Archives de catégorie : Colloques-Conférences

Le pouvoir des courtiers. Intermédiation marchande et évolution des pratiques commerciales européennes

XVe-XVIIIe siècles

Paris-Nanterre, 25-26 septembre 2014

 

De l’apparition des premières Bourses de commerce dans l’Italie médiévale à l’apogée des places d’Amsterdam et de
Londres, où ils se comptent par centaines, les courtiers exercent des fonctions variées : intermédiation dans les échanges commerciaux de toute nature, traduction entre négociants d’origines
diverses, centralisation et diffusion de l’information sur les prix et les stocks, perception des taxes et douanes, régulation du commerce, contrôle de la qualité des produits et 
certification des transactions – tout cela fait partie de leurs tâches les plus courantes. Points de rencontre entre acteurs marchands, instruments de la confrontation d’une offre et d’une
demande agrégée, mais aussi observateurs privilégiés et vigilants de l’arrivée de nouveaux produits, les courtiers sont pourtant restés relativement à l’écart de l’historiographie économique
récente. Entre une analyse des réseaux renouvelée, une histoire connectée d’un commerce de plus en plus globalisé et une réflexion sur le jeu de nouvelles institutions marchandes, les personnels
du marché ont du mal à trouver une place. La plasticité de leur visage ainsi que le chevauchement de leurs fonctions avec celles d’autres médiateurs du commerce (commissionnaires, notaires,
aubergistes, etc.) compliquent l’observation, le regard préférant s’attacher à des acteurs au rôle ou à l’identité plus fermement définis. Malgré leur omniprésence, les courtiers se trouvent donc
dans un angle mort de l’enquête historique.

Pour les remettre au centre des problématiques, nous proposons une interrogation sur le pouvoir qu’ils peuvent
exercer. Par là, nous entendons le contrôle des circulations marchandes comme l’influence sur le comportement des agents économiques. Dérivé de l’autorité politique, du prestige social, des
relations personnelles, du poids numérique du groupe professionnel et bien sûr d’un accès privilégié à l’information, ce pouvoir des courtiers peut s’exercer de manière directe, par la pression
ou la contrainte, ou de manière indirecte, par la manipulation et l’influence. Les manifestations concrètes de ce pouvoir au niveau local se retrouvent dans des sources très variées (manuels de
négociants, correspondances ou comptes commerciaux, archives des corporations, notariat, sources judiciaires etc.). A travers l’observation concrète de l’action des courtiers et au-delà des
études de cas, on souhaite souligner le rôle déterminant des dynamiques de pouvoir et de confiance dans la prise de décision économique et dans l’évolution des marchés.

Le pouvoir des courtiers pourra être interrogé à différents niveaux :

– A l’intersection des relations entre acteurs économiques, par l’étude du choix des courtiers par les marchands
(ou des marchands par les courtiers), par celle de leur fonction d’expertise et de garantie des transactions, ou par l’examen des mécanismes d’établissement de la réputation des partenaires et
des intermédiaires de l’échange.

– Au sein du groupe professionnel, par l’étude du contrôle exercé par certains courtiers sur des institutions
telles que les prix courants ou les ventes aux enchères, ou bien par celle des cursus d’apprentissage, d’accès à la profession, et des parcours individuels ou familiaux.

– A l’intersection des formes légales et illicites du commerce, les jeux de concurrence ou de coopération entre
courtiers illégaux et assermentés demandant à être repensés en tenant compte des intérêts des marchands, et de la possibilité pour les courtiers de jouer sur plusieurs tableaux.

– Au croisement d’évolutions du droit et de la pratique commerciale, les courtiers pouvant contribuer, par leurs
registres, à la mise en écrit de la vie économique, mais aussi, par leur action, à la persistance de formes orales de celle-ci.

L’interrogation pourra enfin porter sur la stabilité des formes du courtage : celles-ci répondent-elles, ou
non, aux évolutions locales, régionales ou mondiales du commerce européen ? Va-t-on vers une circulation des formes de courtage, vers son homogénéisation  et à quelle
échelle ?

Les propositions de communication, portant sur des recherches de première main s’inscrivant dans un cadre
chronologique allant du XVe au début du XIXe siècle, et dans un espace géographique incluant l’Europe et les espaces de l’expansion géographique européenne outre-mer, devront être rédigées en
français ou en anglais, comprendre un résumé d’une trentaine de lignes ainsi qu’un bref CV, et être adressées avant le 28 avril 2014. Les langues de travail seront le français et l’anglais ;
une publication des actes est envisagée.

