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Appel à proposition d’articles pour un dossier pour la revue Communication

La revue Communication, la revue du département d’information et de communication de l’Université Laval, lance un appel à proposition d’articles pour un dossier.

Des nouvelles dynamiques médiatiques dans les zones périphériques

Numéro thématique coordonné par Vindicien V. KAJABIKA (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle), Alain KIYINDOU (Université Bordeaux-Montaigne) et Catherine GHOSN (Université Toulouse 1 Capitole/Université Paul Sabatier Toulouse 3

Voilà une décennie ou presque que les sociétés contemporaines pratiquent intensivement des activités communicationnelles intégrant technologie, interaction sociale entre individus ou groupes d’individus et création de contenu numérique généralisé, obtenu de façon simplifiée et banalisée sans nécessairement requérir des compétences particulières. Le recours aux TIC s’étant, depuis lors, généralisé, des nébuleuses humaines — des proches ou d’inconnus — se mettent en place, à travers ce qu’il convient désormais de qualifier de réseau social numérique (Cardon, 2011).

Thomas Stenger et Alexandre Coutant (2009 ; 2010) notent que l’audience et la popularité des réseaux sociaux numériques, tels que Facebook, Hi5 ou Myspace, soulèvent de multiples questionnements, dont celui de leurs usages et de leurs configurations sociotechniques sur le web. L’émergence de ces réseaux pose des défis à tous les secteurs d’activités de la société, y compris les secteurs de la production de l’information et des œuvres de fiction.

Serge Proulx (2002) a relevé les multiples trajectoires d’usages des technologies de l’information et de la communication comme des formes d’appropriation d’une culture numérique devenue un enjeu de la société du savoir. Cette culture numérique ne serait qu’une illusion idéologique masquant le jeu de logiques sociales opérant dans la société sur l’entraide, le don, la coopération et le support social. Plusieurs enjeux découlent de cette généralisation et appropriation des TIC : on citera notamment la question de la représentation de soi et de la représentation numérique (Georges, 2009), de la surveillance et du bien-être (Alloing, 2012), de l’humanisme numérique (Doueihi, 2011). Le recours massif et enthousiasmant aux TIC et par extension aux réseaux sociaux numériques a notamment entraîné la banalisation de l’accès et de la conception de l’information et des œuvres de fiction.

Cet appel à contributions est essentiellement focalisé sur les nouvelles dynamiques médiatiques nées du développement des technologies de l’information et de la communication en phase avec l’usage sociétal très prononcé de l’internet par rapport à certaines pratiques des médias classiques, tout particulièrement dans les zones « périphériques » (les Amériques, l’Afrique, les pays arabes).

Il y a lieu de noter que dans plusieurs pays, aussi bien développés qu’en voie de développement, ces médias classiques jouent encore un rôle non négligeable dans les médiations sociales. Ils sont, dans certaines situations, toujours considérés comme outil privilégié d’informations, de création artistique, de publicisation, de médiation, de débat politique et de mobilisation citoyenne (Livingstone et Lunt, 1994 ; Lochard, 1994). Cependant, il faut reconnaître que, de nos jours, le fonctionnement de ces médias classiques rencontre beaucoup de concurrences de plus en plus récurrentes. Aux nombreux obstacles et contraintes aussi bien politiques, institutionnels, sociaux, culturels, économiques que techniques, s’ajoutent dorénavant ceux que représentent le développement et les usages des réseaux sociaux numériques dans nos sociétés contemporaines.

En effet, l’essor de l’internet et des médias et réseaux sociaux numériques a bouleversé et/ou transformé profondément les pratiques de production médiatiques. En l’occurrence, internet facilite les mobilisations citoyennes en introduisant dans l’espace public des questions sociales oubliées par les médias classiques (Bennet et Segerberg, 2012) et l’inclusion de nouveaux membres habituellement écartés de la participation (Wojcik, 2011). Internet, en outre, modifie ostensiblement les relations sociales, les rapports de pouvoir, l’action et les médiations rendant possible un nouvel ordre social, politique et démocratique (Cardon, 2010).

Il s’agit d’examiner comment et en quoi les réseaux numériques impactent les pratiques des médias « classiques » par rapport au journalisme d’information tout particulièrement dans les zones « périphériques ». Ces nouveaux rapports entre les médias numériques et les médias classiques seront-ils marqués par la concurrence à outrance, la complémentarité, la transformation, l’adaptation ? Et ces nouveaux rapports sauront-ils s’imposer de façon uniforme ou s’ajusteront-ils aux différents contextes locaux, régionaux ou nationaux ?

Ce dossier voudrait privilégier l’analyse de l’information et ses pratiques journalistiques dans les zones « périphériques » (les Amériques, l’Afrique, les pays arabes), par rapport aux pays développés. En quoi la présence du journalisme open source, par exemple, et du darkweb et le dark journalisme en phase d’expansion ou les nouvelles formes de participation et d’engagements politiques en ligne, tout comme hors ligne (Théviot et Mabi, 2014), vont-ils modifier les pratiques des journalistes ?

Soumission d’une proposition pour ce numéro de la revue Communication

Les propositions d’article doivent compter entre 1 200 à 1 500 mots (bibliographie non comprise).

Elles présenteront le titre, la problématique, la méthodologie et la base empirique utilisés, ainsi que les principaux résultats qui seront développés.

La proposition doit être anonyme. L’auteur indiquera ses noms, institution d’appartenance et coordonnées directement dans le courriel.

La longueur de l’article final, si la proposition est retenue, sera de 40 à 60 000 signes, espaces non compris (ceci inclut les notes mais exclut la bibliographie).

Merci d’envoyer vos propositions par courrier électronique aux trois coordinateurs avant le 21 août 2017.

vuninga@yahoo.fr

alain.kiyindou@msha.fr

catherine.ghosn@gmail.com

La réception de chaque proposition donnera lieu à un accusé de réception par courriel.

