Archives de catégorie : Politique

Présidentielle 2017 : l’avis des lycéens et des étudiants

Voici les résultats de sa récente enquête « Présidentielle 2017 : que pensent les lycéens et les étudiants ? » Cette étude a été effectuée en ligne du 18 au 20 mars 2017 et a donné lieu à 2 684 réponses de lycéens, âgés de 15 à 19 ans, et 3 056 réponses d’étudiants, âgés de 18 à 27 ans.

Le vote de la Présidentielle entre les mains des indécis

À tout juste un mois du premier tour des élections présidentielles, Diplomeo.com s’est penché sur le vote des lycéens et des étudiants. Ce qui ressort notamment de cette étude, c’est le fait que les indécis ont les clés du scrutin, du moins pour cette population étudiée… En effet, lorsqu’on leur demande pour qui ils vont voter, la majorité des lycéens (24%) et des étudiants (25%) qui ont l’intention de mettre un bulletin dans l’urne disent qu’ils ne savent pas. Un résultat qui traduit une incertitude générale, également ressentie dans les sondages nationaux prenant en compte tous les électeurs.

Suivent-ils la campagne ? Iront-ils aux urnes ? Quel est le candidat qu’ils trouvent le plus sympathique ? Autant de questions auxquelles 2 684 lycéens, âgés de 15 à 19 ans, et 3 056 étudiants, âgés de 18 à 27 ans, ont répondu, du 18 au 20 mars 2017.

« Je ne sais pas »

Tout d’abord, concernant les intentions de vote des jeunes, l’enquête révèle une différence entre le choix des lycéens et celui des étudiants. La première place est occupée par la réponse « Je ne sais pas » qui traduit une réelle indécision chez les jeunes, à un mois du scrutin. La seconde place est timidement occupée par Emmanuel Macron chez les lycéens en âge de voter (18%), comme chez les étudiants (21%).

C’est ensuite que la différence se fait. En effet, les lycéens placent Marine Le Pen à la troisième place avec 17% d’intentions de vote. Du côté des étudiants, c’est Jean-Luc Mélenchon qui accéderait au second tour, avec 17% d’intentions de vote. Marine Le Pen n’est créditée que de 7% chez les étudiants.

Et au second tour ?

Le sondage a proposé aux jeunes différents cas de figure pour le second tour. On remarque que dans toutes les situations où il est présent (face à Le Pen, Fillon et Hamon), Emmanuel Macron sort vainqueur. Que ce soit chez les lycéens ou chez les étudiants.

Une campagne très suivie par les jeunes

L’étude révèle également que cette Présidentielle est bien suivie par les jeunes : 82% des lycéens et 87% des étudiants la suivent. La plupart se tiennent au courant des actualités des élections via la télévision (86% des lycéens et 79% des étudiants) ou via les réseaux sociaux (68% des lycéens et 75% des étudiants).

Cependant, ce n’est pas parce qu’ils suivent cette campagne 2017, qu’elle les intéresse… En effet, ils ne sont que 53% de lycéens et 50% d’étudiants à déclarer la trouver intéressante.

Concernant l’intention de voter, elle ne semble pas pâtir de ce désintérêt. Les jeunes comptent tout de même se rendre aux urnes : 79% des lycéens en âge de voter et 80% des étudiants envisagent de voter le 23 avril et le 7 mai.

Affaire Kerviel : Michel Sapin en plein conflit d’intérêts ?

Alors que le gouvernement gagne du temps depuis fin septembre sur le dossier du remboursement par la Société Générale des 2,2 milliards d’euros de déduction fiscale perçus dans le sillage de l’affaire Kerviel, Michel Sapin a annoncé le 9 novembre que la décision de Bercy sera couverte par le « secret fiscal ».

Julien Bayou, porte-parole d’EELV, dénonce le choix de l’opacité fait par Michel Sapin. “Il s’agit d’une décision scandaleuse qui protège uniquement les intérêts de la banque au mépris de ceux des Français. Elle illustre les conflits d’intérêts majeurs à l’oeuvre dans cette affaire. Ce type d’agissements ne fait que renforcer la défiance des Français à l’égard du pouvoir politique”.

Que fait Monsieur Michel Sapin ?

Quel pire jour que la victoire “anti-élites” de Trump choisir pour annoncer qu’on va couvrir la Société Générale, l’ex banque de son directeur de cabinet ?

Julien Bayou dénonce une hypocrisie manifeste. En effet, il faudra attendre le prochain rapport annuel de la banque pour connaître le sort fait à ce crédit d’impôt : les 2 milliards d’euros n’y passeront pas inaperçus (ils figuraient d’ailleurs dans les rapports annuels 2009 et 2010). On ne saura donc que dans un an si l’administration a récupéré les sommes, ou pas. Entre temps, Michel Sapin sera parti. Il sera trop tard pour le poursuivre pour avoir agi trop légèrement avec l’argent du contribuable.

