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n°216 La Revue des Sciences de Gestion – Editorial par Philippe Naszalyi – La République n’a pas besoin de savants !

« La République n’a pas besoin de savants ! »

 par Philippe NASZÁLYI

Directeur de La Revue des Sciences de Gestion
direction et gestion des entreprises

Terrible et lourde de conséquences, cette réplique du président du Tribunal révolutionnaire1scellant le sort du « législateur de la chimie »2qu’est Lavoisier3qui demandait au prononcé de sa condamnation à mort, quelques jours de grâce, pour terminer une expérimentation. Il est vrai que le Tribunal révolutionnaire restait dans la logique de la Convention qui avait supprimé quelque temps auparavant, l’Académie des sciences4.

On peut raisonnablement se demander si les lointains successeurs de la dite Convention, fondatrice de la République française, ne sont pas dans les mêmes dispositions envers nos modernes savants que sont les « chercheurs ».

La marchandisation du savoir

« Chercheur » : ce mot vague, parfois moqué est souvent utilisé dans un sens très restrictif.

Si la recherche médicale ou biologique trouve en général grâce, la recherche fondamentale est plutôt regardée avec mépris par ceux qui attendent d’un chercheur qu’il valorise le « grille-pain » ou invente l’objet qui permettra une rentabilité immédiate dans le sens actuel « de la marchandisation du savoir »5.

Si les hommes d’affaires ont bien souvent une vision qui n’excède pas une année, que dire des hommes politiques dont l’horizon ne dépasse
parfois pas quelques jours et, en tout cas, la « une du 20 heures ». C’est dans cet esprit qu’après avoir célébré en grande pompe, notre admirable défaite navale de Trafalgar6, par, et avec les Anglais, les mêmes n’ont pas eu la raison de s’impliquer dans la célébration d’Austerlitz de cettemême année 18057.

Quel rapport pourra-t-on penser entre la décapitation de Lavoisier et la célébration de la victoire de Napoléon Ier? – loin de nous, l’anachronisme ou l’amalgame !

Nous nous garderons comme d’aucuns, de juger le passé à la lumière du présent, ce qui constitue la plus grande forme d’intolérance, de manque de jugement et d’« ascienticité », mais de comprendre le présent, à la lumière des événements passés.

C’était déjà tout le problème du grand Joseph Roth dans les années 30 : « comment résister à un imbécile ? »8et de plus, ne pas être écouté comme Cassandre ! La Convention décapite les savants et supprime l’Académie des sciences. Rétablie à peu près, dès 1795, cette indispensable réunion des savants élit parmi ses membres, le jeune « mathématicien » passionné qu’est le vainqueur d’Italie, le général Napoléon Bonaparte, en 1797. Les connaissances de ce dernier en sciences, et particulièrement, en mathématiques sont évidentes et connues, même si, bien sûr, son élection demeure aussi politique9.

Toutefois, c’est bien entouré de 150 savants qui vont illustrer tant d’excellences scientifiques dans tous les domaines que le futur empereur part en Egypte en 1798.

De manière comparable, quelque temps après, la victoire d’Austerlitz annonce l’Europe française de 1811. « Et cette Europe, ou du moins ses
élites, parlaient une seule langue, le français, dont Rivarol avait vanté l’universalité dans un discours couronné par l’Académie de Berlin
».10 […] « L’Europe de Napoléon reposait sur la force et sur une édification empirique. Lorsqu’il annexe, lorsqu’il impose, l’empereur ne fait jamais appel au référendum, ce plébiscite dans l’utilisation duquel il était passé maître en France. Le Grand empire est d’abord une machine de guerre contre l’Angleterre : fermer le continent aux marchandises anglaises pour ruiner son commerce et son industrie et précipiter la chute de la livre sterling, condamnant ainsi « la perfide Albion » à accepter la paix.11»

Toutes les raisons pour les thuriféraires des marchés, de ne pas célébrer Austerlitz sont déjà presque réunies dans cette comparaison entre l’ambition et la réussite politiques de l’un et la longue kyrielle d’échecs sans idéal des autres ! 

Cette « démocratie émotive »

Louis-Philippe déjà ne s’était pas grandi à essayer de se parer des cendres du défunt empereur : la leçon a, semble-t-il, été retenue, du
moins pour quelques uns qui ont encore un peu de culture historique, mieux valait parader à Trafalgar. La défaite est soeur du renoncement.

C’est le fruit de cette « démocratie émotive » que souligne encore le sociologue Gérard Mermet qui explique les choix ou plutôt les lâchetés – les non-choix – par peur de heurter ce besoin qui « existe dans nos populations […] d’éprouver les mêmes émotions que son voisin, de vibrer à l’unisson autour des mêmes slogans, de détester les mêmes symboles ou de s’identifier systématiquement à ceux qui apparaissent, à tort ou à raison comme des victimes. »12 « La rationalité a par moments beaucoup de difficultés à l’emporter sur le slogan émotionnel » le rapporte non sans humour, le généticien Axel Khan13 dans un tout autre contexte !

Dans ces conditions, il est alors plus facile d’être en fait, continuateur du président du Tribunal révolutionnaire que successeur du vainqueur d’Austerlitz ! « Décidément, la République n’a pas besoin de savants ! »

En effet, et l’histoire est là pour nous le confirmer, c’est également : « grâce à une politique volontariste (que) Napoléon a élevé (la France) au premier rang des puissances scientifiques. »14

Les différences sont ainsi confirmées et pour mieux le comprendre, il n’est que de reprendre, quelques éléments de l’avis de l’actuelle Académie des Sciences « sur l’avant-projet de loi programme pour la Recherche. » en discussion au Parlement : « Il apparaît, cependant, que la plupart de ces mesures contiennent des zones d’ombre préoccupantes parce que traitées de façon trop imprécise et ne donnant pas les garanties nécessaires pour une application satisfaisante.

En outre, certaines des dispositions proposées risquent d’avoir des effets délétères si elles sont appliquées sans mesure. Il convient ainsi d’insister sur 4 préoccupations qui devront guider la rédaction des textes, notamment des décrets d’application de la loi. Une inquiétude importante persiste, poursuit encore l’Académie des Sciences15, sur l’utilisation de l’augmentation annoncée du budget de la Recherche. Il est impératif d’une part que cette augmentation soit précisée en termes de pouvoir d’achat réel, et d’autre part, qu’elle ne soit pas réduite par les dispositions fiscales accordées aux entreprises. Si la croissance de l’effort financier dévolu à la recherche est bienvenue, celle-ci doit se traduire simultanément par des moyens accrus, pour les organismes et les universités, afin de leur redonner des capacités d’initiative et de financement des bons laboratoires, en particulier pour la recherche fondamentale. »

Décidément, pour reprendre les travaux récents d’une équipe du CNRS, il n’y a pas que les poux pour détruire l’oeuvre et les ambitions de Napoléon Ier !16 

L’absence de politique scientifique volontariste

L’absence de vision prospective et la méconnaissance de l’histoire (ce qui va généralement de pair) doublée de l’application rétroactive de
valeurs du présent sur les faits passés, redonnent sans cesse et malgré tout, vie à cette assertion barbare : « La République n’a pas besoin de savants ! ».

La France ne se situe plus que légèrement au-dessus de la moyenne des « 25 » et globalement en dessous des « 15 » dans le domaine de
l’Innovation17 largement distancée par la Suède, la Finlande ou le Danemark mais aussi par la Suisse, les Etats-Unis ou le Japon…

Comme le constatent les experts de Bruxelles, « l’indice global d’innovation » de la France est inférieur à celui de l’an passé et débute une grave tendance vers le recul. Les causes premières en sont évidentes : l’absence de politique volontariste en faveur de la Recherche, de toute la Recherche, fondamentale ou appliquée, mais aussi, et là encore, contrairement à nos concurrents d’Outre-atlantique, dans tous les domaines des sciences humaines et sociales parmi lesquelles, et nous ne cessons de le dénoncer, les sciences de
gestion sont parmi les plus mal traitées, autant par les instances et organismes de la Recherche d’ailleurs que par les hommes politiques globalement et quasi uniquement formés à l’administration
publique.

Ce n’est pas en France qu’un ministre interromprait sa carrière pour faire des études de gestion… c’est bien entendu outre-Atlantique et
particulièrement au Québec18!

Ce recul, ce besoin de réflexion par rapport à l’immédiateté est le fondement de toute action et de tout travail intellectuel, « chaque
chercheur le ressent comme une évidence : aucune activité scientifique ne peut être menée en prétendant du passé faire table rase.
»19

La connaissance scientifique n’est pas simplement utilitariste, ni de circonstance, comme le montre à l’envie les dévoiements anachroniques de l’histoire. Il n’est pas vrai que l’on puisse faire dire à l’histoire tout et son contraire. L’attribution à des personnages passés ou à des périodes anciennes, de qualifications liées uniquement à l’histoire du XXe siècle, tendant à se généraliser
ces derniers temps, aboutit à une dangereuse banalisation des crimes que l’on pense dénoncer en leur enlevant leur spécificité temporelle.

Comme Yves Coleman, et pour prendre un exemple  transalpin, nous pouvons affirmer que « ceux qui dénoncent l’avènement proche du fascisme en Italie pratiquent sciemment la désinformation ».20
On peut faire la même analyse à propos de la France contemporaine !

Si elle n’est pas immédiatement mercantile comme pour certains auteurs de « brûlots » contemporains (on pourrait même s’interroger sur la finalité réelle de ces dénonciations des siècles passés), l’action de ces demandeurs de repentance, à des morts qui ignoraient tout de ce que l’on peut leur reprocher et ne peuvent se défendre
aujourd’hui, est un trait d’union, décidément avec cette république qui « n’avait pas besoin de savants ! »…

« A vaincre sans péril… »

On se doit donc d’attendre avec impatience, à l’instar des Bourgeois de Calais, le chef de l’Etat italien venir reconnaître humblement et
publiquement les « génocides » de César contre les populations gauloises et la faute de son peuple complice des mauvais traitements envers Vercingétorix, étranglé dans sa prison romaine21 ou encore, le renouvellement de « Canossa » par le président allemand afin de faire repentance du « crime de guerre » que constitue le massacre des légions de Varus par Herman !22

Si l’ancienneté des faits conduit naturellement à sourire, elle n’en est pas moins révélatrice de la confusion des pensées qu’amène l’absence de convictions dans cet état que l’on appelle la « démocratie émotive ou émotionnelle ». Cette mode de l’accusation qui pourrait n’être qu’un moyen de faire parler de soi ou de vendre du
papier fait courir un risque majeur accru aux sciences humaines et sociales. 