Calendrier

21 août 2017 : Date limite d’envoi des propositions d’articles. Les propositions seront évaluées par le comité scientifique en regard de leur pertinence pour le dossier thématique et de leur qualité scientifique.

18 septembre 2017 : Notification d’acceptation ou de refus

11 décembre 2017 : Envoi des articles complets directement à la revue Communication revue.communication@com.ulaval.ca. Les consignes rédactionnelles sont disponibles à l’adresse http://communication.revues.org/6159. Chaque article sera évalué en double aveugle par un comité de lecture indépendant.

12 mars 2018 : Retour aux auteurs sur l’article. Le comité de coordination en consultation avec l’équipe éditoriale de la revue Communication décidera, à la lumière des évaluations, de l’acceptation en l’état, de la demande de modifications ou du rejet.

21 mai 2018 : Remise de la nouvelle version de l’article directement à la revue Communication revue.communication@com.ulaval.ca. Le comité de coordination vérifiera si les modifications apportées répondent aux recommandations du comité de lecture indépendant.

11 juin 2018 : Retour aux auteurs sur la nouvelle version.

Juin-septembre 2018 : Révision linguistique et retour aux auteurs

Automne 2018 : Publication électronique.

Comité scientifique

Noble AKAM, Abdel BENCHENNA, Charles BOYOMO, Stefan  BRATOSIN, Etienne DAMOME, Djamil Jean-Marc DHAKLIA, Jean Chrétien EKAMBO, Boyomo Essala ESSTIC, Marie-Soleil FRERE, Marc KAISER, Aimé KAYEMBE, Annie LE NOBLE BART, Edgar Charles MBANZA, Arnaud MERCIER, Pierre MOEGLIN, Isaac NAHON-SERFATY, Ouahmi OULD-BRAHAM, Nicolas PELISSIER, Sandrine RODRIGUEZ, Mihaela Alexandra TUDOR, Jacques WALTER.

Références bibliographiques

  • ALLOING, Camille et Julien PIERRE (2012), « Construire un cadre d’analyse avec les SIC pour comprendre les pratiques et les enjeux de la réputation en ligne (des individus et des organisations) », Actes du colloque de la SFSIC 2012, Rennes.
  • BENNET, Lance et Alexandre SEGERBERG (2012), « The Logic of Connective Action », Information, Communication and Society, 15(15) : 739-768.
  • BOURDIEU, Pierre (1979), La distinction : critique sociale du jugement, Paris, Éditions de minuit.
  • BUDDENBAUM, Judith M. (dir.) (2001), Religion and the Popular Culture: Studies on the Interaction of Worldviews, Ames, Iowa State University Press, p. 49-60.
  • CARDON, Dominique (2010), La démocratie Internet : promesses et limites, Paris, Seuil.
  • CAREY, James W. (2002), « Preface to the inaugural issue », The Journal of Media and Religion, 1 : 1-3.
  • DOUEIHI, Milad (2011), Pour un humanisme numérique, Paris, Seuil, 2011.
  • GEORGES, Fanny (2009), « Représentation de soi et identité numérique. Une approche sémiotique et quantitative de l’emprise culturelle du web 2.0 », Réseaux, 2(154) : 165-193.
  • HOOVER, Stewart M. (2001), « Religion, media and the cultural center of gravity », dans Daniel A. Stout et Judith M. BUDDEMBAUM (dir.), Religion and the Popular Culture: Studies on the Interaction of Worldviews, Ames, Iowa State University Press, p. 49-60.
  • LIVINGSTONE, Sonia et Peter LUNT (1994), « The mass media, democracy and the public sphere », dans Talk on Television: Audience Participation and Public Debate, London, Routledge, p. 9-35.
  • LOCHARD, Guy (1994), « Les imaginaires de la parole télévisuelle. Permanences, glissements et conflits », Réseaux, 63(12) : 13-38.
  • MABI, Clément et Anaïs THÉVIOT (2011), « S’engager sur Internet. Mobilisations et pratiques politiques », Politiques de communication, 3(2) : 5-24.
  • MATTELART, Armand (2009), Histoire de la Société de l’Information, Paris, La Découverte.
  • STENGER, Thomas et Alexandre COUTANT (2009), « La prescription ordinaire sur les réseaux socionumériques : Un moteur pour l’activité en ligne », Médias 09, entre communautés et mobilité, Aix-en-Provence, France, p. 1-24.
  • STENGER, Thomas et Alexandre COUTANT (2010), « Les réseaux socionumériques : des discours de promotion à la définition d’un objet et d’une méthodologie de recherche », Hermès, 440.
  • THOËR, Christine et Joseph Josy LÉVY (2012), « Quand mon personnage préféré consomme : usages et représentations des médicaments et des drogues dans la websérie Skins », Drogues, santé et société, 11 : 48-69.
  • TUDOR, Miheala Alexandra (2015), « Multidimension et événement religieux : le cas de la campagne d’évangélisation “L’horizon de l’espérance” de Hope Channel Romania (Speranta TV) », Tic & société, 9(1-2) : 2-35.
  • WOJCIK, Stéphanie (2011), « Participer… et après ? L’expérience des Consultations européennes des citoyens 2009 », Politique européenne, 34(2) : 135-166.
  • WOJCIK, Stéphanie (2011), « Prendre la démocratie électronique au sérieux. De quelques enjeux et controverses sur la participation politique. De quelques enjeux et controverses sur la participation politique en ligne », dans Elsa FOREY et Christophe GESLOT (dir.), Internet, machines à voter, démocratie ?, Paris, L’Harmattan, Coll. « Questions contemporaines », p. 111-141.

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