Pour Julien Bayou, “les 2,2 milliards, soit 30 euros par Français, appartiennent aux Français. A ce titre, ils doivent être informés des démarches engagées par le Ministère. Il appartient d’ailleurs au ministre de tout faire pour récupérer cette somme”.

Dans un contexte de profonde défiance vis à vis de cette oligarchie qui donne trop souvent l’impression de privilégier des intérêts privés à l’intérêt général, la seule réponse possible c’est la transparence” explique Julien Bayou. “Comment peut-on prétendre combattre la montée des populismes alors que l’on encourage l’opacité sur des décisions de cette importance ?

Les actionnaires comme les salariés ont intérêt à la transparence sur une décision qui peut atteindre le cours de l’action de l’entreprise.

Les citoyens contribuables ont bien évidemment intérêt à la transparence sur une décision aussi importante pour le budget français. “Les Français ont droit à la vérité, ces transactions ne doivent pas être faites derrière des portes closes. Il ne doit pas y avoir de secret sur de telles sommes”.

Seuls la banque et le directeur de cabinet de Michel Sapin, Thierry Aulagnon, ancien dirigeant d’une banque d’investissement de la Société Générale, ont intérêt à la discrétion.

Le conflit d’intérêt est manifeste.

Depuis le début du quinquennat Hollande, l’administration fiscale protège la banque, dans le secret.

Le secret entourant cette affaire dure depuis 2012. Julien Bayou est en effet encore en attente de la décision du tribunal administratif sur la publication de l’enquête interne à l’administration fiscale de 2012. L’existence de ce rapport, sur les conditions dans lesquelles la décision de déduire la somme de 2 milliards à la Société Générale a été prise, a été prouvée par la publication d’un Procès Verbal d’audition du directeur adjoint de la DVNI au ministère des Finances, dans le livre Kerviel : une affaire d’État – 2 milliards pour la société en général, publié en septembre 2016.

Quand est-ce que ce gouvernement fera-t-il preuve de courage ? Quand va-t-il cesser de courber l’échine face à la Finance ?” s’interroge Julien Bayou.

Le Président de la République doit trancher entre l’intérêt des Français et celui de la banque, défendu par son Ministre des Finances, et faire appliquer la loi.

BAYOU julien Michel Sapin

Que cache le Burkini ? Selon Patrice Cailleba Enseignant-Chercheur à l’ESC Pau

Patrice CaillebaEnseignant-Chercheur en Management et Directeur des accréditations à l’ESC Pau, nous présente une réflexion sur le port du Burkini.

Extrait d’une conversation qui aurait pu avoir lieu sur la côte basco-landaise cet été :

« Bonjour madame, Police Municipale. Vous êtes au courant de l’arrêté de Monsieur le Maire concernant l’interdiction de porter le burkini sur notre plage ?

 Bonjour, Monsieur l’agent. Comment allez-vous ? Non je n’étais pas au courant. Et en quoi, puis je vous demander, cela me concerne-t-il ?

 C’est que madame vous en portez un, si je puis me permettre…

 Je comprends votre méprise Monsieur l’agent, mais cela est une combinaison de plongée. En effet, j’attends mon moniteur pour ma séance de… body board. Veuillez m’excuser mais je ne sais jamais trop comment cela s’appelle ce sport. Je dois confesser que je ne parle pas trop bien l’anglais.

 Madame, vous êtes bien courageuse à votre âge de vous mettre à un sport de glisse.

 Vous savez monsieur l’agent, il n y a pas d’âge pour commencer. Et puis ces JO m’ont redonné le goût du sport. Vous avez vu les résultats de nos équipes de France. J’ai bien apprécié les regarder, surtout la natation et la boxe.

 Oui, vous avez raison. Mais, sans trop insister, vos cheveux, vous les couvrez pour ne pas les tremper ?

 Évidemment, je ne supporte pas d’avoir à les laver tous les jours et compte tenu qu’ils sont assez longs j’ai peur qu’ils me gênent au moment de prendre la vague. Une perte d’équilibre est si vite arrivée, à mon âge…

 Ah je comprends.

 Voulez-vous un verre de thé ? Mon réchaud est là. C’est à mon tour d’insister. »

Prenez ces personnages et affublez-les, l’un d’un accent du sud-ouest et l’autre d’un accent… quel qu’il soit. Vous aurez alors la saynète la plus cocasse de l’été entre le policier tenu de faire son devoir, mais qui n’est pas dupe, et une plagiste qui peut être musulmane, mais qui n’est en tout cas, ni une terroriste, ni une prosélyte.