L’histoire : mère de toutes les disciplines !

Comme le rappelle Gérard Noisiel, « les sciences humaines sont constamment menacées car elles sont décrédibilisés par les discours que les hommes politiques ou les journalistes tiennent sur le monde social »23.

Procéder en historien est fondamentalement le fait d’une démarche scientifique et méthodologique éprouvée : « La méthode historique présente un intérêt : l’administration de la preuve. Le fait comme preuve est au centre de sa problématique ».24

Tout comme pour les autres chercheurs, la connaissance de l’histoire et l’utilisation de la méthode historique sont aussi indispensables aux
gestionnaires. Marc Nikitin souligne fort justement : qu’« En devenant des partenaires, l’historien et le manager devront nécessairement apprendre à se connaître et se respecter. Oui, l’histoire peut-être utile au manager ! et quand elle accepte de l’être, rien ne l’oblige à se dévoyer. »25

Nous ne pouvions écrire mieux pour expliquer nos propos préliminaires : Historia magister vitae.26 Ce dernier numéro de
l’année du bicentenaire d’Austerlitz, consacré aux rapports entre les finances et l’éthique, entre tout naturellement dans cette logique que définit si bien encore, Anne Pezet lorsqu’elle écrit que : « la construction stratégique de l’investissement… serait la synthèse de la stratégie et de la finance »27. Pas plus que les autres domaines, l’éthique des affaires n’échappe pas à cette règle de la synthèse des faits : « Un cas n’est rien d’autre qu’une pseudo-histoire d’entreprise » le constatent avec raison Luc Marmonnier et Raymond.-Alain
Thiétart28.

C’est donc par le cas Enron que nous ouvrons le dossier consacré à l’évaluation des entreprises et l’éthique qui, en huit articles, fait le point de la recherche managériale la plus poussée sur cette épineuse question et illustrée par des exemples qui dépassent largement le champ hexagonal pour s’implanter dans une vision globale et francophone du management financier.

Cette éthique qui, dans l’esprit de Lévinas dont l’année 2005 qui s’achève, marque le dixième anniversaire de la mort et l’année 2006 qui s’ouvre, le centenaire de sa naissance, n’est pas recherche de « perfectionnement ou accomplissement personnel » mais responsabilités à l’égard d’autrui à laquelle le moi ne peut échapper et qui est le secret de son unicité.

Car, comme l’expose le philosophe « les activités sociales, la science et la technique sont, dans la mesure où elles ont pour but de venir au
secours de l’homme, plus « religieuses » que toute forme de sacralité. »29 

« Il n’est de richesse que d’hommes »

Les relations entre la finance et les hommes et les femmes qui constituent les entreprises n’obéissent pas « à un modèle unique en matière de relation « compétitivité – emploi » mais au contraire un ensemble de relations complexes à la fois interactives, instables, susceptibles d’évolutions drastiques, y compris par les représentations humaines d’autre part. » Nous ne pouvons qu’adhérer à cette conviction défendue par Roland Pérez et Julienne Brabet dans une étude récente.30

C’est dans cet esprit que clôturer ce numéro par une étude empirique qui replace la « culture d’entreprise » souvent un peu oubliée par les
gestionnaires, dans la logique de son interaction sur le contrôle de gestion nous a paru en cohérence avec l’ensemble. Finis coronat opus…31 disaient les Anciens.

En achevant cette présentation consacrée à la Finance, il n’est pas interdit de formuler des voeux qui annoncent à la fois la
nouvelle année 2006 et le 1er numéro de cette 41e année de la revue qui sera consacré à différents aspects des ressources humaines et résumant après Bodin, auteur notamment de « La méthode de l’histoire »32, notre conviction profonde qu’« Il n’est de richesse que
d’hommes
.
»

(1) René-François Dumas est nommé président du tribunal révolutionnaire par Robespierre, le 8 avril 1794 en remplacement de Martial Hermann, jugé « trop mou ».
Dumas fut arrêté le IX thermidor et guillotiné, le lendemain, 28 juillet 1794 avec Robespierre et les principaux « terroristes » jacobins. C’est devant ce tribunal que comparaissent trente-deux fermiers généraux dont Lavoisier, pour malversations, profits excessifs, gratifications abusives, retards injustifiés dans les versements au Trésor et surtout fraude sur le tabac. La Ferme générale est accusée alors, d’avoir majoré ses profits par une « mouillade » excessive et d’avoir utilisé ces profits dans un « complot contre le peuple français tendant à favoriser par tous les moyens possibles le succès des ennemis de la France » (AN, W362, n° 785). Vingt-huit d’entre eux sont condamnés à la guillotine et exécutés le jour même : tous leurs biens sont confisqués. Lavoisier est le quatrième. Il est décapité en même temps que son beau-père Jacques Paulze, avec lequel il s’était spontanément rendu, après le décret d’arrestation contre les fermiers généraux du 24 novembre 1793. On pourra lire, à propos des fermiers généraux et de leur funeste sort notre info : « congrès internationaux : Paris largement dépassé, » page 123 de ce numéro.

(2) Titre décerné par Louis Pasteur à Lavoisier, lors du centenaire de l’exécution du chimiste, en 1894.

(3) Antoine-Laurent de Lavoisier, né et mort à Paris, 1743-1794.

(4) D’abord société de savants qui se réunissent dans la bibliothèque et sous la protection de Colbert à partir de
1666, cette assemblée prend le nom d’Académie royale des sciences lorsque Louis XIV en devient le « Protecteur » et lui donne un règlement. Elle est supprimée comme toutes les académies, par un décret de la Convention en 1793. En 1795, le Directoire rétablit un Institut national des sciences et des
arts. En 1806, Napoléon Ier transporte ce qui est désormais, l’Institut de France, dans l’ancien collège des Quatre-Nations. Bicentenaire de l’installation des cinq Académies au Collège des
Quatre-Nations. http://www.institut-de-france.fr

(5) Sophie Boutillier et Blandine Laperche, Savoir et recherche, la place des femmes : le cas de l’Université
du Littoral Cote d’Opale (Nord-Pas-de-Calais), cahiers de recherche du Lab. RII — documents de travail, n° 116, janvier 2006, p.3.

(6) A Trafalgar, près de Cadix, le 21 octobre 1805, les flottes françaises et espagnoles furent détruites par l’Amiral
Horatio Nelson. Pour célébrer le bicentenaire de leur victoire, les Anglais ont organisé le 28 juin 2005, une parade navale internationale, où étaient représentés 35 pays, sous la présidence de
la reine Elizabeth II. La France avait dépêché pour fêter la mort de 4 400 marins français et alliés et la destruction de 22 de ses navires, le fleuron de sa flotte, le porte-avions Charles-de-Gaulle !

(7) Le 2 décembre 1805, le jour du 1er anniversaire de son sacre, l’empereur des Français, Napoléon Ier remporte une
victoire décisive contre les armées coalisées du Tsar de Russie et de l’empereur du Saint empire romain germanique, François II qui, quelques jours après, au traité de Presbourg, devait constater
la dissolution du vieil empire germanique médiéval et prendre le titre de François Ier d’Autriche. Outre que cette victoire consacre le triomphe des idéaux révolutionnaires qu’incarne Napoléon Ier sur les souverains d’Ancien Régime que sont Alexandre Ier Romanov et François II de Habsbourg-Lorraine, il est à noter que le projet « Austerlitz 2005 » mis en place par plusieurs organismes internationaux et des sociétés savantes internationales, sous la conduite du gouvernement tchèque, comportait parmi les buts de cette commémoration: (www.austerlitz2005.com)

• « Inciter à mieux connaître l’histoire et la culture française…
• Permettre aux historiens du monde entier et à tout intéressé de se rencontrer… » Décidément, on comprend mieux l’absence de retentissement dans les instances officielles… « La République continue à ne pas avoir besoin de savants ! ». Heureusement que l’on ne sait pas très bien où se situe Alésia, sinon nos vaillants dirigeants s’y seraient précipités pour célébrer la défaite gauloise… Heureusement, il leur reste 2015, le 18 juin. Il est certain qu’ils se précipiteront alors en Belgique fêter le bicentenaire de Waterloo et laisseront de côté le Mont Valérien et le 75e anniversaire de l’appel à la résistance du Général de Gaulle ! Ne serait-ce pas lui qui fustigeait par avance certains de ceux qui viendraient après lui : « place aux doctes spécialistes de la décadence et de l’abdication…. » si l’on s’en réfère à Philippe Seguin.

(8) Joseph Roth, « La Filiale de l’enfer. Ecrits de l’émigration », traduit de l’allemand par Claire de Oliveira,
Seuil/Le don des langues, Paris 2005.

(9) Pendant la campagne d’Italie, lors d’une veille de bataille, il lui aurait été soumis le problème suivant : «
retrouver le centre d’un cercle (non marqué bien sûr) avec la seule aide d’un compas ? ». Il résolut ceci, qui désormais porte le nom de « problème de Napoléon » tandis qu’on appelle « théorème
de Napoléon » le texte suivant : « un triangle quelconque, construire sur chacun des côtes, vers l’extérieur, un triangle équilatéral. Construire le « centre » de chacun de ces triangles (point
de rencontre des médianes, hauteurs et bissectrices). Alors, le triangle formé par les trois centres est un triangle équilatéral. Source : Serge Etienne, professeur de mathématiques, Lycée Fesch, Ajaccio.

(10) Jean Tulard, président de l’Académie des sciences morales et politiques, texte de la conférence prononcée lors de la séance de cette Académie, le 9 janvier 2004.

(11) Jean Tulard, op. cit.

(12) Denise Bombardier, « La Démocratie émotionnelle », Le Devoir, 5 août 2003.

(13) Axel et Jean-François Khan : « Comme deux frères, Mémoires et visions croisées », Stock, 302 pages, Paris 2006.

(14) Eric Sartori : « Napoléon et ses savants », Masterclass de l’association Sciences et télévision, 3 juin 2004, www.sciences-television.com.

(15) Recommandations de l’Académie des sciences sur l’avant-projet de loi de programme pour la Recherche. Texte voté en séance le 22 novembre 2005 (modifié le 15 décembre 2005 par la suppression de la référence aux articles de la loi).

(16) Selon les résultats de l’équipe franco-lituanienne de Didier Raoult (CNRS-Université de la Méditerranée) sur une
fosse où s’ont ensevelis des soldats de la Grande armée à Vilnius, datant de décembre 1812 et mise à jour en 2001, près d’un tiers des soldats ont été victimes d’infections et de fièvres transmises par les poux plus que par les assauts des Cosaques.

(17) Source : Tableau de bord européen de l’Innovation, 5e édition, publiée par la Commission européenne, Bruxelles, 2006.

