Archives de catégorie : Innovation

Le SNESUP se mobilise contre le Traité transatlantique

L’Union européenne et les États-Unis ont ouvert les négociations d’un Traité transatlantique sur le commerce et
l’investissement. La Commission européenne est chargée de mener ces négociations selon un mandat donné par le Conseil des ministres des pays membres de l’UE en charge du Commerce extérieur. Ce
mandat n’est connu que grâce à des fuites, et les négociations se déroulent dans le secret. Tant dans leur déroulé que dans leurs objectifs, ces négociations présentent un caractère
antidémocratique.
Ainsi, selon le mandat de la commission européenne, les négociations visent la mise en place d’une nouvelle instance juridique internationale devant laquelle un État pourrait attaquer un autre
État, mais aussi et surtout devant laquelle une entreprise pourrait directement attaquer un État, par exemple quand ce dernier aurait mis en place des mesures pouvant réduire ses profits. Les
entreprises et les États seraient ici mis sur un pied d’égalité.

Le mandat général est d’accroître la liberté des échanges marchands et des investissements, de poursuivre la marchandisation des services, et de renforcer le pouvoir des entreprises
multinationales. La pression exercée par l’affrontement économique international entre les territoires (Europe, États membres, régions) serait alors intensifiée. La sauvegarde de l’environnement
serait encore davantage fragilisée. L’ensemble des pays européens, l’ensemble des secteurs d’activités, l’ensemble des salariés seraient concernés. Si bien que ce projet de traité présente un
potentiel important de mobilisation unitaire paneuropéenne, comme le montre la multiplication des organisations qui se mobilisent et des collectifs nationaux qui se constituent en Europe.

La recherche et l’enseignement supérieur seraient particulièrement impactés par la signature d’un tel traité. En effet, déjà aujourd’hui la liberté des échanges marchands et financiers est en
cause dans l’importance démesurée accordée à la défense de la compétitivité de l’UE, de ses États membres et de ses régions, avec en conséquence une focalisation de plus en plus grande de la
recherche et de l’enseignement supérieur sur les besoins immédiats d’innovation et de formation professionnelle des entreprises. Avec le traité transatlantique, cette situation serait encore
aggravée. De plus, une extension et un renforcement des droits de propriété intellectuelle, et de leur entière commercialisation, accompagneraient la marchandisation de la recherche, ainsi que
celle de l’enseignement supérieur, notamment dans son développement en ligne avec en particulier de plus en plus d’enseignants internationaux, sans contrat ni statut, vendant leur production aux
établissements publics et privés.

Pour toutes ces raisons, le SNESUP s’engage pour l’interruption de ces négociations et pour l’ouverture d’un débat public et citoyen sur les relations économiques, financières et scientifiques
internationales de l’Europe. Le SNESUP, en propre, avec la FSU et dans les cadres unitaires national, européen et transatlantique, s’engage dans une campagne d’informations, débats et
mobilisations.

Pour plusieurs organisations syndicales, l’austérité étrangle les universités et les organismes de recherche

Communiqué intersyndical de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Selon une information que nous avons reçu à la rédaction : « Le désengagement de l’Etat se traduit par de nombreux gels et suppressions de postes dans les universités et les organismes.
Toutes les catégories de personnels sont concernées, enseignants-chercheurs, chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, techniciens, administratifs. De nombreux contrats de CDD ne sont pas
renouvelés, malgré les besoins. Le gouvernement sacrifie l’avenir des jeunes qui ne pourront plus postuler aux postes supprimés ou gelés. Les témoignages sur les difficultés budgétaires qui
remontent de toutes les universités mettent notamment en question le passage aux Responsabilités et Compétences Elargies et les Partenariats Public/Privé. Certains établissements n’échappent
qu’in extremis à une situation de cessation de paiement. Partout, au motif de sauver les formations, les seuils d’encadrement des étudiants sont relevés, on fait pression sur les collègues pour
effectuer gratuitement des heures complémentaires ou transformer les heures de cours en heures de TD, on recherche les économies d’échelle dans tous les secteurs. Les étudiants en sont les
premières victimes.