Réduire une pratique religieuse au port d’un vêtement de baignade est tout aussi peu pertinent que l’interdire sur « le » lieu public qui est devenu le lieu de toutes les libertés vestimentaires. « Homme libre, toujours tu chériras la mer » écrivait Baudelaire. Même si le poète ne pensait pas directement à la plage, où peut-on voir des hommes et des femmes librement se promener en sous-vêtements imperméabilisés (à savoir des maillots de bain) sans s’en offusquer ou être gêné ? Où peut-on voir des hommes et des femmes à la poitrine dénudée, juste à côté de soi sans les fixer du regard ? Où peut-on voir des gens évoluer, comme ils ont été mis au monde, en tenue d’Adam ou d’Ève ?

Dans Corps de femmes, regards d’hommes, J.-C. Kauffman a longuement écrit sur la plage européenne qu’il décrit comme un lieu du non-règlement vestimentaire où s’exprime et s’expérimente la diversité des comportements. Le sociologue a souligné cette progressivité dans la construction d’espaces pacifiés où des normes implicites finissent par apparaître, se modifier et perdurer. Le regard des individus sur le corps de leurs congénères est tout à la fois le fruit de l’éducation, de la socialisation et du contrôle de soi. Comment pourrait-il en être autrement à la vue d’une tenue de baignade dans cet espace ouvert ? Et comment cette tenue pourrait-elle en plus mettre en péril la « civilisation des mœurs » de N. Elias ?

Bien sûr, on peut justement objecter que, autour du bassin d’une piscine municipale, cela est différent. Dans ce cas-là, le règlement interdisant tout autre port que le maillot de bain devrait suffire. Mais on ne peut fermer l’espace d’une plage où tout le monde est libre de s’habiller (et non de se dévêtir) comme il le souhaite. Par ailleurs, on doit encore moins pouvoir privatiser une plage : toute tentative doit être évidemment sanctionnée. Dans tous les cas, un vêtement qui est apparu il y a à peine une décennie ne peut ni forger une tradition religieuse, ni même mettre à mal une tradition et des valeurs républicaines qui, elles, sont plus que centenaires.

L’argument qui consiste à indiquer que, dans certains pays, des tenues vestimentaires sont imposées aux individus dans n’importe quel espace public, en particulier aux femmes, ne fait que confirmer l’évidence. La liberté n’est pas la même partout et il est certain que les ressortissant(e)s des pays occidentaux sont plus libres qu’ailleurs. C’est cette liberté qui fait toute la valeur de nos démocraties. Mais réduire une liberté ici parce qu’elle est gravement limitée là-bas n’est pas à l’honneur d’une démocratie avancée. Prenant prétexte de l’asservissement de certaines femmes du fait d’un courant religieux radical, on les obligerait à se dévêtir, là où ailleurs d’autres les obligent à se vêtir. Au final, on continue à dicter leur comportement. Décidément, les contraires ont les vertèbres collées.

Il n’est pas nécessaire de revenir sur la faiblesse de l’argutie qui justifie les arrêtés interdisant le burkini. T. Hochmann (Le Monde, 20/8/16) a exprimé la faute juridique et politique que cela constituait. Obliger, à juste titre, à dévoiler un visage dans l’espace public est bien différent d’obliger à dévoiler une partie d’un corps sur une plage. Il n’y a pas de vêtement laïc. Il y a d’abord et surtout le besoin de reconnaître concrètement et symboliquement le visage de l’autre, comme l’écrivait Lévinas dans Ethique et Infini. Il s’agit alors tout autant de relation éthique que, de nos jours, d’une question de sécurité publique.

La difficile réponse à la menace terroriste ne peut pas passer par l’ostracisation d’une combinaison de baignade au risque de cliver davantage la population. Une minorité de femmes est concernée et ce sont elles qui sont fustigées, au bonheur de ceux qui condamnent une France qu’ils veulent raciste. Il serait en fait plus efficace d’œuvrer concrètement à la promotion du droit des femmes au travail (égalité de traitement) ou à leur défense dans leur environnement familial pour leur donner tort. Ce serait alors le meilleur moyen de gagner le soutien de ces dernières qui sont essentielles dans la lutte contre toute forme d’obscurantisme religieux et politique, et dont le statut est le révélateur de toute véritable civilisation.

Dans notre démocratie médiatique, il est plus facile de prendre une mesure relative à un fait divers, fut-il un « fait social total » comme le définit Marcel Mauss, et d’en discuter à l’envi au lieu d’adresser les vrais problèmes de notre société. L’obscurantisme a ceci de commun avec la démagogie qu’il est produit par la peur, l’ignorance et la simplification à outrance de certains problèmes. Tout comme le burkini cache ce que tout le monde devine, cette polémique cache le fonds social des problèmes majeurs qui restent à traiter : l’échec partiel du modèle d’intégration et de l’école républicaine, la crise de l’emploi et du logement.