(18) André Boisclair a été élu le 15 novembre 2005, chef du Parti québécois à l’âge de 39 ans. Après avoir exercé les charges de ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration puis de la Solidarité sociale, de l’Environnement et enfin des Affaires municipales, il avait choisi à l’été 2004 de quitter ses fonctions pour parfaire sa formation en devenant étudiant en gestion à Harvard…

(19) Marc Nikitin – laboratoire orléanais de recherche (LOG), IAE, document de recherche « Utilité et méthodes de l’histoire pour les sciences de gestion » n° 1997-5, p. 11

(20) Yves Coleman : « Voter les yeux fermés : une curieuse conception de la démocratie ». http://www.mondialisme.org

(21) En 46 avant J.-C., après son triomphe officiel à Rome, César fit étrangler Vercingétorix dans sa prison romaine après six ans d’incarcération.

(22) En 9 après J.-C., Herman ou Arminius après les avoir attirées, dans un piège, massacra les trois légions romaines
menées par Varus dans la forêt de Teutberg. (23) Entretien avec Gérard Noisiel, auteur des « Fils maudits de la république, l’avenir des intellectuels en France », Nouveaux regards, n°29, avril-juin 2005.

(24) Anne Pezet, « Le management stratégique et financier de l’investissement: un siècle d’histoire de la décision
dans l’industrie française de l’aluminium », Finance Contrôle Stratégie, vol. 3, n° 3, septembre 2000, p. 157.

(25) Marc Nikitin, op cit., page 10.

(26) L’Histoire est maîtresse (enseignante) de la vie.

(27) Anne Pezet, op. cit., p. 159.

(28) Luc Marmonnier et Raymond-Alain Thiétart, « L’histoire, un outil pour la gestion ? », La revue française de gestion, n° 70, septembre-octobre 1988, p. 164-5, cités par Marc Nikitin, op. cit., page 5.

(29) Emmanuel Levinas (1906-1995), d’après l’édition francaise du Jerusalem Post, 7 janvier 1997.

(30) Roland Perez et Juliennne Brabet, « Management de la compétitivité et emploi : un cadre d’analyse », Humanisme et entreprise, n° 304-44, 05-273, 2005, pp. 14-66.

(31) « La fin couronne l’oeuvre » en traduction littérale.

(32) Jean Bodin (1529 ou 30-1596), « La méthode de l’Histoire », 1566.

n°229 La Revue des Sciences de Gestion – Editorial par Philippe Naszalyi – Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée

par Philippe NASZÁLYI, Directeur de la rédaction et de la publication

Qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas parce que ce 1ernuméro de 2008 est consacré au « marketing » que nous songeons à entrer dans un débat bien franco-français sur la popularité de telle ou telle personnalité.
Nous avons naguère rappelé, que faute d’idéal, de conviction ou de stratégie à long terme, une catégorie nouvelle de marketing était apparue : « e marketing politique » et que ce n’était sans doute pas le meilleur du genre. A l’heure où la France se prépare à élire ses conseils municipaux pour les 36 683 communes, après un septennat (la France cultive le paradoxe) de mandat de ses maires, et une partie des conseillers généraux qui vont gérer la centaine de départements qu’elle comprend, nous entendons nous tenir éloignés d’un combat qui n’est pas celui de notre revue, même si, comme le rappelle le premier article de ce numéro, l’art militaire a été transposé au marketing(1)…
La renommée qui nous intéresse ici, n’est donc pas celle éphémère et volatile que déversent jusqu’à satiété, les organismes de sondages, mais celle de la sagesse qui éloigne du clinquant et des apparences de la « ceinture dorée ». La « presse » lui donne aussi, ces temps derniers un terme qui y ajoute une idée de bruit ! Là encore nous
ne souscrirons pas à ce tohu-bohu qui éloigne de l’essentiel…
Notre sujet est plus proche des étoiles, si l’on peut dire. En effet, s’il est une urgence à réaliser pour rénover la Recherche en France, c’est
bien celle de la sortir du copinage qui prévaut dans les notations les plus diverses. L’on me dira, que seuls les pairs peuvent se juger et se jauger. C’est le vieux privilège de l’exception judiciaire ecclésiastique qui remonte plus ou moins laïcisée du Moyen-âge pourtant si décrié (à tort), par nos modernes trissotins patentés. N’est-ce pas çà aussi la « Kakistocratie »(2)?
Certaines commissions de quelques, oh ! combien prestigieux (naguère !), organismes, ne savent plus arbitrer entre leur tendance naturelle (et leur intérêt) à l’empathie corporatiste et l’analyse sérieuse et objective des réalités tangibles. On s’étoile entre soi comme nous l’avons démontré il y a peu, et ce n’est pas hélas, en France, l’apanage des universitaires. Il est vrai que là encore, le débat franco-français des SHS (sciences humaines et sociales) leur est mortel car elles se déconsidèrent quand ce n’est déjà fait, auprès des Pouvoirs publics (c’est-à-dire ceux qui décident de leur sort), de l’Etranger qui ne les comprend plus, et pas seulement parce qu’elles s’expriment en français ou dans un sabir proche de l’anglo-américain pour les auteurs qui ont choisi le renoncement de la « Collaboration », mais bien parce que de chapelles en copinages, de vessies en lanternes, de compromissions en plagiats, elles ont souvent perdu toute crédibilité parce que toute créativité.
Loin de tout cela, nous avons résolument choisi le « Grand large » c’est-à-dire, l’International dans sa diversité et l’Ethique dans son
unicité, et cela depuis des dizaines années(3).
International, ne veux évidemment pas dire perdre son âme en épousant tout ce qui vient « d’Outre quelque chose » pour avoir l’air de penser. « A trop épouser la mode on est trop rapidement veuf » aiment à le répéter les historiens et nous les suivons dans cette boutade !
Nous croyons que la pensée en gestion ou management, puisque là est notre spécialité, est ouverte dans ses champs d’expérimentation et donc d’analyse, aux entreprises privées, bien sûr, mais aussi, n’en déplaise aux « gestionnaires étroits », aux organisations que sont les associations ou les organismes de l’économie sociale, aux établissements publics de taille et de statut, variés comme les collectivités, les hôpitaux ou les universités dont nous analysions la gouvernance dans notre numéro précédent(4).
C’est parce que toute se gère que le management doit s’étendre aux différentes formes de culture et qu’il n’est pas une pensée unique, même si souvent il existe une pensée dominante.
Certains « capitalistes monétaristes », je préfère cette appellation qui ne galvaude pas le beau mot de « libéral », au sens que Tocqueville lui
donnait, ont ceci de commun avec les « communistes léninistes » qu’ils n’envisagent que l’extermination de leurs contradicteurs, par essence rabaissés au rang de « non-êtres » ou de « non-pensants ».
La France produit même, de temps en temps, des « rapporteurs » variés, aux multiples publications, aux livres nombreux, aux propositions définitives et impératives dont la vacuité rappelle à ceux qui s’en souviennent, les « savantes élucubrations constitutionnelles » de l’abbé Sieyès en 1799. Bonaparte enterra les propositions de
celui qui lui, au moins, s’était tu, durant les dix ans qui venaient de s’écouler, et l’on n’entendit plus parler ni de l’abbé, ni de ses propositions…
Que nos lecteurs non hexagonaux, (ils représentent la moitié de notre lectorat) me pardonnent d’avoir succombé à cette actualité désolante et purement locale, alors que nous développions l’aspect quasi universel et en tout état de cause, varié et multiculturel de la gestion et de ses approches.
Le deuxième axe que nous voulons renforcer est celui de l’Éthique. Sur le blog de la Revue(5), en attendant le site qui devrait être définitivement ouvert à l’été prochain, comme dans nos
éditoriaux, nous avons insisté sur notre détermination à combattre le plagiat si pratiqué par les revues de nos amis américains dont les meilleurs se battent pour l’expurger leurs publications(6).
Une Recherche originale, c’est aussi une recherche publiée par ses auteurs et non empruntée partiellement ou totalement au nom du malfaisant argument d’autorité.
Notre revue est déterminée à mettre en place, avec ceux qui le voudront, une labellisation éthique et de qualité qui balaie les critères des classements liés à la langue et/ou « purement postaux » des Américains du Nord et les copinages éhontés qu’on rencontre ici. Les étoiles qu’on distribue bien trop « curieusement » en France en
sont le signe. Rappelons à ceux qui les dispensent, que les sept dorées d’un Maréchal naguère, ne valaient sûrement pas les deux, fraîchement cousues d’un Général.
Le Comité Indépendant de Veille Internationale Stratégique (CIVIS) dont nous avions annoncé qu’il serait révélé dans ce
1ernuméro de 2008, est l’aboutissement et le commencement de ces
deux fondements.
Pour rendre efficace cette conception et la structurer, nous avons à développer des liens étroits avec des correspondants internationaux — ou des groupes de personnes – qui sont des références dans chaque région du monde.
Ces interlocuteurs auront pour fonction d’identifier, rassembler, présélectionner, les meilleurs travaux parmi les plus avancés dans tous les domaines des sciences de gestion dans quelle que langue que ce soit, afin de permettre leur publication.
Cette pensée managériale peut être formulée par les jeunes chercheurs comme par les plus chenus ou les plus reconnus aussi bien que par des hommes d’entreprise ou d’organisation pourvu qu’elle soit éloignée des modèles lus et relus. Nous voulons continuer à faire sourdre un management original et aider à le faire connaître dans un
cadre labellisé par l’Ethique.
Remercions les Professeurs Jean-Charles Chebat et Michelle Bergadaà qui ont accepté sans hésitation de nous
apporter leur soutien, leur prestige, leur dimension internationale et éthique et cela, depuis longtemps. Nous sommes partie prenante de leurs combats.(7)
Avec les réseaux, dont ils sont les têtes de pont, les professeurs, Claude Albagli avec le CEDIMES, et Claude
Martin
avec le Groupe PGV, étendent la dimension internationale de notre revue tant pour sa diffusion que pour l’appel d’air que
constitue la source de rédacteurs toujours plus nombreux.
Saïd Boumendjel (Algérie), Ion Stergaroiu (Roumanie)
et Jean-François Verne (Liban) sont à titre individuel, représentants de pays dans lesquels notre culture est particulièrement présente malgré les difficultés du développement ou
des crises violentes. Ils sont pour nous un modèle de travail à réaliser.
Nous espérons qu’ils seront rejoints pas d’autres personnalités, y compris, car c’est un des enjeux de notre démarche, hors de la zone
francophone.
Charles Waldman qui enseigne dans une Ecole à culture anglo-américaine (INSEAD), à deux pas de Paris, est le signe que tout partenariat, parce qu’il est fondé sur le respect et l’écoute de chacun, est notre objectif.
Enfin Ludovic François qui maîtrise les enjeux internationaux dans ses enseignements et ses responsabilités à HEC Paris, a accepté le lourd et ingrat travail du secrétariat-général, qu’il soit d’avance remercié.
« Bonne renommée vaut plus que ceinture dorée », la publication du CIVIS (nous ne pouvions résister à cet acronyme parlant) Comité Indépendant de Veille Internationale Stratégique 8en est l’application et prend tout son sens dans ce numéro spécial « Marketing ».
1. La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises, n° 230, pages 11 à 19.
2. Nous nous permettons de renvoyer nos lecteurs au numéro 226-227 La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises, page 8 notamment.
3. Comme les précédents, ce numéro en apporte le témoignage.
4. La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises, n° 228, pages 23 à 32.janvier-février 2008
5. Nous renvoyons nos lecteurs à notre blog et à ce remarquable jeu de l’été sur le plagiat.
6. Enders and Gary A. Hoover : « Whose Line Is It ? Plagiarism in Economics », Journal of Economic Literature, Vol. 42, No. 2 (June, 2004), pages 487-493.
7. Madame la Professeure Michel Bergada à d’HEC Genève (http://responsable.unige.ch/index.php) anime le site : « Internet : Fraude et déontologie selon les acteurs universitaires » ; « Ce site est dédié à tous les professeurs, assistants et étudiants qui refusent de fermer les yeux sur la fraude pratiquée via Internet et le plagiat des mémoires et des thèses ».
8. On trouve la liste complète du CIVIS avec les fonctions en page 2 de couverture de ce numéro.

