Concertation pour réformer la formation initiale des fonctionnaires

Modifié le 30 mai 2014.

Eric Woerth, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, et André
Santini
, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique ont souhaité, dans le cadre de la réforme de la formation initiale des agents de la Fonction publique, une concertation avec les
Organisations syndicales, en présence des employeurs et des administrations des trois fonctions publiques.

André Santini, qui a ouvert cette réunion le lundi 18 mai, a rappelé la nécessité d’améliorer
la formation des agents de la Fonction publique. Des propositions concrètes ont déjà été faites par les ministres sur la réforme des concours et du recrutement, qui sont en cours de mise en
œuvre. Mais de nouvelles initiatives sont nécessaires pour améliorer l’organisation et le contenu de la formation initiale des agents publics. Dans le cadre du rapport réalisé par le Préfet
Raymond-François Le Bris remis le 16 février dernier à Eric Woerth et André Santini, le Gouvernement a dressé 3 constats :

 

               Sur le dispositif en général, l’effort de l’Etat en matière de formation est impressionnant. A côté de la très grande variété d’écoles de formation, plus de 70 hors
écoles militaires sur l’ensemble du territoire, l’Etat consacre 1,3 Milliards d’Euros (hors IUFM) pour 77 000 agents, ce qui représente un budget annuel moyen de 17 000 € par
élève ;

               Sur la durée et le contenu des formations, une majorité d’entre elles est destinée aux fonctionnaires de catégorie A avec une durée plus importante que pour les catégories B et
C (22 mois pour les A et A+, 13 mois pour les B et 6 mois pour les C) ; en moyenne, la part consacrée aux stages pour les catégories A est de 37% ;

               Sur l’affectation à la sortie des écoles, les procédures sont majoritairement fondées sur un classement de sortie.

 

Sur cette base, Eric Woerth et André Santini ont retenu 5 grands axes d’amélioration :

 

               Individualiser les formations : dans le contexte d’une professionnalisation croissante des recrutements, chaque école devrait ajuster son projet pédagogique au
nouveau format des concours et dessiner des parcours individuels de formation correspondant aux besoins de l’administration-employeur et du stagiaire ;

               Professionnaliser la scolarité : les stages en responsabilité devraient être développés et les formations trop académiques supprimées. De même, un module sur
l’ouverture européenne devrait systématiquement être proposé ;

               Réduire le temps de formation : chaque fois que cela est possible, il conviendrait de supprimer les formations redondantes en fonction des parcours des élèves
et de rendre les élèves opérationnels plus rapidement ;

               Accompagner les fonctionnaires dans leur premier poste : au-delà des stages, le premier contact réel post-école avec le monde de l’administration est fondamental. Pour assurer le succès
du premier poste, plusieurs mesures pourraient être prises notamment le tutorat, la suppression du classement de sortie et une alternance lors de la fin de la scolarité ;

               Réfléchir au rapprochement de certaines écoles notamment lorsque les corps ont
fusionné,
 quand cela fait sens pour les élèves, pour les employeurs et pour la fonction publique en
général.

 

Eric Woerth et André Santini vont demander à l’ensemble des ministères de leur faire remonter
leurs propositions sur chacun des axes afin que l’essentiel de cette réforme puisse s’appliquer pour la rentrée 2010.