La polémique autour d’un sujet si anecdotique en dit long sur la crispation politique qui se saisit de nos élites politiques. Serait-ce le produit d’un manque d’idées ou le fruit d’une ambition politique qui vise à flatter les peurs des futurs électeurs ? La trêve estivale s’achève sur une union fragile : la condamnation générale des terribles actes terroristes du mois de Juillet et la célébration sportive autour des champions nationaux, de l’UEFA 2016 aux Jeux Olympiques de Rio. Il est temps de retrouver calme et sérieux en cette période pré-électorale qui débute. Ce qui fonde « le désir de vivre-ensemble » comme l’écrivait Renan ne doit pas continuer à être battu en brèche par l’obscurantisme d’un côté et la démagogie de l’autre.

L’auteur de « Que cache le Burkini ? »

Patrice Cailleba est docteur en philosophie de l’université Paris-Sorbonne et diplômé de l’ESCP. Il est Professeur au Groupe ESC Pau. Ses recherches concernent l’éthique, la philosophie politique mais aussi la diversité et les lanceurs d’alerte.

patrice cailleba Burkini

Arrêté sur le doctorat : beaucoup de reculs pour peu d’améliorations

Promesses du candidat Hollande, loi Fioraso du 22 juillet 2013, annonces de Thierry Mandon : comment cette proposition d’arrêté peut-elle être aussi loin de ces promesses et des attentes des jeunes chercheur-e-s ?

Malgré une gestation de près d’un an après une première consultation en avril 2015, cette réforme est encore loin d’être assez ambitieuse pour les jeunes chercheur-e-s. La Confédération des Jeunes Chercheurs, qui regrette de ne pas avoir été consultée en amont de l’élaboration du texte, demande du courage politique et propose une réécriture de l’arrêté sur la formation doctorale davantage en adéquation avec les besoins des doctorant-e-s.

Réaffirmer le doctorat comme un projet de recherche

La pratique de la recherche constitue le coeur du doctorat. Ce projet d’arrêté réaffirme bien dans son article 1er que le doctorat est une formation par la recherche et une expérience professionnelle de recherche : il faut en tirer les conséquences !

Il est impératif que le nouvel arrêté réaffirme un cadre national, unique et lisible pour l’expérience de recherche qu’est le doctorat. C’est pourquoi la durée du doctorat doit être nécessairement liée à l’activité de recherche, définie par « trois ans équivalent temps plein recherche ». En outre, la période doctorale ne saurait être fragmentée : l’année de césure envisagée dans les textes n’est en aucun cas tolérable dans le cadre d’un projet de recherche. De plus, une interruption d’inscription en doctorat, alors même qu’il n’est fait aucune mention de la suspension du travail de recherche, ouvre en effet la porte à du travail dissimulé. Enfin, cette interruption n’est compatible ni avec les financements de la recherche sur projets, ni avec de bonnes conditions de réalisation de l’activité doctorale dans un contexte de recherche internationalisé. La proposition d’année de césure démontre encore une fois une méconnaissance profonde du doctorat. Actée pour les étudiant-e-s des cycles Licence et Master, elle semble devoir s’appliquer à toutes et tous les usagers de l’université, mais elle n’est absolument pas concevable dans le cadre de l’activité professionnelle qu’exercent les doctorant-e-s.

Par ailleurs, les formations complémentaires se doivent de répondre à un double besoin :

développer des compétences et des outils utiles pour le projet doctoral en cours et préparer à la

diversité des poursuites de carrière après le doctorat. Ces formations ne sont pas le seul moyen d’acquérir certaines compétences et ne sauraient constituer un parcours rigide et imposé qui mènerait à l’attribution de compléments au diplôme. L’inscription de ces « parcours » en complément au diplôme de doctorat ou dans un portfolio nie à la fois la dimension professionnelle et la dimension formatrice de l’activité de recherche doctorale en sous-entendant qu’il est besoin d’y ajouter une formation scolaire imposée, et mènerait à des doctorats à plusieurs vitesses.

Plus qu’une période de formation, le doctorat est une expérience professionnelle

Les doctorantes et les doctorants sont des professionnels de la recherche. Au même titre que les autres chercheur-e-s et enseignant-e-s chercheur-e-s, ils et elles entrent dans la composition des équipes de recherche, produisent de la connaissance et, pour un certain nombre, enseignent.

La reconnaissance du caractère professionnel du doctorat doit s’inscrire dans des mesures concrètes. La CJC souhaite que les textes réglementaires sur le doctorat permettent de tendre vers une contractualisation pour tous les doctorants et doctorantes, de manière à assurer leur réussite, et par là même la réussite de l’ensemble des acteurs et actrices de la recherche.