n°213 La Revue des Sciences de Gestion – Editorial par Philippe Naszalyi – Quand le Journal Officiel montre le chemin…

Quand le Journal Officiel montre le chemin…

par Philippe Naszályi,

Directeur de la publication et de la rédaction.

Il paraîtra peut-être étonnant, à l’orée de ce dossier sur la « stratégie de la gouvernance » dans les entreprises, de s’arrêter sur un des fleurons du secteur public à la française qu’est le Journal Officiel (le JO)[1].

Incarnation du pouvoir de l’Etat, de ses lois et règlements, la Direction des Journaux Officiels, dotée d’un budget annexe voté chaque année par le Parlement, et la SACIJO[2] créée en même temps qu’était instaurée la liberté de la presse en France[3], sont devenues, en quelques années, un modèle de novations sociales et de management responsable.

Près de 1 000 salariés (non fonctionnaires) constituent le personnel de ces deux entreprises de service et d’intérêt général et de missions éminemment publiques[4].

Y développer l’apprentissage, comme cela se fait déjà dans quelques entreprises privées et, bien sûr dans le commerce et l’artisanat, était un pari raisonné et intelligent.

Pari d’abord, parce que, malgré l’évidence, les Elus de tous bords, les gestionnaires publics de tous niveaux rechignent – et c’est pitié – à ouvrir les innombrables métiers possibles dans la fonction publique à des jeunes en formation par le biais de l’alternance.

Les lenteurs, les blocages, la mauvaise volonté, viennent au secours de la lâcheté des hommes de gouvernement, qui préfèrent subventionner à profusion des emplois « parking » associatifs ou autres, des formations elles aussi « parking », que la réforme telle qu’elle a été menée jusque là du LMD[5] , ne fait que ravaler comme le « sépulcre blanchi » des Ecritures, mais surtout sauvegarder pour le plus grand profit des différents professionnels de la formation de tout acabit mais nantis.

C’est le « Tartuffe aux affaires[6] » qui s’est ainsi prolongé.

Pari raisonné et intelligent ensuite, sous l’inspiration et grâce à la ténacité constructive de l’un de ses sous-directeurs[7] rompu en la matière, qui a imaginé que l’on pouvait faire cohabiter dans une institution aussi riche en emplois différents que le JO, des apprentissages variés. Du CAP de restauration au diplôme d’Ingénieur des systèmes d’information en passant par des BTS variés, le JO offre une palette impressionnante de métiers tout en
privilégiant, comme il se doit, son métier cible, la publication de données avec son indispensable adaptation aux techniques de pointe actuelles et en devenir.

C’est la parfaite compréhension des enjeux de l’apprentissage qui ne peut être cantonnée, comme beaucoup se l’imaginent encore, dans des métiers traditionnels et de niveau faible de diplôme, mais bien, à l’instar de nos voisins allemands[8]au cœur même de l’enseignement supérieur et professionnel hautement qualifié.

Gageons que malgré le peu d’empressement de la Presse à valoriser ce modèle, il puisse inspirer enfin le secteur public français sous toutes ses formes, lui qui manque si cruellement de vision prospective dans le domaine du recrutement et de la formation. Car le développement de l’apprentissage constitue toujours une « bataille » qu’il faut mener, comme le prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes le conseille vivement[9].

Mais, loin de s’arrêter en si bonne voie, le JO est devenu également un modèle pour la formation de son personnel, en particulier dans l’application du Droit Individuel à la Formation (DIF). Peut-être parce que c’est sous ses « presses » que le premier exemplaire de la loi qui institue ce droit novateur[10] est apparu, que le JO a ouvert depuis le 1er janvier 2005, avant même que la loi ne le rende obligatoire, le DIF à ses salariés.

Rappelons que la loi prévoit un crédit de formation de 20 heures par année, cumulables sur six ans pour atteindre un maximum de 120
heures. Au JO, les salariés peuvent bénéficier par anticipation, dès la première année, d’une enveloppe de 60 heures de formation. L’entreprise a elle-même défini les actions prioritaires suivantes : techniques de communication, langues, développement personnel, cours par correspondance, préparation à la retraite et culture générale. Ces dispositions ont fait l’objet d’un accord signé mi-février 2005 avec les partenaires sociaux.

Il est encore trop tôt, contrairement à la mise en place de l’apprentissage, pour tirer un premier enseignement de cette action[11].

Notons encore que pour s’assurer du bon relais de l’information à propos du DIF à l’ensemble de l’entreprise, une session de formation
a été dispensée dès septembre 2004 à tous les chefs de service et à tous les membres de la Commission paritaire de formation professionnelle. Les cadres intermédiaires chargés de l’application du
nouveau dispositif ont été formés à leur tour au début de l’année.

N’est-ce pas cela aussi mettre en place une politique responsable ou tout simplement : « une stratégie de la gouvernance » ?


([1]) http://www.journal-officiel.gouv.fr/

([2]) SACIJO, Société anonyme de composition et d’impression des Journaux officiels, fondée en 1881.

([3]) Loi du 28 juillet 1881.

([4]) Les missions des Journaux officiels :

la Direction des Journaux officiels est chargée de l’édition et de la diffusion des textes législatifs et des principaux textes
réglementaires, de leur organisation en banque de données et de l’édition de débats parlementaires et annonces légales sur support papier et numérique.

([5]) LMD : abréviation pour Licence, Mastère, Doctorat, c’est-à-dire, l’application de la réforme européenne des accords de
Bologne dans la France du « post-bac ».

([6]) Kaltenbach, Pierre Patrick, Tartuffe aux affaires, génération morale et honneur politique – 1980-2000- Les éditions de
Paris, 2001.

([7]) Patrick Butor a été nommé depuis avril 2005, Directeur de la Population et des Migrations au Ministère de l’emploi, du travail et
de la cohésion sociale.

([8]) Hugonnier René, « Quand nous savons mieux que les Allemands former des apprentis » Direction et gestion des entreprises, page 9, n° 134, 1992.

([9]) Cambon Christian et Butor Patrick « la bataille de l’apprentissage » : une réponse au chômage des jeunes « préface
de Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de physique, Descartes et cie, Paris 1993.

([10]) Loi n° 204-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social

([11]) Pour tout complément d’information ; Sacha Lauzanne : téléphone : + 33 (0)1 40 58 75 04 ; télécopie
+ 33 (0)1 45 78 99 39 ; courriel : sacha.lauzanne@journal-officiel.gouv.fr

n°249-250

Editorial : « Raiffeisen, réveille-toi, ils sont devenus fous ! »

par Philippe Naszályi – Directeur de La RSG

Philippe NaszalyiCurieuse idée, et si peu universitaire, que cette apostrophe m’a-t-on dit ! Pourquoi donc, pour parler de finance ou d’« autre finance », et reprendre, pour le parodier en interpellant, le Père du Mutualisme bancaire1, cet appel des Praguois du 21 août 1968, après les Hongrois du 4 novembre 1956 et avant les Polonais du 13 décembre 1981, lorsque désespérés, ils pensaient lutter contre l’implacable dictature soviétique, en en appelant aux mannes de Lénine, pour les délivrer du cauchemar du « socialisme réel », qui se matérialisait dans des chars.

« Raiffeisen, réveille-toi, ils sont devenus fous ! » est bien le sous-titre d’un colloque dont Aude d’Andria a accepté le difficile challenge d’être la rédactrice en chef du cahier spécial. Un fort dossier de quatorze articles reprend quelques-unes des riches contributions d’un colloque international que notre revue avait patronné et que nous avions dirigé, le 8 octobre 2010 à l’université d’Evry-Val-d’Essonne.

En effet, le pari d’une revue comme la nôtre est, et demeure, de faire la place la plus grande aux innovations, aux réflexions qui bousculent voire aux « utopies » qui depuis Thomas More sont le signe de la richesse de l’invention et des désirs humains, et aux présentations moins académiques, parfois même moins abouties, mais qui sont les prémisses d’une pensée novatrice qui s’élabore, avec les risques et imperfections inhérents à cet exercice2. Nous l’assumons pour rester fidèles à notre vocation de soutenir une réflexion originale, souvent hors des chemins battus et rebattus du « prêt-à-penser », et toujours fondée sur les faits et les cas concrets, car la gestion et le management, tout comme la mère des disciplines, l’histoire, ne sont jamais « hors-sol » lorsqu’ils se veulent recherche et application et non pâles copies ou traductions plus ou moins fidèles.