Dans les organismes, avec un budget recherche pour 2014 annoncé encore une fois en baisse, on ne renouvelle au
mieux qu’une partie des départs. Certains comme l’IRSTEA annoncent une année 2014 sans aucun recrutement, l’IRD prévoit seulement 8 postes au concours chercheurs et aucun en ITA, et le CEA un
plan de réduction du nombre de personnels. Tous évoquent des années 2015 et 2016 catastrophiques.
Dans ce contexte de pénurie, les cas de souffrance au travail se multiplient. La mise en place de la loi Fioraso et des communautés d’universités et d’établissements, souvent accompagnée de
fusions d’universités, menées au pas de charge, conduiront à des réorganisations et des regroupements de services qui risquent d’aggraver encore les conditions de travail et réduire l’emploi
C’est dans ce contexte aussi que se préparent des modifications statutaires qui maintiennent la possibilité de modulation des services pour les enseignants-chercheurs. Dans ces conditions, le
Service public d’Enseignement supérieur et de Recherche n’a plus les moyens d’assurer la qualité de ses missions, au service du plus grand nombre.
En outre, avec le gel du point d’indice depuis 3 ans et le nombre de promotions en baisse, le pouvoir d’achat des personnels titulaires et précaires régresse et nombre d’entre eux, notamment les
catégories C et B, sont en voie de paupérisation. La précarité n’est nullement résorbée et peut atteindre 30 à 40 % de l’effectif de certains laboratoires et services.
Il est urgent que la gestion des personnels et de la masse salariale de l’enseignement supérieur revienne au niveau ministériel et que de véritables augmentations des budgets récurrents soient
consenties Cela implique notamment de revenir en profondeur sur la logique du Crédit d’Impôt Recherche, véritable niche fiscale, qui sert aujourd’hui surtout à financer des intérêts privés par
des stratégies de contournement fiscal, avant que de servir l’intérêt général. Une telle mesure permettrait de dégager des recettes budgétaires à même de financer le service public et son
développement.
Il est temps de réagir !
Les organisations soussignées s’adressent solennellement au gouvernement pour qu’il donne immédiatement aux établissements les moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions.
Les organisations soussignées s’opposent aux mesures d’austérité mises en ½uvre dans les établissements et appellent les personnels des universités et des organismes de recherche à intervenir
collectivement pour s’opposer à toutes les mesures d’austérité budgétaire qui seront présentées dans les conseils d’administration qui vont se tenir ces prochains jours. Assemblées Générales,
rassemblements, pétitions, motions, refus de vote ou vote contre les budgets, journées « fac morte ou université en lutte », information à la presse et au public … . Les formes d’action sont
multiples et doivent être décidées localement.
Au-delà des initiatives locales indispensables, les organisations appellent à une journée nationale d’action et de grève dans les établissements, laboratoires, formations et services
:
contre
l’austérité : pas de suppression d’emplois et arrêt des gels de postes, pour un abondement de la masse salariale permettant de couvrir toutes les dépenses de personnel et des crédits récurrents
permettant le fonctionnement des universités et des organismes de recherche,
retour à une gestion nationale et ministérielle des personnels et de la masse salariale des établissements d’enseignement
supérieur,
pour
l’amélioration du pouvoir d’achat de tous et le développement de l’emploi. Il faut notamment la création d’un nombre de postes suffisants pour qu’une réelle possibilité d’intégration soit offerte
aux personnels précaires,
pour revenir sur les réformes de l’ESR mises en ½uvre depuis 2005 ( loi Pacte pour la Recherche, loi sur les Libertés et les
Responsabilités des Universités, loi du 22 juillet 2013 relative à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche….) ,

Le jeudi 12 décembre 2013 : Manifestation à Paris en direction du MESR et en régions en direction des
préfectures ou des rectorats et des délégations d’organismes »


Les organisations signataires
:
CGT (SNTRS, INRA, FERC-Sup), FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP), UNSA (SNPTES, SUP-recherche),
Solidaires (SUD-Recherche-EPST, SUD-Education), FO (SNPREES)