Afin de favoriser de bonnes conditions de travail, et pour tenir compte de la nature professionnelle des doctorant-e-s, chaque établissement d’inscription doit les prendre en compte dans leur politique de ressources humaines. La CJC souhaite rappeler que les principes établis par le Code de conduite pour le recrutement des chercheurs 2 engagent les instituts doctoraux à offrir un système de recrutement, par la sélection des candidat-e-s et la vérification de la viabilité du projet doctoral, et de suivi de carrière transparent, comparable à celui qui existe à l’échelle internationale3 et qui n’engendrent pas de dynamique de discriminations, explicites comme implicites. Dans ce cadre, il est inacceptable que l’arrêté prévoie une formation restreinte du conseil des instituts doctoraux, qui promet d’écarter les doctorant-e-s des processus liés au doctorat.

Enfin, de nombreuses inexactitudes persistent dans la rédaction de l’arrêté, ne serait-ce qu’au niveau du vocabulaire : écrire « directeur de thèse » pour une personne qui encadrera l’ensemble du projet de recherche réduit le rôle de l’encadrant-e à l’accompagnement de la production du manuscrit de thèse, désigner comme « étudiants » les candidat-e-s à l’entrée en doctorat fait l’impasse sur les professionnel-le-s désirant se former à la recherche. Faire le choix d’un vocabulaire adéquat, c’est souligner la considération que mérite la ou le doctorant en tant que professionnel ainsi que l’implication des « encadrant-e-s » dans le suivi de l’ensemble du projet4.

Pour un accompagnement formalisé des projets doctoraux

La CJC réclame le rétablissement d’une charte nationale du doctorat, qui aurait pour vocation de définir les règles minimales de conduite des différentes parties prenantes du doctorat : les définitions des projets doctoraux, les critères explicites et transparents de sélection de ces projets, les modalités de recrutement des doctorant-e-s, les conditions de travail et les modalités de médiation. Le chef ou la cheffe d’établissement étant la personne qui délivre le doctorat, son approbation de la charte du doctorat est essentielle. Les conditions de travail et bonnes pratiques définies par la charte du doctorat en France doivent profiter, sans discrimination aucune, à l’ensemble des doctorant-e-s.

D’autre part, il est nécessaire que le comité de suivi voit ses objectifs et modalités clarifiées : réunions régulières pour faire le point sur l’avancement du projet doctoral dans son ensemble, sur ses conditions matérielles de réalisation et sur l’encadrement du ou de la doctorante.

Les doctorant-e-s, qui représentent un ensemble particulier des personnels de recherche, doivent pouvoir avoir recours ou être entendu par une commission de médiation adaptée. La

CJC appelle à la création d’une commission consultative paritaire étendue à tous les doctorante-s. Elle semble nécessaire pour régler de façon équitable les problèmes lorsqu’il y a conflit entre différentes parties du doctorat (doctorant-e-s, directeur ou directrice doctorale, université, structure employeuse…), y compris hors du cadre du contrat doctoral.

cjc


1 – http://sciences.blogs.liberation.fr/files/discours-de-franc%CC%A7ois-hollande-nancy.pdf

 

2 – http://ec.europa.eu/euraxess/pdf/brochure_rights/eur_21620_en-fr.pdf, pp. 25-26

3 – Existence d’un système de reconnaissance des formations et diplômes à l’international : http://www.ciep.fr/enic-naric-france/les-attestations-centre-enic-naric-france

4 – http://cjc.jeunes-chercheurs.org/expertise/fiche-etudiants-en-these.pdf

L’erreur de timing de la stratégie de transformation de François Hollande, selon Hervé Baculard

herve baculard
herve baculard

Par Hervé Baculard
Président Consult’inFrance (ex Syntec Conseil en Management), Co-fonfateur Kea&Partners, Co-auteur Pacte France Entreprises, Dunod, 2011

« Les politiques manquent de courage ! » Cette petite musique, souvent entendue dans les milieux patronaux, ne s’applique pas à trois mesures décidées par François Hollande, lancées malheureusement dans le mauvais ordre. L’art de la transformation est décidément plus important que les idées elles-mêmes, que ce soit pour l’Etat ou dans les entreprises. Reprenons la séquence.

Première mesure en 2013 : rétablissement des comptes publics par un programme massif d’augmentation d’impôts  qui freine le seul moteur encore en action : la consommation.

Deuxième mesure en 2014 : pacte de responsabilité qui renforce le CICE avec un transfert de 40 Milliards  vers les entreprises, malheureusement sans effet sur l’emploi  pour cause de carnet de commande en berne.

Troisième mesure fin 2015 : initialisation de la réforme du travail en vue de créer la confiance, de s’adapter à l’emploi du XXIe siècle, tout en respectant les droits des salariés.