La finance qui constitue le lien commun entre tous les articles de ce numéro du printemps 2011, est multiple. Elle constitue le sujet brûlant qui de G8 en G20, de FMI malencontreusement décapité en « Bâle III » inadapté, agite, meut ou émeut les dirigeants de la planète en quête de règles prudentielles et de certitudes dans un monde où les peuples semblent moins bien disposés à accepter que les normes demeurent comme elles étaient avant la Crise. Si le printemps arabe3, né en hiver comme la révolution de 1848 d’ailleurs, dont elle emprunte le qualificatif, séduit, après les avoir désarçonnés, les « Grands » de ce monde, on ne sait trop que penser de ce surgissement du mécontentement sans doute profond, qui commence çà et là à poindre dans la « Vieille Europe » au cri de ralliement d’un nonagénaire facétieux, et qui en agace tant, « indignez-vous ! ». On n’a sans doute pas fini de mesurer l’étrange puissance de réveil des consciences que le système pensait bien endormies par un « consommez plus ! », (et sans doute : « réfléchissez moins ! »), moderne réplique du « Enrichissez-vous ! » de Guizot !

La crise dont la déflagrante première partie s’est déroulée sous nos yeux, mais n’est certainement pas finie puisqu’aucun remède durable n’a été appliqué, a démontré aussi que cette « autre finance » qui constitue notre 2e dossier ne s’était pas toujours bien distinguée dans ses pratiques des financiers classiques. Comment, ces banquiers coopératifs et mutualistes français se sont-ils laissé entraîner dans la tourmente financière mondiale, se sont-ils livrés aux joies de filiales, sociétés anonymes, aux plaisirs des titres toxiques, aux dérapages internes et perdre ainsi, et le sens commun, et les valeurs morales ?

Gardons-nous toutefois, d’être des parangons de vertu ou des redresseurs de tort. Nous sommes en cela, convaincus, du bien-fondé
de la thèse fondamentalement explicative de Max Weber que « le problème majeur de l’expansion du capitalisme moderne n’est pas celui de l’origine du capital, c’est celui du développement de l’esprit du capitalisme4».

La solution n’est donc certainement pas dans la vertu, n’en déplaise à ceux qui veulent moraliser à tout prix l’immoralisable qu’est par essence, l’« amoral capitalisme »5. Elle ne viendra certainement pas des comités d’éthique, de ce nom d’origine grecque, donné pour faire accroire qu’il est plus moderne que la morale. Alors qu’elle n’est qu’un choix idéologique car l’éthique est signe d’individualisme alors que la morale, elle, entraîne une attitude responsable vis-à-vis de toute la société.

Ces institutions de la bonne conscience, créées çà et là, avec la bénédiction plus ou moins donnée en France, par un ancien
directeur-général du FMI qui comme Claudel a sans doute reçu la lumière, mais après avoir mis mal en point quelques états par ses méthodes. Il s’agit bien ici, qu’on ne s’y méprenne pas, de l’auteur du rapport au Premier ministre sur « la règle d’équilibre des finances publiques »6, Michel Camdessus. En toute logique libérale, mais pour être à la tête du FMI ne faut-il pas l’être, ce dernier ne voit pour causes de la crise que les dérives à corriger : « la course au rendement » est la première d’entre elles, » et l’« appât du gain », qui « exacerbe les errements de la nature humaine 7». L’Homme est donc coupable et le système est juste et simplement à réguler !

Notre intention, est-il utile de le préciser encore, n’est jamais de proposer une seule voie, fut-elle et a fortiori « autre », mais bien dans ce riche domaine de l’économie monétaire et financière de permettre le foisonnement des apports dont le 1er dossier que nous avons intitulé « ce qui se fait en finance classique» entend témoigner !

Les cinq articles que nous avons choisis pour l’illustrer, insistent bien sur les possibilités, dans le contexte donné, de mesurer les performances dans le cadre du développement, (nous avons constaté que c’est un point qui réunit les économistes et les gestionnaires de l’une et l’autre finance), de prévenir les risques y compris de manière normative, mais aussi, et cet article conclut opportunément le 1er dossier, par une question centrale, de rappeler le rôle dominant d’une monnaie et d’un système comptable pour des économies et des entreprises !

Puisque donc la solution ne vient pas de quelques « cosmétiques lotions éthiques », même issues d’un géant, encore français, il faut organiser une réflexion pour trouver un remède ou mieux une alternative à ce qui a failli et bien failli.

«Ce que fait et propose l’autre finance » est multiforme et peut être une réponse ou des pistes de solution que nous avons laissées à Aude d’Andria, le soin de collecter et de présenter. Comme elle le dit fort bien, « Si l’hétérogénéité apparente des contributions peut surprendre au départ, elle attesterait plutôt de la vitalité et des nombreuses perspectives potentielles autour des pratiques incarnant l’idée d’une « autre » finance ».

Laissons donc à nos lecteurs, le soin de découvrir, d’apprécier, de critiquer les méthodes et les réalisations…

Nous tenons à souligner que ce numéro, pour son 2e dossier « ce que fait et propose l’autre finance », a été facilité grandement  par la remarquable maîtrise des techniques de
communication par Internet des étudiants en alternance du département AES de l’Université d’Évry-Val-d’Essonne (DEUST travail social, Métiers de l’aménagement et des activités sociales,
(DEUST-MAAS), LP de management des organisations : aide et service à la personne, (LP-MAP) et Licence Administration des Territoires (L3-ADT), réunis dans l’association DTSE dont le logo
constitue le dessin d’arrière-plan de ce dossier. Qu’ils trouvent ici le témoignage de notre reconnaissance et de celle des auteurs.
Et puisque le colloque dont une partie des contributions est publiée dans ce numéro, était international, il convient de signaler
aussi, car ce furent les seuls, les entraves, blocages et difficultés de tous ordres faits à la libre circulation des intervenants, par les services consulaires français au Cameroun.
Comme dans « le printemps arabe », les moyens de communication ont eu raison de ces attitudes révélatrices d’un autre âge et qui portent gravement atteinte à l’image de la France et à son universalisme intellectuel !« À la longue le sabre est toujours vaincu par l’esprit » !
Philippe Naszályi

 

1. Ph. Naszályi, Crédit coopératif, histoire et actualité ; l’héritage de Raiffeisen (1818-1888) et Schultze-Delitzsch (1808-18885) in Economie sociale et solidaire, Nouvelles trajectoires d’innovations sous la direction de Sophie Boutiller et Sylvain Allemand, collection Marché et Organisation, L’Harmattan, 236 pages, 2010.

2. Notre revue relaie volontiers l’appel : « Renouveler la recherche et l’enseignement en finance, économie et gestion pour mieux
servir le bien commun », voir page 47.
3. Notre revue s’associe d’ailleurs à cette importante réflexion sur les « nouveaux enjeux, nouvelles perspectives économiques et sociales des pays de la rive sud de la Méditerranée », organisée conjointement par les Universités de Tunis, Carthage et Nice Sophia Antipolis, voir page 46.
4. Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1904-1906). Traduction par J. Chavy, Plon, 1964.
5. André Comte Sponville, Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel (ISBN 978-2226142207) ; rééd.
Le Livre de Poche, 2006 (ISBN 978-2253117223) ; rééd. avec une postface inédite, Albin Michel, 2009 (ISBN 978-2226192912).  Voir à ce sujet l’article du Monde.
6. Michel Camdessus, Réaliser l’objectif constitutionnel d’équilibre des finances publiques, Rapport au Premier ministre,
Paris ; La Documentation française (Collection des rapports officiels), juin 2010, 58 pp.
7. Cité par Anne-Bénédicte Hoffner, in La crise des marchés financiers
tient aussi à une dérive éthique
, La Croix, 28 janvier 2008.

n°235 La Revue des Sciences de Gestion – Editorial par Philippe Naszalyi – Spécial rapport au président de la CGE

Cherchez ! Et vous trouverez !*”

par PhilippeNASZÁLYI

Directeur de la rédaction et de la publication

L’on dit souvent que notre revue est un peu trop académique pour les entreprises et les organisations. L’actualité nous montre qu’elles ont pourtant bien besoin d’analyser, comparer, réformer leurs modes de gestion dans un cadre respectueux de l’environnement et des cultures humaines. Nous ne cesserons de reprendre comme un « leitmotiv » cette sentence de deux remarquables universitaires américains qui, comme nous, déplorent que « les pratiques managériales ne font qu’un usage très limité des connaissances accumulées par la recherche en management1 ».

Si la crise pouvait enfin faire comprendre à ces gens trop pressés, trop accaparés, trop occupés, trop importants, trop pragmatiques, trop proches du terrain et les « mains dans le cambouis » qu’à force de négliger de se poser, pour réfléchir à la qualité de leurs entreprises, ils ont souvent conduit leurs organisations à la faillite et l’économie là où elle est, présentement.

La sagesse populaire depuis longtemps donne tort à ces activistes, « bourreaux de travail » qui pensent que l’agitation ou le temps occupé coûte que coûte sont signes de l’oeuvre. Antequam Agatis Cogitate, dit depuis Rome, le sens commun !

Beaucoup de nos faillis ou en passe de l’être, ont une vision péjorative de la pensée « académique » des universitaires, qu’ils pourraient comparer s’ils en connaissaient l’auteur, aux « êtres des nuées », qu’Aristophane « nomme » philosophes. Ce jugement nuit gravement à la transformation devenue inéluctable d’une économie en crise, n’en déplaise à ces butors.

Comme Károly Polányi, nous estimons plus que jamais que c’est l’innovation sociale qui peut remettre la société et donc l’économie qui lui est incluse, en état. On ne peut désormais qu’adhérer à cette vision « austro-hongroise », qui nous est personnellement douce, et qui constatait déjà en 1944, que le marché autorégulé « ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en désert2 ».

Nous y sommes.

C’est donc tout naturellement que notre revue, au sens large que nous donnons au mot de gestion, depuis 1965, direction et gestion, ou celui encore plus large qui lui vient par sa racine latine du supin du verbe : gero, is, ere, gessi, gestum« s’occuper de » qui trouve donc tout naturellement sa vocation, dans le contexte d’appréhender l’activité humaine dans sa complexité au service du seul sujet qui vaille : l’Homme.

Ce n’est pas grandiloquence que de l’écrire et de le répéter, c’est cette conviction qu’il faut souvent réinsuffler devant le matérialisme
destructeur qui conduit vers les « offres d’une amélioration économique non dirigée » pour reprendre encore l’idée de Károly Polányi3.

Là encore, nous y sommes !

Dans l’introduction du numéro qui clôturait l’année 20084, nous voulions placer 2009, qui s’ouvre avec sa cascade de cataclysmes environnementaux, financiers, économiques et sociaux, sous le signe des propositions que politiques et « experts », au discours usé jusqu’à la corde, sont incapables même d’envisager, en dehors des sentiers battus et des recettes inopérantes.

Cette force de propositions ne peut se fonder que sur la réflexion profonde, sur les bases ou les fondements d’une nouvelle « recherche
susceptible de déboucher sur des productions de richesses nationales disruptives, économiquement exploitables et créatrices d’emplois
5 ».