 

Anne Wegener-Sleeswijk (Université Paris I Panthéon-Sorbonne, CRHM) : anne.wegener-sleeswijk@univ-paris1.fr

Matthieu Scherman (Ecole Française de Rome, ICT) : matthieu.scherman@efrome.it

Vincent Demont (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, CHISCO) : vdemont@u-paris10.fr

EHESS : Le Mont-de-Piété, une économie sociale de bienfaisance ?

La prochaine séance du séminaire Finance éthique et politique, se
tiendra
le jeudi 23 janvier 2014 de 17 à 19h en salle 3, 190 avenue de France, 75013 Paris.

Elle sera animée par Guillaume Pastureau, Docteur en
sciences économiques, GREThA, Université Montesquieu-Bordeaux IV qui présentera une communication intitulée : 
Le Mont-de-Piété : une économie sociale de bienfaisance ?

Résumé : Créé dans l’Italie du Nord du XVe siècle pour lutter contre l’usure, le
Mont-de-Piété devient progressivement un acteur social incontournable dans les économies en voie d’industrialisation et de monétarisation. Sous l’effet des mutations des solidarités, de l’usage
central de la monnaie dans toutes les sphères de la société et de la constitution d’un marché du travail libre, le prêt sur gages permettra de compléter les revenus d’un salariat précarisé et
paupérisé. En France, l’activité du Mont-de-Piété trouve un véritable dynamisme au XIXe siècle, et nous observons un retour relatif du nombre d’opérations depuis les années 1980. Un lien
peut être établi entre le processus de marchandisation de l’action sociale et la place du microcrédit social. Ainsi, le Mont-de-Piété est un prêteur social en dernier recours qui apporte des
capacités financières librement utilisées. Un tel crédit social s’interprète comme un revenu indirect. Les promoteurs et les administrateurs du Mont-de-Piété s’inscrivent dans une logique
philanthropique, mais leurs motivations en dépassent cette simple expression. En effet, ils sont conscients de l’inefficacité de la simple charité, et opposent à elle une économie sociale de
bienfaisance. Le leitmotiv de leur action peut se résumer à l’idée qu’une réponse économique, individuelle et responsable est toujours préférable pour lutter contre la pauvreté. Cependant, ils ne
tombent pas l’optimisme caractéristique des penseurs libéraux, dans le sens où ils s’accordent à penser que la société peut être source de difficultés sociales, et qu’une institution économique
et/ou financière peut être une solution pour lutter contre le paupérisme ouvrier. En définitive, ils sont bien les héritiers de la pensée franciscaine à l’origine des Monts-de-Piété.

L’objet de notre communication est de présenter les fondements idéologiques et institutionnels de la création des
Monts-de-Piété en étudiant l’apport de la pensée franciscaine. Ensuite, à partir d’une analyse des mutations de l’institution de prêt sur gages au XIXe siècle, et de la position intellectuelle
des administrateurs qui en découle, nous proposerons le concept d’économie sociale de bienfaisance caractérisée par l’apport d’une aide financière ou économique sous responsabilité individuelle
et qui impose un coût d’usage.

 

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Trophées des think tanks 2014

De nouvelles thématiques, de nouveaux trophées, et des personnalités prestigieuses au programme de la troisième édition
des trophées des think tanks.


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Partenaires et sponsors

La troisième édition des trophées des think tanks aura lieu le Lundi 17 mars 2014 à 18h30 dans
l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental et sous le haut patronage du Président du CESE, Jean-Paul Delevoye.

Trophées

Trophée des relations internationales
remis par Mme Clara Gaymard, Présidente de l’Amcham

Trophée de l’économie
remis par Mme Blandine Mulliez, Présidente de la Fondation Entreprendre

Trophée des affaires européennes
remis par Mme Nina Mitz, PDG de FTI Consulting France

Trophée éducation et culture
remis par M. Bernard Bazillon, directeur associé, Fondation KPMG

Trophée énergie, environnement et développement durable
remis par M. Christophe Février, PDG de GEO PLC

Trophée Politique et société
remis par M. Gilles Leclerc, Président de Public Sénat

Trophée de la Santé
remis par M. Emmanuel Roux, Directeur général de la Mutualité Française

Trophée Innovation et numérique
remis par M. François Aird, PDG de Cedrom SNI

Trophée de la meilleure stratégie de communication
média

remis par Mme Véronique Richard, Directrice du CELSA

Prix spécial du Jury
remis par M. André Marcon, Président de CCI France

Programme
17h30 Accueil des participants
18h30 Cérémonie de remise des trophées des think tanks
20h30 Cocktail et rafraîchissements

L’ensemble de la cérémonie sera retransmis en direct sur la chaîne youtube de l’Observatoire des
think tanks.

Inscription
Entrée libre sur inscription au  07 82 35 29 18 (mobile) ou par email :
trophees2014@oftt.eu, 
dans la limite des places disponibles.