Comme le préconisait dès 2011 la profession du conseil dans son Pacte France Entreprises, le trio eût été gagnant si on avait commencé par :

  • restaurer la confiance sans dépenser d’argent public en opérant une réforme du travail et faisant patienter Bruxelles sur l’équilibre des comptes,
  • puis donner du carburant aux entreprises avec un programme d’amélioration des marges en corrigeant un oubli de taille, la baisse de la taxation du capital : à quoi bon augmenter les marges si on prend jusqu’à 65% des plus-values
  • enfin, équilibrer les comptes en augmentant les impôts  tout en réallouant les dépenses vers l’éducation, la santé et la justice.

Plus que les idées ou les « grandes mesures », c’est bien la stratégie de transformation qu’il faudra scruter dans les programmes des prétendants de 2017 : l’art de donner du sens,  de créer les conditions du changement, de cristalliser l’énergie collective, de lancer les bons projets, au moindre coût et au bon moment ! »

Développer l’apprentissage : dépôt au Sénat d’une proposition de loi

Mme Elisabeth LAMURE (Rhône – Les Républicains), présidente de la Délégation sénatoriale aux entreprises, et M. Michel FORISSIER (Rhône – les Républicains) ont présenté ce matin une proposition de loi visant à développer l’apprentissage comme voie de réussite. Créée en novembre 2014 à l’instigation du président du Sénat M. Gérard LARCHER, la Délégation aux entreprises ne cesse d’agir pour faciliter la tâche des entreprises françaises, créatrices d’emplois et de croissance. Au cours de ses déplacements dans toute la France à la rencontre des entreprises, la délégation a été sensibilisée aux nombreux obstacles qui entravent le développement de l’apprentissage. Elle a décidé de s’emparer de ce sujet au bénéfice des entreprises et des jeunes, trop nombreux au chômage.

Une table ronde organisée le 1er octobre et de nombreuses auditions ont permis d’identifier les freins suivants : l’image de l’apprentissage, trop souvent comparé à une voie de garage pour des élèves décrocheurs, l’instabilité et la lourdeur des contraintes administratives, le décalage entre les formations proposées et les métiers qui recrutent, la méconnaissance du monde de l’entreprise par le corps enseignant, le défaut de coordination entre tous les acteurs concernés… La présente proposition de loi constitue une première étape visant à clarifier l’organisation de l’apprentissage en France, à le valoriser et à le simplifier. « C’est une proposition de loi qui n’est pas spectaculaire, mais elle est révolutionnaire dans le sens où elle répond aux demandes de chacune des parties prenantes en matière d’apprentissage » déclare M. Michel FORISSIER. Cette proposition de loi (accessible à cette adresse : http://www.senat.fr/leg/ppl15-394.html) se décline en sept points essentiels :

  • l’objectif premier de l’apprentissage vise désormais l’insertion professionnelle et plus seulement l’obtention d’un diplôme ;
  • les différentes parties prenantes s’engagent dans un pacte définissant des objectifs nationaux à déclinaison régionale. Il revient à chaque région de piloter une politique de formations et d’informations cohérente au regard des besoins de son territoire ;
  • les diplômes sont co-construits par l’État et les branches professionnelles, et les relations mutuelles sont clarifiées : la partie générale des enseignements relève de l’Éducation Nationale, tandis que la partie professionnelle relève des entreprises. Le corps enseignant acquiert une expérience de l’entreprise afin d’être pleinement conscient des réalités de celle-ci ;
  • les CFA peuvent être créés librement par des personnes privées dès lors qu’ils sont financés par ces personnes ;
  • les classes de préparation à l’apprentissage sont rétablies au niveau de la 4e et de la 3e ;
  • de nouveaux droits et possibilités sont donnés aux apprentis. Ceux-ci bénéficient de droits au même titre que les étudiants (résidence et restauration universitaire notamment), de deux semaines de congés et d’une représentation au CNEFOP (Conseil National de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelles). Le travail de nuit est autorisé pour les apprentis mineurs, en présence du maître d’apprentissage, et la procédure de rupture du contrat d’apprentissage est alignée sur le droit commun ;
  • –      une logique de simplification du code du travail est mise en œuvre. Les dispositions relatives au contrat de génération sont ainsi supprimées.

Pour tout renseignement complémentaire : http://www.senat.fr/commission/entreprises/index.html

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Déserts médicaux : Marisol Touraine interpellée par Thierry Benoit (député Ille-et-Vilaine)

Des millions de Français vivent encore aujourd’hui dans des zones dépourvues de médecins. Une situation qui va nécessairement s’aggraver quand on sait que plus de la moitié des médecins en exercice prendront leur retraite dans les dix prochaines années. L’état d’urgence est économique et social ; il est aussi sanitaire !

Au nom du Groupe UDI, le député Thierry BENOIT (Ille-et-Vilaine) a appelé aujourd’hui le Gouvernement à agir pour lutter contre la précarité sanitaire.