Parce que les Grandes écoles sont en France, un élément constant de la formation supérieure et cela depuis le « siècle des Lumières », on l’a souvent oublié ; Parce que les Grandes écoles, organisées, variées, souvent plus démocratiquement ouvertes qu’on ne le dit, à la formation sont un membre de l’« Universitas » au sens générique que nos partenaires ou concurrents, y compris l’inénarrable « Classement de Shanghai », placent sous le vocable d’université ; Parce qu’enfin, les Grandes écoles participent, dans une mesure qu’on connaît souvent mal, à la « Recherche » au sens générique que lui donne notamment le processus de Bologne auquel notre revue entend activement et pleinement participer et sa déclinaison euro méditerranéenne de Barcelone ; nous avons choisi de consacrer ce premier numéro de 2009 à la publication du rapport sur à la Recherche « dans les Grandes écoles et ailleurs », dans le cadre de l’analyse de l’existant, mais aussi de la prospective originale d’une « recherche plus autonome, plus inventive et plus entrepreneuriale6 », qui correspond bien à la volonté novatrice permanente des sciences de gestion au service des organisations humaines.

Ce rapport à lui seul interroge profondément notre société qui ne veut toujours pas remettre en cause ses modes sociaux et par le fait même, réellement l’organisation de la formation et son corollaire qu’est la recherche.

« La République n’a pas besoin de savants ! »

Nos lecteurs savent que, comme l’apôtre Paul, nous pensons qu’il faut sans cesse rappeler que des réformettes ne font pas évoluer d’un pouce une  société en panne de sens. « Interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire7 »

Il y a quelques années, nous avions marqué notre réprobation des modèles d’évaluation de la science en reprenant ce mot terrible de président du tribunal révolutionnaire à Lavoisier : « La République n’a pas besoin de savants !8 ».

Plus que jamais, et paradoxalement mais en apparence seulement, nous faisons nôtre aujourd’hui, cette phrase apparemment barbare, « La République n’a pas besoin de savants ! ». Nous n’avons effectivement pas besoin de ces savants qui comme Scott Reuben, surnommé comme l’escroc de la finance, « Dr Madoff » par les
Américains qui ont, semble-t’il, pléthore de ces hommes bien intégrés dans leur système, et truquent leurs publications pour obtenir, subventions pour leurs labos, honneurs et récompenses pour eux-mêmes. « Tel a été le sujet du dernier rapport publié en 2002 par l’Académie américaine des sciences : « Integrity in Scientific Research : Creating an Environment that Promotes Responsible Conduct9 ». Ce dernier rapport insiste non seulement sur la pratique de laboratoire, mais aussi sur la nécessité de gérer les hommes et de trouver des financements, deux aspects sources de conflits entre les financeurs et les chercheurs10 ».

Qu’on ne nous dise pas qu’il s’agit d’abus, dans la lignée du Coréen Hwang Woo-Suk, prétendu auteur du clonage humain en 200411ou du célèbre physicien allemand Henrick Schön12. Tous ces « savants », tous ces chercheurs ont été sélectionnés par NatureScience ou Applied Physics Letters, qui font autorité dans ce monde si « calibré » de la Recherche scientifique avec un grand « R ». Ce monde qui joue avec les « marchés ». Ces initiés qui répondent aux critères de Shanghai lesquels sont désormais la seule référence pour ceux qui ne croient qu’en une évaluation quantitative. Ils tiennent pour le malheur de la Recherche, le haut du pavé, encore !

La communauté scientifique peut bien nous montrer, avec raison pour partie, que l’abus a toujours existé et que le faussaire Vrain-Lucas, escroqua le grand mathématicien Michel Chasles et par lui, ridiculisa toute l’Académie des Sciences en sa séance du 8 juillet 186513. C’est le processus même sur lequel repose la « sanctification scientifique » qui est mis à mal, avec les implications sociétales que cela entraîne. L’un des points qui animait le patriote Chasles dans cette correspondance hallucinante qu’il acheta au faussaire, et présenta à ses pairs, tenait en cet espoir de pouvoir attribuer au « Grand Pascal », l’idée de la gravitation plus de vingt ans avant Newton.

Pour des raisons mercantiles et non patriotes, il fallut une négociation au niveau le plus élevé de l’État, pour que les Français au même titre que les Américains se voient attribuer, la découverte du virus du SIDA en 1983.

C’est dire que s’approprier la découverte ou plus simplement la pensée de l’autre ne peut que se banaliser dans cet univers. La raison financière du système même de l’évaluation et donc du fonctionnement le provoque inexorablement.

Ces pratiques frauduleuses sont désormais étroitement intégrées par le mécanisme même de la Recherche et ne sont plus qu’en apparence des faits personnels délictueux. La logique même de leur commission des actes est donc devenue d’une tout autre nature. C’est le plagiat qui se multiplie comme le démontre l’enquête auprès de 127 rédacteurs en chef de revues économiques anglo-américaines14 (celles-là même que l’AERES, à la suite de la section 37 du CNRS, classe en rang A, pour évaluer les chercheurs français et leurs équipes, leur accorder en vertu de la législation récente, les équipements, les postes et les financements !).

Ce choix d’évaluation des chercheurs et de classement des laboratoires et des centres de recherche est donc pas nature idéologique ou pire, fondé sur la méconnaissance de tout ce qui n’est pas anglo-américain. C’est une négation de ce qu’est l’Europe en devenir, négation de l’espace euro-méditerranéen qui nous concerne tant ou négations des mondes latins des Amériques, pour ne retenir que de proches et nombreux parents qui ont des modèles de pensée et de management originaux. La preuve nous est assénée même, par l’introduction du rapport de la section 37 du CNRS15 dont les conclusions de classification des revues ont été plagiées et de la pire sorte qui soit, par l’AERES : « Nous n’ignorons pas qu’il existe des revues excellentes publiant en allemand, espagnol ou italien et il est parfaitement légitime pour un chercheur d’y publier. Cependant la section ne s’estime pas compétente pour procéder au classement de telles revues ».

Ces pratiques totalitaires rappellent les capitulations idéologiques qu’il ne faut pas hésiter à rapprocher des heures sombres de notre histoire par la « collaboration » de certains intellectuels avec le vainqueur apparent d’alors.

On retrouve toujours cette perte du sens qui traverse l’Histoire, et justifie sans cesse, le titre de l’ouvrage bien connu de Julien Benda :
« La trahison des clercs ».

Bien plus encore, l’ignominie le dispute au ridicule, lorsque l’on peut trouver après le calcul automatique des étoiles (a-t’on d’ailleurs
besoin d’un « expert » pour cela ?) des qualifications qui font rire partout : enseignant « non-publiant » (car pas dans une revue anglo-américaine), mais « publiant » car ayant commis de nombreux articles sélectionnés dans d’autres revues de qualité à comité de lecture et ne figurant pas la plupart du temps, dans la « liste officielle publiée par le Kominterm »… Il convient que nos lecteurs étrangers se délectent de ces perles qui auraient ravi Gogol ou Courteline, voire Alfred Jarry.

Le drame toutefois, est qu’il s’agit de la Recherche en France et que le sujet, comme son développement ou sa promotion, mériterait mieux que ces évaluations indispensables, compte tenu des abus manifestes de certains enseignants-non chercheurs, mais qui demeurent partielles pour ne pas dire partiales, et en tout cas, sectaires. Espérons que nous serons entendus en « haut-lieu », car si les « historiens16 » ont su faire évoluer le système naissant, avec intelligence, nos disciplines, faute d’organisations crédibles ou indépendantes des financiers et des pouvoirs publics qui emploient beaucoup de leurs représentants, sont livrées aux palinodies mercantiles des trissotins mandatés.

Si comme le déclare au Monde17, le président du comité d’éthique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Jean-Claude Ameisen, il faut « Valoriser l’intégrité et pas seulement la compétition », il y a fort à faire alors, avec les critères quantitatifs des dignes héritiers de la pensée positiviste du XIXe siècle qui sied tant aux libéraux. Cette bibliométrie imposée comme évaluation aux chercheurs français qui protestent à juste titre contre ses critères d’un autre âge, illustre une idéologie dont tout montre chaque jour qu’elle se meurt, qu’elle est morte, parce que fondamentalement inepte et inefficace18.

Un des disciples de Raymond Barre nous rapportait, il y a peu à Nice, la réflexion de celui qui fut le « 1er économiste de France » et s’estimait heureux dans sa vie d’avoir publié huit articles contenant au moins une idée originale. « Vaut-il mieux un chercheur qui a découvert une seule idée brillante publiée dans un seul article, mais qui est beaucoup cité ? Ou bien un chercheur qui a publié d’innombrables articles, mais qui ne sont cités chacun, qu’une seule fois19 ? ».

La reproduction à l’infini sous forme de citations, dans un « facteur h », appuyé sur des calculs incontrôlés, invérifiés et invérifiables de trois moteurs de recherche20 ne peut répondre non plus, de manière satisfaisante à des critères sérieux d’évaluation. 40 % seulement des données de ces moteurs de recherche sont communs ; que fait-on des 60 autres % pour constituer l’évaluation ?

Quant aux homonymies innombrables dans les revues à l’américaine qui ne citent que le nom propre des auteurs, elles viennent atténuer encore la fiabilité des systèmes de reconnaissance des auteurs cités. Nos lecteurs auront remarqué d’ailleurs que La RSG, plus rigoureuse en la matière, demande à ses auteurs de préciser au moins la 1re lettre du prénom dans chaque citation d’auteur, afin de lutter contre ce fléau qui rend ascientifique tous les autres modèles pourtant cotés A.

Ces évaluations sont pourtant nécessaires voire indispensables. Un maintien du système actuel ou sa généralisation par des commissions « d’experts » élus du fait de leur appartenance à un syndicat, serait à coup sûr une régression, même si certains, à l’instar du CNU21, le souhaitent pour rester dans les petites combines d’appareils, les marchandages des mandarins et les copinages22 plus ou moins locaux qui ruinent au yeux de tous, et d’abord des politiques, souvent très injustes, car ignorants des réalités, l’excellence de bien des domaines de la cinquième Recherche du monde.

L’évaluation demeure donc bien compliquée à rendre signifiante et « le jugement des pairs » qui parfois semble la panacée pour certains, « peut » comme aime à le dire notre tout récent Prix Nobel de médecine, Luc Montagnier, « être aussi très sclérosant et empêcher l’innovation23 ».

