la valeur boursière d’une entreprise comme Total.

Le quatrième et dernier dossier intitulé « Méthodes comptables et performance » clôture de ce numéro. L’article de Jonathan Bauweraerts et Olivier Colot porte sur la mesure de la performance des entreprises familiales (EF) et met en exergue les aspects de rentabilité, de solvabilité et de liquidité. Les auteurs montrent notamment qu’en contexte belge, les EF affichent des niveaux de rentabilité commerciale supérieure avec des conséquences positives en termes d’autofinancement, d’endettement et de liquidité. De son coté, Jean-Paul Méreaux analyse les processus d’intégration ou non des systèmes comptables à l’issue de fusions-acquisitions. A partir d’une étude sur les 7 dernières acquisitions d’un groupe de vins et spiritueux pour la période 1992-2007, ils montrent que le degré d’intégration dépend de la volonté chez le groupe acquéreur de ne pas uniformiser en fonction de la taille et du niveau de performance des systèmes comptables des entreprises acquises. L’article d’Azzouz Elhamma revient sur la perception des responsables d’entreprises dans un contexte marocain et confirme que le système de comptabilité par activité entraîne une meilleure performance pour les entreprises qui l’ont adopté.

Pour finir, Mouna Ben Rejeb Attia examine les déterminants de la relation entre le lissage comptable du résultat et la couverture du risque par les produits dérivés et met en avant l’importance des effets d’opportunités dans les choix comptables.

Gageons que ce numéro consacré à « la comptabilité dans tous ses états » fournisse à ses lecteurs de stimulantes et nouvelles réflexions. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà »8 comme l’écrivait Pascal, paraphrasant Montaigne9 ou poursuivant plutôt cette idée que la perception de certaines vérités reste dépendante de nombreux facteurs. Il signifiait déjà que ce qui est une vérité pour les uns à un moment ou un lieu donné ne l’est peut-être pas pour les autres. « Ce que l’Europe admire, l’Asie le punit, ce qui est un vice à Paris est une nécessité quand on a passé les Açores. Rien n’est fixe ici-bas, il n’y existe que des conventions qui se modifient suivant les climats ». Telle est la philosophie de l’argent et de ses lois qu’expose « l’illustre Gobseck10».

Ainsi, en va-t-il de la comptabilité en particulier comme de la gestion en général, plus qu’une question de culture ou de géographie, le débat est aussi sans aucun doute celui d’une époque !

À toutes et à tous, nous vous souhaitons une très bonne lecture et une très bonne année 2014 !

Dernière année avant le cinquantenaire de notre revue !

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1. Hervé Dumez (sous la dir.), Rendre des comptes : nouvelle exigence sociétale, Dalloz-Sirey, coll. Présaje, mars 2008, 149 p.

2. « L’entreprise est une chose trop sérieuse pour être confiée à des économistes ? », La Revue des Sciences de Gestion, 2006/3 (n° 219), https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RSG_219_0005.

3. Extrait de : « Les mémoires des Rockefeller », Journal Le Matin, 17 novembre 1908, cité par G. Reymondin (1909) à la page 15. 4. Georges Reymondin (1909), Bibliographie méthodique des ouvrages en langue française paru de 1543 à 1908 sur la science des comptes, Publications de la Société Académique de la Comptabilité, Réimpression de l’édition de Paris, 1909.

Ouvrage consultable : target= “_blank”>http://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=0-SopGbRjRsC&oi=fnd&pg=PA5&dq=ouvrage+sur+histoire+de+la+comptabilit%C3%A9&ots=p6-gSWPtZ0&sig=0Jx4Ok6i3xguoDPlUm2qPh2_k20#v=onepage&q=ouvrage%20sur%20histoire%20de%20la%20comptabilit%C3%A9&f=false.

5. Simon Alcouffe, (2003) « La Recherche et les innovations managériales en comptabilité et en contrôle de gestion : proposition d’un modèle théorique intégrant les perspectives de diffusion, d’adoption et de mise ne oeuvre de l’innovation », http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/58/78/23/PDF/Alcouffe.pdf.

6. Comme le rappellent François Engel et Frédéric Kletz (2007), dans leur ouvrage initiatique sur la comptabilité générale, il s’agissait à l’origine de trouver le moyen de suivre sur un compte le flux des biens entrants et sortants afin de garder trace des échanges. La comptabilité était alors l’affaire des propriétaires terriens, des marchands, des administrateurs des temples, des banquiers, et plus près de nous, des commerçants de la fin du Moyen Age et de la Renaissance. Ce sont les intendants qui ont eu pendant longtemps la charge de la comptabilité chez riches ; en étaient le plus souvent leurs esclaves, certes érudits mais esclaves tout de même. François Engel, Frédéric Kletz (2007), Comptabilité générale, Presses de l’École des Mines. Ouvrage consultable : http://direns.mines-paristech.fr/Sites/ComptaG/co/comptagenerale_ULcg01.html.

7. Colloque international ISEG Group qui s’est déroulé à la Maison de l’Europe à Paris le jeudi 11 avril 2013.

8. Pascal, Pensées 294 (1re partie, chap. De la justice. Coutumes et préjugés).

9. Montaigne, Essais, livre II, ehap. xn ; éd. Lefèvre, 1823, t. III, P, 304.

10. On notera qu’avant d’être un roman éponyme de la vaste Comédie humaine de Balzac, l’ouvrage parut dès 1830, sous le nom de « L’usurier », puis dans le Journal « Le Voleur », en 1830 !