Marisol TOURAINE
Marisol TOURAINE

« Le projet de loi de Marisol Touraine  sur la ‘Modernisation de notre système de santé’, adopté le 17 décembre dernier, aurait dû se fixer un objectif clair : mettre enfin un terme aux déserts médicaux. Mais il n’en a rien été et la fausse bonne idée du tiers-payant a monopolisé tous les débats. C’est oublier qu’avant de pouvoir payer ses soins, encore faut-il y avoir accès… »

« Les dispositifs incitatifs ont fait leur temps ; sans réel succès à la clé. Nous avons besoin de mesures fortes assumées et d’un changement de méthode ! Le Groupe UDI, à travers la voix de Thierry Benoit et du Président Philippe Vigier, propose quatre nouvelles actions :

  1. Encadrer l’installation des médecins comme nous le faisons pour les pharmacies. Les conventionner uniquement lorsqu’ils s’installent en zone non pourvue ;
  2. Développer les internats régionaux ;
  3. Imposer des stages obligatoires en maison de santé pluridisciplinaire ;
  4. Amplifier la télémédecine.

Les mesures annoncées par la ministre de la Santé, Marisol TOURAINE, le 26 novembre dernier, dans le cadre de la présentation du deuxième volet du Pacte Territoire Santé sont encore trop timorées. La hausse ciblée du numérus clausus (131 places supplémentaires) devrait être généralisée à l’échelle du pays, et intensifiée ».

De l’affaire dite Kerviel à l’affaire d’État

BAYOU-julien
Julien Bayou

« Les révélations de Médiapart et 20 minutes sur l’affaire Kerviel / Société Générale en font une affaire d’État.
Après la commandante de police Nathalie Le Roy, c’est la magistrate Chantal de Leiris, alors en poste à la section financière du parquet de Paris, qui confirme l’influence de la banque sur la procédure et notre justice.
Si ce que dit la  vice-procureure au parquet de Paris dans cet enregistrement est vrai, alors c’est toute l’affaire Kerviel qui s’effondre pour faire place d’une part à un scandale Société Générale et d’autre part à une affaire d’Etat.
Scandale Société Générale car la banque devra admettre que le trader n’a pu agir et spéculer autant sans qu’elle soit informée. Dès lors, les pertes ne peuvent donner lieu au remboursement de la part de l’Etat. Dans le sillage de l’affaire dite Kerviel, la Société Générale a reçu plus de 2 milliards d’euros du Trésor, soit 30 euros par français. La Cour de Cassation ayant estimé que la banque était en partie responsable de ses pertes, ces sommes doivent être récupérées au plus vite sans attendre la révision du procès.
L’attentisme du Ministre des Finances est incompréhensible et  fait écho à « l’incurie » dont est accusée Christine Lagarde dans l’affaire Tapie.
Pour ma part, engagé contre le ministère des Finances, je compte sur la Cour Administrative d’Appel pour contraindre Michel Sapin à rendre public le rapport interne dans lequel Bercy s’interroge sur les raisons de ce cadeau fiscal et surtout à récupérer les sommes versées.
L’affaire d’Etat naît de la confiscation de la Justice par la banque. Une enquête indépendante doit être lancée et la Garde des Sceaux doit prendre les mesures les plus radicales pour redonner son indépendance à l’institution judiciaire » précise Julien Bayou dans un communiqué.

Lettre ouverte à Manuel Valls et Thierry Mandon de la communauté scientifique et universitaire du plateau de Saclay

Lettre ouverte à Manuel Valls, Premier Ministre et Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre,

La communauté scientifique et universitaire du plateau de Saclay ne ménage pas ses efforts depuis de nombreuses années pour promouvoir la création d’une grande Université de recherche et d’innovation qui, en associant universités, grandes écoles et organismes de recherche, donnera à la France une visibilité internationale de tout premier plan. Rapprocher sur un même site Universités et Grandes Ecoles nous semble être un projet ambitieux. Cela favorisera de nouvelles synergies scientifiques et technologiques, sera susceptible de promouvoir l’interdisciplinarité et sera capable de rapprocher recherche publique et recherche privée pour favoriser les transferts technologiques et les créations d’entreprises et d’emplois dont notre pays a tant besoin.

Formations supérieures et laboratoires de recherche fondamentale ou appliquée vivent aujourd’hui dans un environnement mondial de grande compétition. Dans ce contexte, il est certain que la création d‘une Université Paris-Saclay intégrant toutes les richesses des formations et laboratoires du site peut contribuer fortement à améliorer l’attractivité scientifique et pédagogique de notre pays pour les étudiants et chercheurs étrangers. Nous pensons que la construction de cette université nécessite une intégration de ses différents membres pour aboutir notamment à la signature des publications scientifiques sous la marque de l’Université Paris-Saclay, de sorte que les diplômes portant cette marque disposent du prestige à même de promouvoir nos étudiants dans la société, au plan national comme à l’international. Le chemin de la création d’une grande Université intégrée avait été pris avec notamment la mutualisation des formations de Masters et de Doctorats et l’intégration des chercheurs issus des Universités et Grandes Ecoles au sein d’une douzaine de laboratoires d’Excellence (LabEX) soutenus récemment par le Programme Investissement d’Avenir.