L’exemple de la résistance de l’Académie de médecine aux idées novatrices de Pasteur est là pour rappeler à tous, la grande modestie qu’il convient d’avoir en ces domaines où certitude règne souvent avec intolérance, conservatisme et étroitesse d’esprit. La pensée officielle est tout aussi annihilante pour la Recherche, qu’elle peut
être génératrice de progrès lorsqu’elle signifie volonté politique et mise en place de moyens adaptés, comme ce fut le cas en France, notamment pendant la période gaullienne. C’est sans doute là
que le bât blesse le plus, aujourd’hui.

La planification a disparu, et avec elle, l’expression d’une alliance entre le possible à moyen et long terme, préparé par des experts
qualifiés, et les moyens mis à disposition par la volonté politique démocratiquement élue. La petite comptabilité de boutiquier qu’on veut imposer à la Recherche au nom de la démocratie qui demanderait des comptes à ceux qu’elle finance, tente (mal) de masquer « l’insuffisance de méthodologie pour l’élaboration de la stratégie et le défaut d’implication du Gouvernement, qui se traduisent par l’absence de choix prioritaires24 ». Que ce soit au niveau des choix scientifiques ou technologiques, comme pour ceux des autres disciplines, notamment celles de l’homme et de la société, « l’insuffisance institutionnelle dans le pilotage de la recherche » est patente.

Elle témoigne de l’absence de structure « chef de file » plutôt interministérielle et au moins rattachée à la tête de l’Exécutif, pour
éviter que le rapport gouvernemental comme le démontre l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques, ne soit « qu’un panorama exhaustif de l’ensemble des pistes suivies », au lieu d’être « un instrument d’orientation entérinant une volonté publique ».

Si « l’homme d’avenir a bien les yeux tournés vers le passé », comme le disait en substance, Ernest Renan, un autre pourfendeur du Comtisme si nuisible et si répandu dans nos classes dirigeantes internationales, la remise au goût du jour, dans une sorte de morbidité sclérosante des recettes passées, par absence totale de courage, d’ambition et d’espérance, est le crime par excellence, celui de la faute (ou du péché) contre l’esprit, celui qui dans ce monde, comme un autre, demeure irrémissible.

L’espérance est notre conviction et nous incite à placer en exergue de ce très talentueux et original « Rapport de la commission recherche
et transfert à l’attention du Président de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) »
cette sentence qui pourrait aussi bien être inspirée par celle que Platon pense être la mère du « passage25 » ou celle à laquelle Hésiode attribue la qualité de savoir « plus de choses que tout dieu ou homme mortel26 », Métis qui figure en titre de l’étude que nous avons choisie pour constituer ce numéro : « Qui cherche trouve27 ! »

* Luc 11 – 9.

1. http://dx.doi.org/10.1051/larsg:2007048, Jeffrey Pfeffer et Robert Sutton, « Hard Facts, dangerous
half-truths & total nonsens Harvard Business School Piess.
2006. Faits et Foutaises dans le Management » traduction de l’américain par Sabine Rolland, Editons Vuibert, Pans 2007. 255 pages. Présentation de l’édition française par Hervé Laroche, professeur de stratégie et management à l’ESCP-EAP. Paris.

2. Polányi Károly, La Grande Transformation (1944), Gallimard, Paris, 1983, 420 pages, page 22.

3. Polányi Károly, La Grande Transformation (1944), Gallimard, Paris, 1983, 420 pages, page 60.

4. http://dx.doi.org/10.1051/larsg/2008051 ; Ph. Naszályi : « nous pensons développer les termes de la Recherche et de l’innovation qui sont
un volet fondamental, après le travail, d’une refondation du système économique et social, dans les numéros à venir »
, Consummatum est ! Numéro 234, novembre-décembre 2008, page 5.

5. Cf. page 19 de ce numéro.

6. Cf. page 20 de ce numéro.

7. Paul, apôtre, Lettre à Timothée, 2 Tm 3 – 14 – 4.

8. http://dx.doi.org/10.1051/larsg:2005040, Philippe Naszályi, La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion, n° 216 (2005) 5-9 DOI : 10.1051/ larsg : 2005040

9. National Academy of Science, Responsible Science : Ensuring the Integrity of the Research Process,
Washington, 1992. p. 37.

10. Girolamo Ramunni, « La fraude scientifique », La Revue pour l’histoire du CNRS, N° 9 — novembre 2003, mis en ligne le 30 octobre
2006. URL : http://histoirecnrs.revues.org/document566.html. Consulté le 12 mars 2009.

11. Jacques Testart, « L’affaire Hwang Woo-suk ou les dérives de la sciencespectacle », Le Monde, 4 janvier 2006.

12. « Dark Secret of Hendrik Schon », Physists and Physicists, 29 th september 2006.

13. G. Lenotre, « L’affaire Chasles ou l’arnaque Vrain-Lucas ou Comment escroquer un membre de l’Institut de France », Historia n° 57, août 1951.

14. Thomas Bartlett and Scott Smallwood Four Academic Plagiarists You’ve Never Heard Of : How Many More
Are Out There ? Chronicle of Higher Education, 2004, december 17.
http://chronicle.com/free/v51/i17/17a00802.htm (consulté le 15 mars 2009).

15. Denis Bouyssou, Introduction à Catégorisation des revues en Économie et en Gestion Section 37 (Économie / Gestion) du Comité National de la Recherche Scientifique (CNRS), Octobre 2007, page i.

16. La forte réactivité des historiens notamment, a permis une révision des classements de revues par l’AERES pour tenir compte des la qualité réelle.

17. Le Monde, 21 mars 2009, page 20.

18. Nos lecteurs liront avec profit : « Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront réussir leur évaluation ». http://contretemps.eu/interventions/petits-conseils-enseignants-chercheurs-quivoudront-reussir-leur-evaluation.

19. Maya Beauvallet, « Les Stratégies absurdes. Comment faire pire en croyant faire mieux » Éditions du Seuil – La Martinière, 150
pages, Paris 2009.

20. Google scholar, WoS et Scopus.

21. CNU, Conseil National des Universités. C’est l’instance nationale compétente en France à l’égard du recrutement et du suivi de la carrière des enseignants-chercheurs. Il est composé de 77 sections représentant les discipline, qui sont élues qui désignent en son sein un Bureau : président, vice-président…

22. http://dx.doi.org/10.1051/larsg:2007031 ; « Graecia capta ferum victorem cepit… ou « Messieurs, il est cinq heures, le cours est terminé
»
, Philippe Naszályi, La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion, n° 226-27 (2007) 5-10 DOI : 10.1051/larsg : 2007031, page 9.

23. Entretien de l’auteur avec Luc Montagnier aux Etats généraux des CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie) : 1resrencontres à Evry sur l’Innovation, 4 juin 2008.

24. Claude Birraux et Christian Bataille : « Rapport sur l’Évaluation de la stratégie nationale de recherche en matière d’énergie », enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale, annexe au procès-verbal de la séance du 3 mars 2009. Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques.

25. Platon, Le Banquet.

26. Hésiode, Théogonie.

27. Luc 11 – 10.

n°213 La Revue des Sciences de Gestion – Stratégie de la gouvernance

Editorial (pdf)
Télécharger tous les résumés (pdf)

>>Quand le Journal Officiel montre le chemin… (pdf)

Dossier : Stratégie de la gouvernance
>> Histoire et mémoire de la pensée stratégique
>> Changement stratégique et gouvernance
>> Le modèle de création de valeur « EVA-MVA »
>> Cumul des fonctions dans les conseils d’administration
>> Génération et transfert de connaissance
>> Approche culturelle des rapports entre Tunisiens et Occident
>> Mesure de la performance d’une alliance

Hors dossier
>> Prise de décision d’achat au sein du couple

> L’attitude à l’égard d’Internet : la vente de disques

>> Rubrique des livres (pdf)

>> Infos de la rédaction (pdf)

n°216 La Revue des Sciences de Gestion – Spécial finance et responsabilité éthique

Télécharger ici tous les résumés des articles (pdf)

>> « La République n’a pas besoin de savants ! »(pdf), éditorial parPhilippe Naszalyi

Dossier : Finance et responsabilité éthique

>>L’éthique des affaires : le cas Enron
>> Légitimité et réglementation dans la gouvernance dans les sociétés américaines et françaises
>> Indépendance des analystes lors de l’introduction en bourse
>> Pratiques comptables et système d’information des PME
>> Évaluation des options sur obligations
>> Stratégie d’innovation, diversification et gestion des résultats
>> Diversification des firmes et appréciation des marchés
>>La performance des fonds obligatairesfrançais

Hors dossier
>> L’actualité de la gestion (pdf)
>>Culture d’entreprise et contrôle de gestion

Vous retrouverez également dans la publication papier des appels à communication, à papiers, présentations de colloques… inédits.

n°218 La Revue des Sciences de Gestion – Intelligence économique et stratégie de l’innovation

Télécharger ici tous les résumés des articles (pdf) 

>> « Et nunc reges intelligite ! »(pdf), éditorial parPh. Naszalyi

Dossier : Intelligence économique et stratégie de l’innovation

>> Veille anticipative et intelligence collective : usages
innovants
>> Veille et organisation : enjeux pour l’innovation ?
>> Hypercompétition, rentes et brevet : le management des droits de la propriété industrielle
>> Fusions-acquisitions : le choc des cultures
>> Intelligence
économique et PME
>> Dynamisme et stratégie des groupes pharmaceutiques
>> L’alignement de
projets : une démarche systémique
>> L’utilisation des canaux à distance : le point de vue des dirigeants de banque
>> Impact des
technologies sur les performances commerciales
>> Vers une meilleure gestion des interfaces de la « supply chain »

Hors dossier

>>
L’actualité de la gestion (pdf)
>> Faut-il chercher chez Delaporte, les bases
de comptabilité du XXIe siècle ?