Aujourd’hui, cet élan enthousiaste est remis en question suite au rapport Attali et à la proposition faite par deux ministres de créer un pôle d’excellence à partir de Grandes Ecoles seulement, en limitant ainsi l’objectif initial d’intégrer pleinement ces Ecoles à l’ensemble des Universités, Organismes et laboratoires prestigieux du site. Ce rapport nous semble avoir été écrit sans prendre en compte cette ambition, la réalité du terrain et les efforts déjà réalisés par les chercheurs et enseignants-chercheurs du plateau de Saclay. Il aboutit à faire de l’Université Paris-Saclay un assemblage hétéroclite d’institutions au sein duquel chacun gardera son autonomie sans gouvernance forte et sans visibilité internationale.

Des interviews récentes dans la presse (Les Echos) nous ont d’ailleurs particulièrement choqués, quand il y est dit que l’intégration de l’Ecole Polytechnique dans l’Université Paris-Saclay aboutirait à « un système phagocyté par les syndicats avec une lenteur de décision rendant toute évolution très difficile » et que la question du devenir de l’Ecole Polytechnique est posée en ces termes : « Que deviendrait l’Ecole Polytechnique et ses 3500 étudiants noyés dans un ensemble de 70000 étudiants qui plus est avec une gouvernance de l’ensemble qui est complètement loufoque ? » Quel mépris vis-à-vis du système universitaire français !

De plus, à un moment où les moyens alloués à la recherche, via l’ANR notamment, sont en diminution constante, les crédits supplémentaires qui ont été promis à l’Ecole Polytechnique apparaissent aux yeux de la communauté comme un souhait de créer deux blocs distincts au sein de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’un implicitement d’excellence représenté par les Grandes Ecoles et l’autre de formation de masse dévolu aux universités avec des moyens dérisoires. C’est oublier un peu vite que dans le classement international le plus visible, ce sont deux universités parisiennes, dont Paris-Sud, qui apparaissent en meilleure place, en dépit des moyens très insuffisants qui leur sont attribués au regard du nombre de leurs étudiants.

Prix Nobel, Médaille Fields, Membres de l’Académie des Sciences et directeurs de labEX attachés à la création d’une grande université sur le plateau de Saclay, nous souhaitons attirer votre attention sur la nécessité de revenir au projet ambitieux qui a déjà coûté beaucoup d’efforts à la communauté scientifique du plateau de Saclay : conjuguer l’excellence, au bénéfice de la recherche et de la formation, au sein d’une grande université ouverte sur le monde. L’université Paris-Saclay est une chance, sachons la saisir !

Veuillez agréer, Messieurs le Premier Ministre et Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, l’expression de notre plus haute considération.

Liste des personnalités ayant signé la lettre

Serge Abiteboul, Membre de l’Académie des Sciences

Jean-Michel Bismut, Membre de l’Académie des Sciences

Hélène Bouchiat, Membre de l’Académie des Sciences

Jean-Pierre Bribring, Professeur de l’Université Paris-Sud, responsable de la mission Philae

Patrick Couvreur, Membre de l’Académie des Sciences

Catherine Cesarsky, Membre de l’Académie des Sciences, représentant la France au conseil du CERN

Michel Davier, Membre de l’Académie des Sciences

Daniel Estève, Membre de l’Académie des Sciences

Albert Fert, Prix Nobel de Physique et membre de l’Académie des Sciences

Robert Guillaumont, Membre de l’Académie des Sciences

Marc Humbert, Professeur à l’Université Paris-Sud, Directeur du Département Hospitalo-Universitaire Thorax Innovation

Denis Jérôme, Membre de l’Académie des Sciences

Henri Kagan, Membre de l’Académie des Sciences

Jean-François Le Gall, Membre de l’Académie des Sciences

Dominique Meyer, Membre de l’Académie des Sciences

Jean-Loup Puget, Membre de l’Académie des Sciences

Georges Slodzian, Membre de l’Académie des Sciences

Wendelin Werner, Médaille Fields, membre de l’Académie des Sciences

Rodolphe Fischmeister, Directeur du LabEX LERMIT

Paul Leadley, Directeur du LabEX BASC

Jean-Pierre Mahy, Directeur du LabEX CHARMMMATT

Philippe Mendels, Directeur du LabEX PALM

Serge Palacin, Directeur du labEX nanoSaclay

Christine Paulin, Directeur du labEX DIGICOSME

Pierre Pansu, Directeur de la Fondation Mathématiques Jacques Hadamard