Vous retrouverez également dans la publication papier des appels à communication, à papiers, présentations de colloques…
inédits.

n°228 La Revue des Sciences de Gestion – Impact de la gouvernance – PME et finances – Finances de marché

La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 228, novembre-décembre 2007

Lire les résumés des articles ; Abstract – Resumen
FAITS ETFOUTAISES DANS LEMANAGEMENT»OU« HARDFACTS,DANGEROUS HALF-TRUTHS&TOTAL NONSENSE» !
par Philippe Naszályi
Lire les résumés des articles ; Abstract – Resumen
IMPACT DE LA GOUVERNANCE
LA CRISE COMME STRATÉGIE DE CHANGEMENT DANS LES
ORGANISATIONS PUBLIQUES
par Claude Rochet et Olivier Keramidas
EFFICACITÉ DUCONSEIL D’ADMINISTRATION EN TANT QUE MÉCANISME DE GOUVERNANCE DANS LES
ORGANISATIONS UNIVERSITAIRES EN BELGIQUE
:UNE ÉTUDE EXPLORATOIRE
par Antonios Mpasinas et Alain Finet
LE ROLE DU SYSTÈME DE GOUVERNEMENT D’ENTREPRISE DANS LE DÉVELOPPEMENT DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE:UNE ÉTUDE EMPIRIQUE DANS LE SECTEUR AGRO-ALIMENTAIRE TUNISIEN
par Habib Affes et Jamel Chouabi
LES DETERMINANTS DE LA RENTABILITÉ:UNE ÉTUDE APPLIQUÉE AUX VALEURS CULTURELLES AMBIANTES DANS LES
INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES AUCAMEROUN.
par Lucien Kombou et Jules Roger Feudjo
 
L’actualité de la gestion par Philippe Naszályi
Lire les résumés des articles ; Abstract – Resumen
PME ET FINANCES
 
LA CONTRIBUTION DE VARIABLES PROPRES AUXPMEET À LEUR DIRIGEANT DANS L’EXPLICATION DE LA STRUCTURE D’ENDETTEMENT DESPME
par Olivier Colot et Mélanie Croquet
TPEEN DIFFICULTÉS, TPESAINES:QUELLES DIFFÉRENCES? MÉTIERS DE L’ARTISANAT
par Alain Rivet
RESTRUCTURATIONS BANCAIRES,CHANGEMENTS ORGANISATIONNELS ET RELATIONBANQUE-PME
par Ghassen Bouslama et Mehdi Nekhili
Lire les résumés des articles ; Abstract – Resumen
FINANCES DE MARCHE
 
RISQUES,COMPORTEMENT BANCAIRES ET DÉTERMINANTS DE LA SURLIQUIDITÉ
par Robert Wanda
INTERACTION ENTRE CLAUSE DE REMBOURSEMENT ANTICIPÉ
D’UNE OBLIGATION ET RISQUE DE DÉFAUT
par Marion Goffin
EFFET DE LA PRIVATISATION SUR L’IMPORTANCE DESSTAKEHOLDERS,FONDEMENTS THÉORIQUES ET ÉTUDE MONOGRAPHIQUE
par Sabri Boubaker et Tarek Salaani
Lire les résumés des articles ; Abstract – Resumen
COLLECTIVITÉS LOCALES : « Comment optimiser la performance de votre gestion comptable et financière », compte
rendu du séminaire de formation du 8 novembre 2007, organisé par le Réseau Idéal, en partenariat avec Sage, l’Ordre des Experts-comptables et La RSG

n°220-221 La Revue des Sciences de Gestion – Gouverner l’entreprise

>> « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » (PDF), éditorial par Philippe Naszályi, directeur de LaRSG, page 5 

Dossier : Gouverner l’entreprise
>> L’odyssée d’un concept et les multiples figures de l’entrepreneur
par Azzédine Tounes et Alain Fayolle, page 17
>> Le profil du dirigeant comme variable explicative des choix de diversification en agriculture
par Vincent Lagarde, page 31
>> L’incomplétude et l’incertitude dans la
relation de travail
par Sandrine Frémeaux et Bernard Baudry, page 43
>> Aide à la décision par l’analyse
sémantique des interactions dans l’organicube : modèle d’entreprise
par Yvan Kowalski et Marino Widmer, page 49
>> Méthodologie d’aide à la structuration et à la formalisation des textes juridiques
par Rim Faiz,
page 61
>> Qualité du résultat, mécanismes de gouvernance et performance boursière des firmes Internet
par Inès Messaoud, page 73
>> La validation de l’alignement de projets sur la stratégie d’organisation : le cas du canal de Panama
par Jean-Paul Paquin, Alain Le Méhauté, Serge Raynal et Tamás Koplyay, page 85
>> Réseaux d’alliances et asymétries du pouvoir — Microsoft et les navigateurs Internet
par Rached Halloul, page 95
>> Performance et mesure de la décision : réflexions théoriques et applications sur le cas Tunisien
par Ziadi Jameleddine, page 107

Dossier : Apprentissages organisationnels

>> Attention et formes réticulées d’organisation : le cas des communautés cognitives
par Alain Cucchi, page 125
>> L’apprentissage organisationnel et individuel dans le processus de décision
par Marc Bollecker et Laurence Durat, page 139
>> Réflexions sur la construction de l’identité de cadres industriels à l’épreuve de la mobilité internationale
par Philippe Pierre, page 149
>> Comment les signaux d’alerte, nommés « erreurs », agissent-ils sur les liens entre les jeunes diplômés et leurs hiérarchiques ?
par Christian Bourion, page
159
>> Le transfert de compétences au sein des alliances interentreprises euro-méditerranéennes en question : Le cas des entreprises tunisiennes et égyptiennes
par Karim Said, page 177
>>
Les cadres intermédiaires, leviers du changement radical
par Gaha Chiha, page
183
>> Mode d’apprentissage e-learning : vers quelle cohérence organisationnelle ?
par Corinne Baujard, page 189

>>
Chronique bibliographique (PDF)

Vous retrouverez également dans la publication papier des appels à communication, à papiers, présentations de colloques… inédits.

n°222 La Revue des Sciences de Gestion – Spécial marketing

>EDITORIAL

>> Où en est le marketing ? (PDF)
       éditorial par Philippe Naszàlyi, directeur de
LaRSG, page 5
>> Pour une réforme du marketing : réseau de valeur et co-construction de valeur
par Philippe Portier et Gilles Marion, page 15

>
DOSSIER : MARKETING ET MONDIALISATION
>> Stratégies de localisation et Supply Chain Management
par
Karine Evrard Samuel et Alain Spalanzani, page 25
>> Le temps des risques : une démarche
de marketing d’une destination touristique face au nouveau contexte touristique mondial
par
Tan Vo Thanh, page 35

>
DOSSIER : MARKETING ET MARQUES
>> La personnalité de la marque, outil stratégique sur le marché du
prêt-à-porter féminin
par Joël Gouteron, page 47
>> La relation entre la satisfaction et la fidélité à la marque
: Une étude empirique auprès
des consommateurs tunisiens de yaourts
par Leila Achour, page 61

>> DOSSIER : MARKETING ET COMPORTEMENTS
>> Enquêtes verbales et biais méthodologiques : le cas des Sénios et de leurs non-réponses
par
Gaëlle Boulbry, page 69
>> Un supermarché qui vendrait ses
propres produits éthiques, quelles représentations pour le consommateur ?
par
Léopold Lessassy, page 79
>> La contribution de l’adolescent dans
les décisions d’achat de la parabole : un essai de modélisation intégrant « variables de socialisation » et
« ressources de l’adolescent»
par
Nibrass Haj Taïeb El Aoud , page 89

>>DOSSIER : MARKETING
ET INNOVATIONS
>> Étude exploratoire des propriétés
psychométriques de l’échelle DSI dans le contexte tunisien
par
Mourad Touzani, page 109
>> Les stratégies des grandes surfaces en tunisie et la qualité de service perçue par le consommateur
par
Chaker Daly Najeh et Mustapha Zghal, page 121

>>
DOSSIER : MARKETING ET OUTILS
D’ANALYSE
>> Réflexions sur l’élaboration d’un guide EDI pour les PME
par Selma Arbaoui et Joëlle Morana , page 131
>> L’image du pays :
proposition d’une échelle de mesure
par Samy Belaïd, page 141
>> La médiation affective
dans le cycle d’apprentissage par l’échec commercial

par Julien Cusin, page 149
>> Obligations à option
incorporées : approche binomiale
par
Marion Goffin, page 161

>>
Info
: actualité de la gestion
>>
Chronique bibliographique

n°223 La Revue des Sciences de Gestion – Editorial par Philippe Naszalyi : Plans et conflits sociaux – Performances et/ou Management responsable ?

Télécharger ici tous les résumés des articles du numéro

EDITORIAL

Le roi Midas a des oreilles d’âne !
éditorial par Philippe Naszàlyi, directeur de
LaRSG, page 5

DOSSIER : PLANS ET CONFLITS SOCIAUX

Les réductions d’effectifs comme mesure de restructuration pour favoriser la performance : analyse empirique sur le cas français
      par Eric Severin, page 13
Les survivants à un plan social : analyse confirmative pour une GRH différenciée
       par Delphine François-Philip de Saint-Julien, page 25
La gestion des risques de conflits sociaux dans les PME
       par Chantal Mornet-Périer, page 41

DOSSIER : PERFORMANCES ET/OU MANAGEMENT RESPONSABLE ?

Responsabilité sociale des entreprises et performance : complémentarité ou substituabilité ?
       par Jean-Yves Saulquin et Guillaume Schier, page 57
L’acquisition des compétences par le recours au marché de contrôle d’entreprises : une source d’avantage
concurrentiel
       par Nacer Gasmi, page 67
Réseau social du dirigeant et performance de la TPE
      par Lucien Ndangwa, François Désiré Sonna et Paul Djeumene, page 75
Vers une conception globalisée des systèmes d’information intégrant tous leurs usages
       par Claire Noy et Jacques Ruiz, page 87
Le lean-manufacturing dans les industries travaillant en
juste-à-temps avec flux régulés par takt-time
      par Gilles Lasnier, page 99
L’apport de la théorie des parties prenantes à la modélisation de la responsabilité sociétale des entreprises
       par Astrid Mullenbach-Servayre, page 109
L’alliance de marques : facteurs de succès et effets sur les marques Partenaires
       par Rim Boudali Méthamem et Mustapha Zghal, page 121
Le management responsable comme modèle de gestion de
l’obsolescence morale
       par Jean-Claude Dupuis, page 131

Info : actualité de la gestion

n°214-215 La Revue des Sciences de Gestion – Spécial marketing

>>« Allo New-York, je voudrais le 22 à Asnières …»

>> Tourisme culturel, nouvel enjeu du tourisme : la Sicile

1er Dossier : COMPRENDRE LES COMPORTEMENTS

>> Management interculturel en Europe
>> Le concept « d’hésitation »
>> L’introduction de l’Euro sur la fixation des prix
>> Prix à terminaison « 9 » et influence du comportement
>> Analyse de la décision multicritères sur le prix de vente
>> Le comportement écologique du consommateur
>> Communication familiale et contribution de l’adolescent
>> Apprendre d’un échec commercial

2e Dossier : COMMERCE ÉLECTRONIQUE

>> L’Internet et les liens relationnels entre entreprises
>> L’épicerie en ligne : les atouts des petits commerces
>> Spécificités de l’internaute des pays en développement
>>Les sites Web bancaire

Hors dossier

>> Coopération logistique et mercatique entre industriels et distributeurs

>> Rubrique des livres (pdf)
>> Infos de la rédaction(pdf)